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09/08/2014

En été, la montagne tombe le manteau

La Libre, Momento, Escapade, montagne, été, La PlagneÀ l’image de La Plagne, en été, les grosses stations françaises de haute altitude se dénudent et s’offrent aux randonneurs.

En balade: Frédérique Masquelier


TOUT LE MONDE CONNAÎT la montagne en hiver. Ses kilomètres de pistes de ski à perte de vue, ses flancs et sommets recouverts de blanc et plantés de sapins, ses chalets à demi enterrés sous d’épaisses couches de neige fraîchement tombée. Pourtant, et ses aficionados transis vous le confirmeront, c’est à la belle saison que celle-ci se laisse le mieux savourer. À tout le moins dévoiler.
 
Mise à nu et de préférence baignée par un soleil radieux, elle se décline alors en paysages rocheux, herbeux, neigeux ou terreux, en ciels bleus, gris ou orangés aux nuages baladeurs et en scènes pastorales idylliques, avec force vaches paissant sous les télésièges figés, bouquetins en équilibre sur un éboulis de roche, biquettes en vadrouille et autres marmottes pas peureuses pour un sou. Le tout rythmé par de nombreuses cascades d’eau de source et des lacs qui apparaissent et disparaissent au détour des vallées. Autant l’asséner de suite, la montagne en été, c’est le paradis des randonneurs, amateurs ou confirmés.
 
Comme ses consœurs françaises de Savoie et de Haute-Savoie, La Plagne se visite et se foule aux pieds – armés, selon l’altitude, de crampons ou tout au plus de bottines de marche – dès la fonte des neiges venue. Les sentiers piétons sont fléchés avec plus ou moins de zèle (le “moins” s’illustrant surtout par mauvais temps et donc, manque de visibilité accru : quelques poteaux indicateurs de plus à certains croisements délaissés ne seraient pas du luxe) et les balades sont clairement cartographiées et compilées dans un petit livret (4 euros) vendu à l’Office du tourisme et aux différents points d’information.
 
Au choix, la splendide Route des Balcons (2 heures), qui fait le tour des sept stations plagnardes (lire ci-contre) en serpentant de l’une à l’autre depuis leurs hauteurs, offrant une vue sans pareille sur leurs différents microcosmes; mais aussi la promenade de santé du Lac Vert (1 heure 30), idéale pour des groupes accompagnés d’enfants en bas âge; voire le Dou du Praz (4 heures 30), qui relie également les stations entre elles, mais en mode… grimpette, par monts et par vaux. La balade du Lac des Blanchets (812 mètres de dénivelé) est l’une des plus sportives avec celle du Mont Jovet (870 mètres), mais aussi l’une des plus impressionnantes. Elle permet de rejoindre la Roche de Mio (2700 mètres d’altitude) et ses… télécabines, pour ceux qui ont eu leur compte de randonnée ou préfèrent profiter de la vue sans y mettre les pieds. Arrivés à cette grande plateforme entourée de nuages, les randonneurs ont la possibilité de rejoindre le glacier de la Chiaupe (3250 mètres), voisin, via un premier trajet en télécabine (et la suite s’ils le souhaitent) puis un sentier de randonnée. Les tickets pour la télécabine menant au glacier (15 euros) sont à acheter en station auparavant et incluent la visite de la grotte de glace, au cœur de celui-ci. La grotte, artificielle, est joliment parée de sculptures d’animaux géants mais ne vole en rien la vedette à la découverte du glacier – de la neige en été, sous un soleil de plomb, c’est surréaliste ! – et à la vue époustouflante qu’offre son ascension.
 
Une remarque cependant. Si les paysages, les bruits (les sons de cloche des vaches qui dodelinent de la tête en broutant sont tout bonnement irrésistibles), les senteurs et les couleurs de la montagne en été, mais aussi sa faune et sa flore, valent largement les plaisirs de glisse auxquels se livrent les vacanciers en hiver, une ombre voile toutefois ce charmant tableau : la chaleur humaine. On ne va pas se mentir, si les foules affluent dès le premier flocon, les séjours d’été s’apparentent à une sorte de… retraite. Plus sportive que spirituelle, mais tout de même. Mis à part quelques fidèles çà et là, les stations plagnardes se muent en villages abandonnés. Et ce, d’autant plus que beaucoup de commerçants en profitent pour fermer boutique. Ceci dit, et heureusement pour La Plagne, la multiplicité de ses stations permet de sauver quelque peu la mise. Selon ses envies plus ou moins socialisantes, le randonneur choisira Belle Plagne et Bellecôte plutôt que Plagne Villages ou Soleil, Centre plutôt que 1800 ou Aime 2000.
 
 
Quel appartement (et quelle station) choisir pour son séjour ?
 
Étant donné qu’en été, l’accès aux pistes est un élément qui n’entre pas en compte dans le choix du pied-à-terre, les critères porteront plus sur l’ambiance de la station et la qualité de l’hébergement. En la matière, il est utile de préciser que Plagne Centre est l’aînée des stations plagnardes, construite dès 1961, dans un style… correspondant aux goûts de l’époque. Fin 1969, une première station satellite voit le jour, Aime 2000, et avec elle, un bâtiment pour le moins emblématique au nom équivoque : le “paquebot des neiges”. Soit un complexe très représentatif de l’impératif majeur de la fin des années 60 : proposer un maximum de lits en un temps record et dans un espace minimum. Trêve de plaisanterie, toutefois, puisque ledit paquebot est classé au patrimoine du XXe siècle. Plagne Bellecôte et Plagne Villages, tout aussi fonctionnelles, datent des années 72-75, tandis que la charmante Belle Plagne (les immeubles à appartements s’y apparentent à de gros chalets dispersés dans un joli labyrinthe de placettes et de ruelles couvertes) et Plagne 1800 sont un peu plus tardives, 80-82. Enfin, la petite dernière est Plagne Soleil, qui voit le jour en 90, en même temps que le Club Méditerranée à Aime 2000. Les grands groupes de résidences de vacances y ont élu domicile, y concentrant leurs derniers développements immobiliers. Parmi eux, nous avons testé la résidence CGH Granges du Soleil, du promoteur savoyard MGM : bien située, appartement vaste et impeccable, spa, piscine et espace santé et détente à volonté, accueil agréable et irréprochable.
 
 
Ph.: Claire Huysegoms

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