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09/08/2014

Les sauvageonnes apprivoisées

la libre,momento,dehors,plantes sauvages,jardin,champsLes fleurs sauvages sont d’une subtile beauté. Pourquoi ne pas les combiner dans nos jardins aux plantes
plus classiques et en redécouvrir tout le charme discret ?

Au jardin: Marie Noëlle Cruysmans et Marie Pascale Vasseur


IL EST TOUT À FAIT POSSIBLE d’apprécier les parterres et les pelouses irréprochables sans pour autant devoir renoncer à la beauté des fleurs des champs, lointaines ancêtres de nos cultivars d’aujourd’hui.
Beaucoup de nos plantes vivaces sont des hybrides spécialement créés ou sélectionnés. Ce sont des croisements qui peuvent se produire dans la nature, mais ils résultent le plus souvent de la volonté délibérée d’obtenir une plante offrant les meilleures caractéristiques des deux parents. Ces traits distinctifs pouvant être le coloris, la taille ou la forme des fleurs, la résistance, la durée de floraison.
D’amélioration en sélection, ils gardent avec leurs ascendants naturels un vague air de parenté.
 
Le hasard produit fréquemment sur les bas-côtés de nos routes des scènes pleines de charme. Néanmoins, toutes les plantes sauvages ne sont pas attrayantes. Loin s’en faut. Dans les jardins traditionnels, la plupart sont considérées comme de redoutables mauvaises herbes. Il ne s’agit pas dans ces lignes de faire l’éloge des orties, de l’oseille ou du chiendent. Même si ces derniers ne sont pas sans valeur. L’ortie est utile aux larves de papillons et l’oseille fournit d’excellentes graines aux oiseaux.
 
Nous nous cantonnerons aux fleurs des champs les plus séduisantes, tout en gardant à l’esprit qu’elles ne se comportent pas toujours de manière prévisible. Sauvages, certainement; sages, c’est tout autre chose.
  
Autant le savoir
Comme les plantes vivaces de nos jardins, les jolies sauvageonnes ont leurs exigences particulières et leur façon d’être. Si l’on veut avoir quelques chances de succès, il faut en tenir compte.
 
La floraison de certaines s’apparente à un bref feu d’artifice, tandis que d’autres, à l’inverse, fleurissent un long moment.
 
Quelques-unes peuvent avoir des tendances expansionnistes. Surtout quand elles ne sont pas contenues étroitement par des voisines, comme c’est souvent le cas dans la nature.
 
Lorsque les conditions leur sont favorables, elles se ressèment avec entrain. Ce comportement très appréciable dans un jardin sauvage ou dans un espace informel peut, dans des lieux plus maîtrisés, poser problème. Quoique. Arracher çà et là quelques semis et les rempoter au passage en songeant aux futurs amateurs n’est pas en soi une tâche insurmontable. Tout est dans le nombre.
 
Les semis spontanés enrichissent nos compositions. Pourvu qu’ils n’empiètent pas outre mesure sur l’espace vital de nos autres pensionnaires. Car aussitôt nos délicates sauvageonnes changent de statut. Les voici devenues plantes adventices, pire encore, mauvaises herbes. Le Geranium robertianum, cette annuelle aux fleurs roses et au feuillage finement découpé, en est une parfaite illustration. L’air de rien, si vous le laissez faire, l’année suivante, il est partout. Il existe une variété blanche à qui l’on pardonne davantage.
 
Les plantes sauvages champêtres présentent un autre grand intérêt : elles sont butinées par les abeilles et fleurissent souvent à un moment où la nature environnante n’a pas grand-chose en réserve.
 
 
En pratique
 
Les valérianes. Dans la nature, la valériane officinale pousse fréquemment le long des cours d’eau. Dans nos jardins, elle est plus accommodante et parfois se ressème dans des endroits même assez secs. Ses semis naturels ne sont guère envahissants. Les jeunes pousses s’arrachent sans difficulté. La valériane rouge, Centranthus ruber, est, elle, d’origine méridionale et préfère un sol bien drainé et le soleil. Elle a sa place dans un jardin sec ou caillouteux.
 
