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05/08/2014

BMW i8, un grand pied dans le futur

bm.jpgObjet d’art sur 4 roues, la nouvelle Béhème ne passe pas inaperçue. Et le plaisir de la conduire est au rendez-vous.

Reportage, Dominique Simonet
à Milan


IL SUFFIT D’UN SEUL COUP D’ŒIL, un seul, pour imaginer cet objet dans un musée d’art moderne. En fait d’objet, certes, la nouvelle BMW i8 a de la gueule, mais elle a surtout du style. Fin juin, la marque bavaroise organisait une présentation de la macchina à Milan. Symbole de la mode et du design, la capitale lombarde n’a bien sûr pas été choisie au hasard, pas plus que la piazza Gae Aulenti avec ses ambitieux immeubles futuristes. Certaines constructions montrent des jardinets arborés à chaque appartement, sur une trentaine d’étages.

Futurisme et souci de l’environnement résument bien l’i8, voiture de sport – supercar – à la consommation contenue de par sa motorisation hybride essence-électricité. Les crises contraignent aux remises en question. Celle de l’environnement, qui pèse tant sur la planète que sur l’humanité, amène l’industrie automobile, utile, passionnante mais polluante, à se repenser.

Conception entièrement nouvelle.
Alors, tant qu’à faire, repartons de rien, ou de pas grand-chose. D’aucuns implémentent les motorisations alternatives dans des modèles existants. Croquis sur la feuille blanche, telle est l’option choisie par BMW pour sa nouvelle ligne “i” à motorisations électriques, soit 100 % comme la citadine i3, soit hybride rechargeable comme la sportive i8.

Dans les deux cas, le résultat est plus que convaincant. Imaginez un engin comme l’i8 sur les petites routes de la grande banlieue milanaise, avec un petit crochet par les collines au nord. “Che bella, la macchina !” Tu parles, et tout ce qui va avec… Au passage du défilé d’i8, les Italiens, qui vibrent autant pour l’automobile que pour le design, n’en croient pas leurs yeux, veulent en savoir plus, photographient à tout va. "Forza !"

L’aérodynamisme au pinacle
Si l’i8 est de toute beauté, c’est notamment parce qu’elle est très aérodynamique. Nécessités environnementale et sportive se recouvrent : pour consommer peu et être efficace, il faut offrir le moins de résistance à l’air possible. Dans la catégorie, un coefficient de traînée (Cx) de 0,26, c’est remarquable. Sous la direction du Français Benoît Jacob, l’équipe de designers s’est attachée à concevoir une voiture aux lignes souples, à l’avant plongeant et à l’arrière ramassé.

Benoît Jacob dit s’être inspiré de la forme de la goutte d’eau, celle des Talbot-Lago T150 SS, Bugatti 57 Atlantic, BMW 328 Coupé Wendler de la fin des années 1930. De profil, l’i8 fait plutôt penser à une aile d’avion. Pour canaliser les flux d’air, le principe du design par strates, ou par couches, a été utilisé : illustration dans les montants de custode où se rejoignent sans se croiser les lignes descendant du toit et montant du flanc de la carrosserie. Complexe, le dessin donne pourtant une impression de grande lisibilité.

Légère, légère...
L’autre principe fondateur de la voiture est aussi lié à une contrainte, celle du poids. En effet, toute voiture mue, même partiellement, par l’électricité emporte des ensembles de batteries. Même au lithium-ion, celles-ci alourdissent considérablement une voiture qu’il faut alors alléger par ailleurs, à tout prix.

D’où, comme pour l’i3 électrique, l’utilisation de matériaux les plus légers possible et une architecture générale en deux éléments, que BMW appelle LifeDrive : le module Drive est un châssis en aluminium intégrant le moteur électrique sur le train avant, le moteur à essence 3 cylindres à l’arrière et, entre les deux, l’ensemble de batteries à haute tension, à l’endroit de la console centrale. Quant au module Life, qui vient se poser dessus, il constitue l’habitacle fabriqué en plastique renforcé de fibre de carbone (PRFC), matériau 30 % plus léger que l’alu, 50 % plus que l’acier, tout étant très résistant.

La voiture à trois moteurs
Inspirée de celle des voitures de compétition modernes, cette architecture est, à l’instar du design, aussi franchement novatrice. L’on pourrait ne pas en dire autant de la chaîne de traction, a priori classique des voitures hybrides. À l’avant, le moteur électrique synchrone et son boîtier de contrôle fournissent une puissance équivalente à 131 ch pour un couple immédiatement disponible de 250 Newton-mètre. À l’arrière, le moteur à essence 3 cylindres turbocompressé de 1,5 l, semblable à celui de la MINI, développe quant à lui une puissance de 231 ch pour un couple de 320 Nm. Entre les deux, un moteur de type générateur (20 ch, 50 Nm) aide au démarrage, fournit un surcroît de puissance à l’essieu arrière et compense les différences de couple entre les deux engins principaux.

Le compte est vite fait: 362 ch et 570 Nm. Ça, c’est pour les chiffres. Et dans la réalité ? L’i8 est une vraie voiture plaisir. Certes, il faut se décarcasser un peu pour rentrer dans l’habitacle. Une voiture de sport, cela se mérite. Et puis l’on passe par ces merveilles de portières en élytres, matérialisation de l’élégance pure. Une fois installé, la sensation de confort prime, avec des commandes orientées vers le conducteur-pilote.

Les avantages des inconvénients
À la conduite, la voiture tire tout le parti de ses avantages, mais aussi de ses inconvénients. Les centaines d’heures passées dans la soufflerie pour affiner son profil rendent la BMW insensible aux bruits parasites. Cela tombe bien car, en mode tout électrique, à part la turbine, la voiture est d’une sérénité parfaite.

Mais quand on met le turbo, en mode sport, alors là, ça arrache. Certes, la masse des batteries est l’un des impedimenta majeurs. Mais, placées dans le couloir central d’une auto avec un centre de gravité très bas, elles participent à la tenue de route et, jusqu’à un certain point, au plaisir de conduire cette i8.

Et si la motorisation hybride n’est pas une nouveauté en soi, sa mise en œuvre est ingénieuse : gestion de l’énergie, rattrapage des différences de couple, notamment grâce au troisième petit moteur, équilibrage des forces entre essieux avant et arrière sur lesquels les masses sont réparties à 50/50.

Tant par ses lignes futuristes que par son comportement sportif, la nouvelle BMW i8 est une macchina d’exception. En s’ouvrant pour y donner accès, ses sublimes portières en élytres s’élèvent vers le ciel. De là à parler de nirvana...

11:05 Publié dans Routes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bmw i8, test, essai, lalibre, la libre, momento, auto | |

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