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14/09/2014

Zen face aux enfants ? C’est possible !

la libre,momento,bien-être,parents,zen,enfantsLes auteures de “Parent zen” livrent des conseils concrets pour solliciter la partie la plus “intelligente” du cerveau, développer un nouvel état d’esprit, apprendre à gérer les conflits différemment et rétablir l’harmonie en famille.

État d’esprit: Laurence Dardenne

ZEN. SURTOUT, RESTONS ZEN. On ferme les yeux quelques secondes, on respire profondément, on se calme, on serre les poings, on les relâche. On se raisonne. On se dé-tend. Tout simplement. On relativise. On nuance. Après tout, y’a pas mort d’homme, hein ? On tente de prendre – déjà ? – du recul. Mieux encore, de la hauteur. S’ils sont franchement exaspérants parfois, nos chers enfants, nous, parents, sommes stressés, la plupart du temps. Donc, forcément, ça explose.
 
Dans “Parent zen, comprendre le stress pour rétablir l’harmonie en famille” (Éditions de L’Homme, 21,70 €), les auteures Brigitte Durruty et Catherine Schwennicke ambitionnent, non pas de donner des recettes concernant l’éducation des jeunes ou fournir le modèle clé sur porte à suivre, mais bien plutôt d’aider les parents à “prendre du recul dans les situations de crise, les conflits, les tensions ou, plus simplement, dans les tracas de tous les jours.” Comment ? “En apportant une explication, simplifiée et accessible à tous, de notre fonctionnement mental – et non une description rigoureuse, neuroscientifique –, nous espérons favoriser l’émergence d’un état d’esprit plus conscient, plus apaisé et plus engagé, qui aidera à inventer un quotidien léger”, écrivent les auteurs.
 
Les situations que des parents peuvent rencontrer et qui posent problème sont infinies”, explique Catherine Schwennicke, psychologue, experte en approche neurocognitive et comportementale (ANC), formatrice et spécialiste en coaching parental. “Certains parents sont très stressés par la scolarité, d’autres par l’alimentation et la santé, d’autres encore par la tenue à table, les disputes au sein de la fratrie, le désordre… Ce qui stresse les parents, est largement lié à leur culture, à notre époque.
Quoi qu’il en soit, aussi multiples et infinies soient-elles, ces situations peuvent aussi être vécues avec sérénité et dans le calme. C’est en tout cas ce que nous pensons et ce que nous avons essayé de faire passer dans notre livre ‘Parent Zen’.
Spontanément, nous réagissons avec notre émotionnel, ce qui est bien normal et tout à fait humain. Mais il est possible d’être plus dans le choix d’une action ou d’une réaction sans être sous l’emprise de l’émotion.”
 
Ce n’est pas tant la situation en elle-même qui va générer du stress, que la présence d’un conflit par rapport à nos valeurs, par rapport à la projection que l’on se fait du monde”, nous dit pour sa part Brigitte Durruty, formatrice et coach spécialisée en ANC, programmation neurolinguistique (PNL) et analyse transactionnelle (AT). “Comme nous l’expliquons dans le livre, ce n’est pas tant la situation qui est problématique que la façon dont on la regarde.”
 
Parmi les principales erreurs fréquemment commises par les parents, il y a donc le fait de réagir sous stress. “Quelqu’un de stressé est quelqu’un d’intelligent qui pense bêtement et qui risque de réagir de manière inadaptée”, poursuit la psychologue, Catherine Schwennicke.
 
Une autre erreur régulièrement commise est le fait de “s’obstiner dans la même direction,
renchérit Brigitte Durutty. On continue à reproduire ce qui n’a pas marché, alors qu’il serait justement intéressant de prendre du recul à ce moment et se poser la question de savoir pourquoi cela n’a pas marché et que faut-il mettre en place de différent pour que l’on puisse atteindre son objectif.
Mais la toute première chose est d’arriver à se gérer soi-même, à retrouver son calme. On est alors beaucoup plus inventif car on peut se mettre à réfléchir aux façons de gérer la situation.”
 
Ce qui va nous stresser est relativement prévisible, réplique à son tour Catherine Schwennicke. Si je n’aime pas le désordre, il y a de grandes chances que face au chaos dans la chambre de mon fils, je démarre au quart de tour. Changer d’état d’esprit en plein stress, c’est très difficile alors que si on s’est préparé à l’aide d’exercices, de réflexions, il nous sera plus facile de réagir avec plus de calme face au désordre. J’essaye en ce qui me concerne de ne parler qu’en présence de mon calme… Il faut s ’arrêter et prendre du recul; remettre des priorités dans sa relation à son enfant.
 
