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08/09/2014

Dix jours avec une télé incurvée

La Libre, Momento, Pixels, télévision incurvée, test, Samsung, HU8500Test de l’intrigant (et magnifique) Samsung HU8500. Alors, cette courbure, vraiment révolutionnaire ? Réponse.

Alexis Carantonis


 
2014 EST UNE GROSSE ANNÉE, pour le marché de la télévision. À au moins deux titres : primo, parce que c’est en ce millésime que la technologie Ultra-Haute Définition (UHD) a quitté les showrooms des salons technologiques pour s’installer, concrètement, dans les rayons, en prenant appui sur un événement télévisuel comme on n’en croise qu’une fois tous les quatre ans : la Coupe du monde.
Secundo, parce qu’un nouveau phénotype d’écrans s’est invité, attirant l’œil du chaland : les écrans courbés.
Double innovation, double questionnement : ces nouveautés valent-elles vraiment le coup ? Après avoir vu tourner pas mal d’écrans de cet acabit lors de foires multimédias, nous avons, cette fois, “In Real Life” comme on dit, pu passer dix jours avec un téléviseur à la dalle à la fois incurvée et Ultra-Haute Définition. En l’occurrence, le déjà fort réputé Samsung HU8500, qui nous a été confié en 55 pouces (139 cm de diagonale).
Notre avis, en quatre questions-réponses.
 
L’écran courbé, vraiment un plus ?
 
Pas vraiment. Il faut ici scinder l’aspect esthétique et pratique de l’aspect image/immersion. Pour le côté design, de par son visuel encore rare et très joliment effilé (bords pratiquement perdus), le téléviseur est sublime. Mais attention ! Il l’est surtout lorsqu’il est posé sur son pied, au centre d’un meuble bas, au cœur d’une pièce de vie relativement épurée. Une fois accrochée au mur (oui, le montage mural est permis), la courbure de la dalle, quoique légère, donne à l’ensemble un aspect nettement moins convaincant.
 
On sait désormais que la télévision, en 2014, est devenue objet de design, et la HU8500 épouse à merveille cette affirmation. Les arêtes, en plastique imitation métal de 10 mm, encadrent parfaitement l’ensemble, tandis que le pied, au rayon de courbure plus marqué que la dalle, se pare, lui, de métal brossé du plus bel effet. Sobre, chic et design.
 
Quid de l’apport, désormais, de cette fameuse courbure d’écran ? Il nous faut prendre de la distance par rapport au discours marketing. Ce type de téléviseurs est vendu avec deux arguments : le premier, c’est d’accroître le confort de vision, notamment sur le plan des angles de vision, de la distance, et de l’immersion. Le second, c’est la promesse d’une réduction des reflets, lorsque le téléviseur est placé dans une pièce lumineuse. Commençons par le second point : c’est du vent. Ou, du moins, c’est extrêmement minime. En revanche, le revêtement de dalle en lui-même, fortement brillant, est un vrai attire-reflets…
 
Pour le confort de vision, ce n’est évidemment pas désagréable. Mais on rejette le gain en immersion : marketé comme des écrans à l’effet cinéma renforcé (pensez à l’IMAX et son immense écran concave), nous n’avons jamais eu l’impression d’être entouré par l’image, même avec un film full frame, dans l’obscurité. Sûrement parce que 55 pouces, c’est sans doute un peu court pour vraiment noter un gain en matière d’immersion. Pour les angles de vision, en revanche, l’apport est là : se trouver sur le côté droit du canapé n’est plus un (léger) handicap pour ne rien louper de ce qu’il se passe du côté gauche de l’écran. En revanche, la courbure, du côté droit, est dans ce cas précis légèrement handicapante par rapport à un écran parfaitement plat…
 
Conclusion : l’écran incurvé, du moins en 55 pouces, est plus une affaire de design, d’originalité de forme, que de révolution en matière d’image. Pour tout vous dire, après 48 heures, la courbure, la petite famille de votre humble serviteur ne s’en souvenait que par les remarques curieuses des invités de passage à la maison…
 
Et l'ultra-haute définition, alors ?
 