L’épilobe. On la rencontre en large masse dans les clairières et les prairies. Plante assez exubérante, elle émet des stolons avec lesquels il est possible de la multiplier facilement. Au jardin, elle apprécie les sols fertiles pas trop secs. Elle peut rapidement coloniser des zones où il y a peu de concurrence. Maîtriser son expansion en arrachant les stolons vagabonds. Les catalogues des pépiniéristes proposent une variété rose pâle et une blanche, respectivement sous le nom de Chamerion ou Epilobium angustifolium ‘Stahl Rose’ et ‘Alba’.
 
La radiaire ou grande astrance, Astrantia major. Dans la nature, les fleurs sont blanc verdâtre mais, au cours d’années de sélection, des teintes plus soutenues ont été obtenues. Elles sont devenues des vivaces très à la mode, appréciées pour leur longue floraison estivale et leurs inflorescences originales dans les tons roses, pourpres ou blancs toujours avec une pointe de vert. La couleur des semis diffère de celle du pied mère. Pour sol frais.
 
La mauve propage avec entrain ses fleurs roses dans tous les endroits ensoleillés. Malva moschata ‘Alba’ est ravissante; la variété rose, Malva moschata ‘Rosea’, est très proche de Malva alcea, quasi identique mais beaucoup plus grande. C’est cette dernière qui enchante les prairies en été. Dans cette famille, n’hésitez pas à demander Althea cannabina, une pure merveille.
 
L’aconit est une plante magnifique qui peut être très majestueuse selon les variétés. Même si elle est toxique, comme c’est le cas pour de nombreuses plantes de nos jardins. Les jardiniers lassés de voir leurs delphiniums dévorés par les limaces l’ont adoptée. Aconitum napellus, plutôt printanière, aime un sol calcaire ou neutre. L’Aconitum cammarum Sparks Variety est plus haute et fleurit en été. Aconitum carmichaeli arendsii est une splendeur en automne. Pourquoi s’en priver ?
 
Les scabieuses sont parmi les plus belles fleurs des prairies en milieu et fin d’été. Elles sont très recherchées par les papillons. La Scabiosa columbaria a une très longue floraison et a besoin d’une terre bien drainée pour bien se ressemer. Le Knautia arvensis lui ressemble en plus haut, mais il apprécie une terre plus humide. Ces jolis pompons ont donné naissance à des plantes comme le Knautia macedonica ‘Melton Pastels’ à la couleur variable du rose au bordeaux. Un rêve.
 
La brunelle est une petite plante sauvage qui envahit parfois les pelouses, en latin Prunella vulgaris. C’est une espèce très robuste. Elle fleurit longtemps, dès le printemps. Plusieurs variétés sont disponibles dans les catalogues sous le nom de Prunella grandiflora, un excellent couvre-sol.
 
L’achillée millefeuille a beau être une plante des prairies fraîches, on la trouve de nos jours aussi bien au bord des chemins que dans les prairies ensoleillées. Elle fait preuve d’une grande adaptabilité et les catalogues en proposent une multitude. Achillea millefolium ‘Cerise Queen’ est parmi les meilleures. Sans histoire, vigoureuse, elle s’étale et forme assez vite une belle touffe.
 
La marguerite, Leucanthemum vulgare, est une fleur que l’on aperçoit souvent dans les champs, au bord des routes. Aujourd’hui, elle est la coqueluche des prairies fleuries. On la plante au jardin dans une terre préparée et fraîche. Petit bémol, les lapins l’adorent. La marguerite possède des racines assez superficielles qui émettent de courts stolons. Ils sont plus vigoureux dans une herbe rase que dans une herbe dense et haute. Les jardiniers préfèrent généralement utiliser la plus spectaculaire grande marguerite, Leucanthemum maximum et superbum. Divers cultivars, dont certains à fleurs doubles, sont disponibles dans le commerce. Le Telekia speciosa est aussi appelé grande marguerite. Ces fleurs jaunes attirent les papillons.
 
 
Ph.: MNC & MPV

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