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14/09/2014

Promenade sur les toits de la Ville Éternelle

La Libre, Momento, Escapade, Rome, toits, hauteurVisiter Rome requiert une attention de tous les instants. Pour ceux qui n’y passent que deux ou trois jours,
pour les flâneurs ou les indécis, il existe une formule séduisante : voir Rome d’en haut.

En hauteur: Manon Legrand


OUVREZ GRAND LES YEUX et affûtez vos mollets pour visiter Rome. Il ne faudra pas deux minutes au visiteur pour qu’il constate que chaque recoin de la capitale italienne demande d’y prêter attention : des Palais Renaissance aux forums romains en passant par les églises (implantées presque à chaque coin de rue) et les musées, Rome offre un voyage dans le temps intense. Autant dire, et les guides de voyage sont les premiers à vous en avertir, qu’un citytrip de trois ou quatre jours ne permet pas de satisfaire toutes ses curiosités culturelles et historiques (entrecoupées de gelatti comme on en fait nulle part ailleurs…).

Le bon compromis ? Prendre de la hauteur… Car Rome s’admire aussi du haut de ses toits, ses coupoles, ses collines et ses monuments. De jour, sous un franc soleil, ou au crépuscule, lorsque la Ville Éternelle révèle encore de nouveaux secrets.

Pour remonter le temps, du Vatican…

Il ne faut pas être pèlerin ou “touriste religieux” pour inscrire le Vatican en pole position dans son plan d’attaque de visite de la ville. Direction la basilique Saint-Pierre, donc. Il faudra vous armer de patience, mais la longue attente pour accéder au sommet de l’un des temples chrétiens les plus emblématiques en vaut le coup. Surtout n’oubliez pas, en montant les escaliers, d’admirer la superbe coupole signée Michel-Ange, le petit protégé de la Rome Renaissance (dont il faut aussi admirer les œuvres à la chapelle Sixtine, ainsi que la Pieta, une Vierge taillée dans le marbre, troublante de force et de piété, abritée par la Basilique). Une fois atteint le sommet, c’est un peu la guerre des flashs mais le panorama en jette, vraiment : d’un côté, la vue est imprenable sur la Cité du Vatican et sur toute la ville, de l’autre, on découvre sous un angle inédit les jardins, les palais et les musées qui composent le plus petit État du monde. Un ensemble qui semble imperméable aux ravages du temps.

… au Forum romain

Traversez le Tibre et filez vers le Capitole, la plus petite des collines de Rome mais la plus concentrée en monuments grandioses. Un repère : la “machine à écrire” située à côté, sur la Piazza Venezia, le petit surnom qu’ont donné les Romains à l’imposant bâtiment blanc immaculé construit en l’honneur du Roi… au XIXe siècle. Si les Romains n’apprécient guère ce “Vittoriano”, notamment parce qu’il était le point de départ des défilés militaires de Mussolini, il demeure, à l’instar du Palais de Justice à Bruxelles ou de la Tour de Télévision à Berlin, un point de repère parfait pour les touristes perdus. Sa terrasse est un endroit idéal pour observer la cité romaine. Sans parler du sommet, à 70 mètres de hauteur, accessible en ascenseur payant.

Quelques mètres plus loin, un escalier de marbre blanc, “le Cordonata”, signé Michel-Ange, toujours, conduit le visiteur au siège de la Municipalité : une place bordée de trois palais construits au XVIe siècle sur un carrelage de mosaïques réalisé récemment sur base d’anciens plans. Traversez la place pour atteindre le point de vue sur le Forum romain. L’occasion de faire un bond dans le temps et d’imaginer l’effervescence de la vie politique de l’Empire.

Promenade du dimanche

Sur la rive droite du Tibre, une petite promenade s’impose sur la colline de Gianicolo. Même en plein mois d’août, on peut y croiser des Romains – fait plutôt rare puisque la majorité fuit Rome durant les mois d’été ou passe inaperçue parmi le flot de touristes. Ils y promènent leur enfant ou lisent leur journal sur des bancs ombragés par des pins parasols. Il est conseillé d’y aller tôt le matin ou pour le coucher du soleil. Le départ se fait du Trastevere (littéralement “au-delà du Tibre”), à l’ouest de la ville, un petit quartier plein de charme, “préservé” du tourisme de masse, qui renferme autant d’églises que de bistrots de caractère.

Impossible de passer outre le premier point de vue. Une sculpture monumentale à la gloire du général romain, Guiseppe Garibaldi, à cheval, fixe du regard et pointe sa lance vers le Vatican. La vue sur Rome est imprenable, des jardins du Pincio au Colisée. Les plus téméraires continueront, ensuite, jusqu’à l’Hôpital de l’Enfant Jésus, pour profiter de l’un des panoramas les plus exhaustifs de la ville.

Échappée romantique
 
De la Piazza del Popolo, vous empruntez un grand escalier et pénétrez dans le parc de la Villa Borghese. Avant d’entamer l’ascension, ouvrez la porte de l’église Santa Maria del Popolo sur votre gauche (trois églises sur cette place portent ce nom  !). Elle possède deux tableaux du Caravage réalisés au début du XVIIe siècle, des œuvres étonnantes de modernité qu’il est agréable de regarder loin de la cohue des musées. Montez dans les petites allées ombragées par les pins. Premier arrêt au balcon avec une vue sur la Piazza del Popolo et sa symétrie parfaite. Il est possible de redescendre, ensuite, sur la ville, en sortant des chemins balisés du parc. Ou de redescendre vers l’église Trinita Dei Monti. Elle domine le bel escalier de la Piazza Di Spagnia.
 
 
Expédition secrète
  
Une porte, une serrure, pas de clé mais juste la place pour y poser votre regard. C’est mentir que de dénommer encore ce lieu “secret” car le trou de la serrure de la Piazza dei Cavalieri di Malta sur la colline Aventine est, aujourd’hui, connu de tous. Mais il reste sympathique de se laisser prendre au jeu. Une balade sur cette colline de Rome plus excentrée et moins courue des touristes est agréable.
 
 
Espresso ou limoncello ?
  
Où observer l’un des plus beaux skylines romains ? Des toits des grands hôtels, par exemple. Dites-vous donc que vous payerez davantage la vue que la saveur de votre limoncello ou l’amertume de votre espresso. Moins tape-à-l’œil et plus branché, un détour par le Lanificio, ancien bâtiment industriel réaménagé en café-bar, est une option. Le toit est devenu une superbe terrasse. On y boit un cocktail ou une bière bio dans une ambiance de fête foraine bobo chic. Au programme le soir : sets de DJs, projections de films. Un lieu qu’apprécient les trentenaires romains.
 
 
Ph.: Reporters

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