Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

28/09/2014

Destiny, le jeu moyen qui valait 500 millions $

La Libre, Momento, Pixels, jeu vidéo, DestinyPlus cher qu’Avatar, Destiny, hit de la rentrée, accumule les records financiers. Et si on parlait un peu jeu vidéo ?

Aux manettes: Alexis Carantonis


LE MÉTÉORE, Destiny, a frappé la Terre, ce 9 septembre 2014. Si le cratère que l’impact a provoqué fera date dans l’histoire du jeu vidéo, c’est, avant tout, parce que ce blockbuster, présidentiable comme jeu de l’année, est tout simplement le plus cher jamais créé. 500 millions de dollars (387 millions €) ont été couchés pour accoucher de l’étoile filante, Destiny , et sa traînée stellaire savamment marketée. C’est deux fois plus que l’énorme GTA V , et c’est davantage encore que le film le plus cher, Avatar , qui n’a coûté que , marketing inclus, 400 millions de dollars…
 
500 millions pour un jeu, hérésie totale  ? Que nenni. On parle, là, de la première industrie culturelle du monde, et tant qu’à faire s’entrechoquer les chiffres fous, sachez que Destiny a été rentabilisé en 24 heures seulement, pour son lancement. Autrement dit, 500 millions de dollars dans la poche d’Activision (l’éditeur, qu’on ne présente plus à ceux qui ont déjà touché à un Call of Duty) et Bungie (le développeur qui s’ennuyait après dix ans de travail intensif sur la saga, Halo). Et la rentabilité de Destiny ne s’arrête pas là : si Activision a accepté de faire exploser les compteurs, c’est parce qu’il capitalise sur Destiny, en tant que nouvelle licence prolifique pour dix ans et, au grand minimum, trois titres.
Voilà pour l’aspect financier. Si on causait jeu vidéo, maintenant ?
  
L’ambition
Vous connaissez les FPS (First Person Shooter), vous voyez ce qu’est un MMO (Massive Multiplayer Online), vous êtes incollable sur les RPG (Role Play Gaming). Destiny se veut au confluent de tout cela : un gameplay FPS avec vue subjective et beaucoup de shoot, une vaste invitation à jouer en coopération online, et, enfin, les atours d’un RPG avec caste de personnages à choisir (arcaniste, chasseur ou titan), évolution de niveaux, escouade et objets à ramasser pour améliorer arsenal et armures. La promesse est ambitieuse. Sauf que, comme craint, Destiny se limite à faire du Halo 2.0. Un FPS, bien plus qu’un MMO, tant les interactions avec les autres joueurs et les actions sont limitées… Dommage. 
 
Le scénario
On va la faire courte, parce que, franchement, on n’a pas tout compris. En gros, l’Univers connu un âge d’or, qui permit à l’humanité de mettre le cap vers d’autres planètes (quatre sont jouables : la Terre, Mars, Vénus et la Lune – qui n’est pas une planète en soi, mais ne chicanons pas). Sauf que, vous vous doutez bien que l’âge d’or est derrière nous, et que les Ténèbres (brrrr…) ont recouvert les territoires conquis jadis. L’humanité, réduite à une peau de chagrin, s’agglutine, désormais, désespérément dans la citadelle. À votre personnage, arme au poing, de reconquérir ces territoires perdus, et d’éloigner les Ténèbres. Voilà. Non seulement c’est du remâché/recraché/resucé, mais, en prime, manette en main, c’est incroyablement “foutraque” et incompréhensible. Next. 
 
Le gameplay
L’histoire, secondaire, n’est qu’un prétexte pour faire mordre la poussière au bestiaire que le titre nous envoie par salves. La majorité de Destiny se passe, donc, flingue à la main, et chez Bungie, ils savent y faire pour caler la sensibilité d’un viseur ! Dynamiques, percutants, les combats, point central du jeu, sont maîtrisés. Heureusement, puisqu’il faut les accumuler : héritage RPG oblige, vous devrez accumuler les XP pour progresser, et accéder à de nouvelles missions, dont certaines débouchent sur un gros dézinguage de boss. Classique, efficace. Pensé pour le Multi, Destiny est logiquement beaucoup plus fun à plusieurs qu’en solo, où l’on s’ennuiera vite ferme. Dans un cas comme dans l’autre, Destiny tombe malheureusement dans le piège de la répétitivité. On y fait toujours un peu la même chose… 
 
Les graphismes
Là, par contre, on en a pris plein la vue. Destiny est sublime. D’une Terre dévastée, jonchée par les carcasses de voitures rouillées à une planète Mars désertique, sans compter une lune aride et parsemée de cratères, chaque horizon, chaque univers, étale la maîtrise artistique de Bungie. Vénus, surtout, et son étouffante végétation, est absolument splendide. Autant d’univers variés et pourléchés, qui, en prime, ont la bonne idée d’être persistants. Entendez par là : ils évoluent lorsque votre console est éteinte, comme dans la vraie vie. Après des décennies de sauvegardes qui reprennent exactement là où on avait laissé le héros, ça vous bousille des habitudes de gamer !
Plus d’une fois, lorsqu’on joue à Destiny, on pose la manette, et on regarde autour de soi, ahuri. D’autant que, techniquement, la bestiole ronronne à 30 FPS, tout le temps, même quand cela s’agite. Comme, en prime, la BO est à l’avenant, on plussoie…
Seuls bémols : le côté artificiel des étendues du jeu. Bien plus confiné, dans les faits, qu’il n’y paraît ! Le saut de planète en planète est fictif, et les zones propres à chacune d’entre elles finalement assez similaires. 
 
Conclusion
Destiny a beau s’époumoner, empiler les records financiers et du nombre d’affiches placardées sur les abri-bus, voilà un jeu qui manque de souffle. On nous avait promis une tempête, on a juste vu un vent de fraîcheur, prometteur de ce que cette licence pourrait devenir. Pour l’heure – donc sans compter la pluie d’astéroïdes de DLC qui va tomber sur nous –, son contenu est trop chiche, trop répétitif, trop pas assez. Sans compter un scénario pim-pam-pouf. Nous reste, donc, un bon, un très bon même, FPS… dont il existe des ersatz par dizaines. Borderlands 2 n’est, finalement, pas beaucoup moins bon que Destiny. Notons, toutefois, l’enveloppe esthétique du titre, franchement sublime. Mais une jolie enveloppe, si elle est vide, on en fait quoi ?
 
Sur Xbox One, PS4, PS3 et PC
 
 
Ph.: Bungie/Activision

Les commentaires sont fermés.