Il est assez difficile de résumer en quelques mots les façons de retrouver son calme, tant il y a de situations différentes, néanmoins, “de façon très générale, on peut dire qu’en premier lieu, il faut prendre conscience du fait que l’on n’est pas calme, que l’on est stressé, explique encore Brigitte Durutty. Ensuite, il faut se dire ‘ok, je suis hyper angoissée, tendue, stressée, agacée par cette situation et je ne ferai rien de bon tant que je serai dans cet état’. Il faut alors s’arrêter et prendre le temps de respirer, c’est très important et cela va permettre de changer d’état d’espritIl ne faut pas forcément changer sa vie pour être calme; il faut surtout changer la façon dont on voit sa vie.
 
Nous souhaitons enseigner au lecteur de l’ouvrage à recruter la partie la plus ‘intelligente’ de son cerveau, celle qui amplifie ses pistes d’action dans des situations inattendues et complexes, afin de lui montrer comment garder le cap au milieu de l’orage”, expliquent les auteures, qui donneront ce jeudi 18 septembre à Woluwé une conférence dans le cadre de l’espace de sensibilisation Parents-Thèses (voir ci-dessous).
 
Quant à favoriser l’émergence d’un état d’esprit qui aidera à inventer un quotidien léger, “c’est possible avec du recul, de l’autodérision, nous dit encore Catherine Schwennicke. Pour cela, il me semble important de bien se connaître et de ne pas blâmer l’autre de nos intolérances qui génèrent du stress.”
 
 
Dans le cadre des conférences de Parents-Thèses, espace de sensibilisation destiné aux parents pour tout ce qui concerne l’éducation et la communication avec leurs enfants, Brigitte Durruty et Catherine Schwennicke animeront une rencontre sur le thème “Être un parent zen, possible ?”. Elle aura lieu ce jeudi 18 septembre (accueil et dédicace à partir de 19 h 30) au Cook & Book, à Woluwé-Saint-Lambert.
Inscription (15 €) en ligne à l’adresse : www.parents-theses.be
 
 
Et s’il fallait ne retenir que trois conseils à donner ?
 
Et si l’on pouvait donner quelques conseils – disons trois, par exemple –, simples et très généraux, valables pour tous, à mettre en pratique pour être parent zen, quels seraient-ils ? Voici les réponses de Catherine Schwennicke, psychologue, spécialiste en coaching parental et co-auteur de “Parent zen” (Éd. de L’Homme).
 
“Mon premier conseil serait le suivant : se mettre dans la peau d’un autre parent qui connaîtrait les mêmes difficultés que soi mais que l’on conseillerait à notre tour. Cela permet vraiment de prendre du recul sur la difficulté que l’on rencontre, et donc de faire fonctionner sa créativité. Dans la même veine, demander à quelqu’un qui ne pense pas comme nous (même si on adore s’entourer de personnes qui pensent comme nous…) de nous aider à prendre du recul et à voir les choses autrement pour ensuite mettre en place des solutions nouvelles.
 
Deuxième conseil : il est primordial, en situation de crise, de se concentrer sur ce qui est le plus important pour le parent : que l’enfant soit en bonne santé, qu’il soit heureux. Ainsi, tous les aléas de la vie sont mis au second plan et l’on parvient à les dédramatiser. Finalement, si l’enfant n’était plus là, tous ses petits défauts qui horripilent au quotidien nous manqueraient. Et donc, on peut même se réjouir de devoir lui rappeler dix fois dans la même journée qu’il faut ranger sa chambre car, le jour où il se passera quelque chose de grave, tout cela deviendra tout à fait secondaire.
 
Troisième et dernier conseil : se faire confiance. Se dire que tout le monde a en soi les ressources pour gérer intelligemment toutes situations. On a énormément d’idées, de créativité, que l’on possède et développe en soi, et qu’il suffit de mettre en action. Nous avons beaucoup de ressources en nous. La preuve est que, souvent, lorsque c’est vraiment grave, nous gérons très bien.”
 
 
Ph.: Reporters/BSIP/Godong

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