Là, par contre, on est bien obligé de ranger nos doutes. L’image de ce téléviseur est absolument épatante. Pour une dalle LED, rarement nous avions vu des noirs aussi profonds. Même la signature des écrans LED Samsung, qui ne plaisent pas à tout le monde pour leur colorimétrie un peu tape-à-l’œil et leur rendu décrit par certains comme trop dynamique voire artificiel, évolue dans le bon sens. On est sur une image plus naturelle, plus cinéphile, d’une justesse quasi parfaite. L’UHD/4K, dans tout cela, trouve un terrain de jeu technique parfait pour s’épanouir. Le bémol, vous le savez sans doute, c’est que les sources sont (pratiquement) inexistantes pour le moment. Mais l’avantage, c’est que même sur une image HD traditionnelle, un processus numérique d’amélioration est appliqué. Dans le jargon, on appelle cela un upscaling. Sans vouloir faire passer des vessies pour des lanternes, il faut noter que l’upscaling UHD de cette télévision est fichtrement performant. Il nous a permis de redécouvrir des Blu-ray (Full HD 1920x1080p, donc), avec une image croulant littéralement sous les détails. Ne vous dites donc pas que seule la courbure de l’écran différera de votre écran actuel : son image, aussi, s’en verra grandement rehaussée. Même si tout cela n’a rien de comparable avec une source UHD/4K native, qui sera, elle, juste à pleurer de précision.
 
Quoi d'autre, sur cet écran ?
  
En bon vaisseau amiral de la gamme de téléviseurs 2014 de Samsung, le HU8500 embarque plein de petites choses fort sympathiques. Notamment sa caméra intégrée, repliable d’une simple pression du doigt, au centre et au sommet de l’écran. Idéal pour Skyper, puisque ce téléviseur est évidemment connecté. Connecté, donc Smart TV, donc une kyrielle d’apps (Facebook, Spotify…) à utiliser directement depuis le téléviseur. Pour contrôler tout cela, Samsung propose deux télécommandes. Une parfaitement conforme à la vision classique qu’on s’en fait. L’autre, beaucoup plus intrigante : courbée (Samsung s’est passé le mot !), petite, elle permet de piloter le téléviseur de manière tactile (avec une sorte de pointeur, et un pavé cliquable) mais aussi vocale. Le côté tactile est parfaitement abouti. Le côté reconnaissance vocale nous laisse beaucoup plus dubitatif.
 
Côté connectique, on apprécie, grandement, le boîtier One Connect, chromé et relativement facile à caser livré avec la télé. Il embarque toute la connectique de la télé, mais déportée dans un petit boîtier à glisser où vous le voulez. Cela permet de n’avoir que deux câbles qui sortent de la télévision : l’alimentation et la fiche (propriétaire) du One Connect.
 
Précisons enfin que ce téléviseur est bien entendu certifié 3 D, et livré avec deux paires de lunettes actives.
 
Ça vaut son prix ? 
 
3 500 €. Voilà le tarif de ce téléviseur, en version 55 pouces. Pas donné, donc, mais on est bien face à un écran de pointe, qui embarque à peu près tout ce qu’il y a de mieux actuellement. Le problème, c’est que dans le décorticage de ce tarif, la courbure pèse pour beaucoup. En version plate, on trouve ce téléviseur à 1 000 € de moins. Question simple, donc : cette courbure justifie-t-elle de mettre 1 000 € de surplus ? Nous sommes catégorique : non. Pas sur du 55 pouces, en tout cas. Le gain en immersion est survendu, l’amélioration en matière d’angles de vision et de reflets minime. À moins de trouver que, concave, c’est vraiment plus classe que plat, il n’y a donc pas de raison raisonnable de craquer. Le design, peut-être ? D’accord. Mais pour ce qui nous concerne, ce qui nous a bluffé sur cet écran n’avait rien à voir avec cette fameuse courbure…
 
 
Ph.: Samsung

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