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05/10/2014

Fertiliser, engraisser

La Libre, Momento, Dehors, engrais, jardin, plantationsEn tout jardinier, il y a un bon père de famille qui sommeille. Soucieux de nourrir ses plantations, de leur offrir soin et attention afin qu’elles croissent et prospèrent pour sa plus grande gloire. Un rêve de fécondité et de fertilité.

Au jardin: Marie Noëlle Cruysmans et Marie Pascale Vasseur


FERTILISER, FUMER, ENGRAISSER, une litanie de verbes dont l’énoncé, seul, laisse perplexe. Que faire, que choisir ? Il y a de nombreuses manières de fertiliser les cultures du jardin. Chacune a ses avantages et ses inconvénients. Les gammes d’engrais proposés par les fabricants sont, de plus en plus, complexes, même si elles doivent nous simplifier la vie. Les méthodes d’application avec des formules liquides, en bâtonnets ou en granules sont tout aussi nombreuses.
 
En principe, les engrais nourrissent sol et plantes, permettent d’éviter les carences et d’augmenter les rendements. Rencontrant, là, un sentiment unanimement partagé par les jardiniers – surtout à leurs débuts  : l’impatience. Elle s’additionne souvent à une propension naturelle à la suralimentation. Une pincée d’engrais par-ci, une autre par-là. Quelques granules roses ou bleues. Un peu de poudre de perlimpinpin. Une solution “flash”. Avec toujours à la clef, la tentation d’augmenter la dose prescrite “au cas où, on ne sait jamais.” Jouer aux soignants attentifs est en soi gratifiant.
 
Cependant, l’âge du dopage où réussir le plus gros potiron, le géranium le plus fleuri ou la courge championne du monde semble un peu passé de mode. Guinness Book only. Personne ne le regrette. Pour produire un potiron de 60 kg, combien de litres d’eau  ? Quelle quantité d’engrais chimique  ? Un record, certes, mais aussi une bonne dose d’ego jardinier à défaut d’éco jardinage. Pourtant, l’organisme des végétaux est au moins aussi fragile que le nôtre. Ne dit-on pas qu’un excès d’azote fragilise la plante qui devient plus facilement la proie des ravageurs et des maladies.
 

Qu'est-ce qu'un engrais?
L’engrais est un produit chimique ou naturel contenant des éléments servant à la nutrition des plantes. Il ne faut pas confondre engrais et amendements — fumier, tourbe, algues notamment —, ces derniers agissant sur la texture physique du sol et sa structure. Les engrais, eux, jouent un rôle sur la composition chimique de la terre. Ils sont utiles, entre autres, lorsqu’il faut rééquilibrer le sol à la suite d’une carence. Les engrais organiques sont incorporés au sol mais ils demandent — pour comparer avec l’homme — une mastication et une digestion. Ils ne pourront être assimilés par les plantes que si les animaux — cloportes, iules, vers de terre, etc. — les réduisent en infimes particules. Les micro-organismes à leur tour — algues, bactéries, champignons — les transforment, alors, en éléments assimilables. Ces produits à action lente, souvent peu concentrés, ont pour avantage de respecter l’équilibre du sol et de ne pas entraîner de résidus toxiques dans la nappe phréatique. L’alimentation des plantes avec des engrais chimiques solubles serait, elle, comparable à celle d’un malade sous baxter.
 
 
Indispensable, l'engrais?
Plus d’un d’entre nous s’est, un jour, retrouvé, perplexe, devant le rayon concerné. Pour finir par choisir au petit bonheur. Alors est-ce vraiment nécessaire ? Il y a plusieurs écoles et beaucoup d’avis, parfois très divergents.
Aujourd’hui, le vent a tourné, les pratiques culturales ont évolué et se font plus douces, plus respectueuses de notre santé et de notre environnement. En agriculture biologique, par exemple, le plus gros du travail de lutte contre les maladies et les ravageurs ainsi que la préservation de la qualité de la terre se fait en prévention. Le but de ce type d’agriculture n’est pas de nourrir directement la culture avec des engrais mais bien d’amener le sol au meilleur état de fertilité possible.
En effet, le remède à nombre de nos tracas est sous nos pieds. Sans impératif de rendement, le jardinier lambda peut facilement revenir à une culture saine pour lui et pour sa terre. Avoir des plantes en bonne santé passe par l’état de leurs racines et du sol qui les accueille. Quel environnement ont-elles  ? Imaginons-nous un instant dans la peau d’un ver de terre, hôte de notre jardin. Y serions-nous un lombric heureux  ? Penchons-nous sur ce lieu plein de vie. Oublions le “Touche pas, c’est dégoûtant, tu vas te salir.” Souvenons-nous au contraire de la poignée de terre prise dans la paume de la main par les vieux jardiniers et humée respectueusement pour décréter, ensuite : ici, cela doit bien pousser.
 
 
Des chiffres et des lettres
Sur les boîtes et sacs d’engrais sont inscrits de nombreux renseignements concernant les modes et doses d’emploi ainsi que sur le contenu. Vous trouverez, en premier lieu, trois lettres, NPK. Toujours dans le même ordre, elles représentent les symboles des trois principaux éléments nutritifs nécessaires à la croissance des végétaux. Ces lettres correspondent à l’azote, au phosphore et à la potasse. Elles sont précédées d’un chiffre se référant au dosage de chacun des éléments dans la boîte. La formule varie. C’est ce qui permet de choisir l’engrais adapté à la plante ou à la carence à laquelle on est confronté. Revers de la médaille, le surdosage provoque, à son tour, affaiblissement et déprime végétale.
 
L’azote. C’est toujours le premier des éléments mentionnés. Son symbole est la lettre N. L’azote intervient dans la croissance et sur l’action de la photosynthèse. Autrement dit, il aide au développement de toutes les parties vertes. Certains végétaux uniquement décoratifs par leur feuillage, le gazon, par exemple, sont de gros consommateurs d’azote. Quelques plantes de la famille des légumineuses captent et stockent l’azote dans des protubérances appelées nodosités situées au niveau des racines. Elles font partie de ce qu’on appelle les engrais verts, tel le lupin blanc.
Le phosphore. Second élément mentionné, l’anhydride phosphorique ou acide phosphorique est symbolisé par la lettre P. Plus communément appelé phosphore, cet élément joue un rôle majeur dans la formation des fleurs et des graines. Il intervient, aussi, dans l’élaboration des tissus ligneux qui composent le tronc et les branches ainsi que dans la croissance des racines.
La potasse. Le dernier, des trois, est l’oxyde de potassium couramment appelé potasse et dont la lettre est le K. Il agit sur la qualité des fruits et des légumes, dans leur formation, leur maturation et leur saveur. Il participe à la résistance des végétaux aux maladies.
 
Toujours sur la boîte, arrivent ensuite les oligo-éléments. Présents en infimes quantités, ils n’en sont pas moins indispensables au développement des plantes et permettent l’assimilation correcte des trois premiers. Leur absence se remarque assez vite. La croissance des végétaux diminue, le feuillage se couvre de taches, les fruits sont de moins bonne qualité. Le fer, le magnésium, le manganèse, le cuivre, le soufre en font partie et sont indispensables à la nutrition des végétaux.
 
 
Ph.: Visions/Reporters

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