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11/10/2014

La liberté de se questionner

La Libre, Momento, Sorties, Festival des LibertésDu 16 au 25 octobre, le Festival des Libertés invite à réfléchir sur le monde et sur les grandes questions qui le concernent. La thématique de cette édition : obéir et désobéir.

Lauranne Garitte


LE RYTHME ACCÉLÉRÉ DE NOTRE quotidien nous en empêche encore trop souvent. Et pourtant, il est vital, profitable et nécessaire de prendre du recul sur la vie et de réfléchir. Il est bon de se questionner sur les enjeux futurs de notre monde, et de partir à la recherche de pistes de réponses, avec l’esprit critique pour guide. Le Festival des Libertés est une invitation à la rencontre d’opinions, pendant dix jours, du 16 au 25 octobre, au Théâtre National et au KVS à Bruxelles.
 
Il est temps de réfléchir ensemble”, nous annonce Mathieu Bietlot, coordinateur du festival. Un festival qui se caractérise avant tout par des valeurs fortes. “Le festival cherche avant tout à célébrer et à défendre les libertés. L’objectif est de promouvoir l’esprit critique, pour inviter à réfléchir et, par la suite, pour ceux qui le désirent, à s’engager”, ajoute le coordinateur.
 
Cette année, la thématique choisie est “Obéir et désobéir”. Partant de l’idée que, pour vivre en société, il faut se mettre d’accord sur des règles communes, le festival se demandera à quoi obéit-on, pourquoi, comment et jusqu’où  ? Mais aussi, à quoi désobéit-on, au nom de quoi, jusqu’où et dans quel but ?
 
Chaque participant, qu’il soit sur la scène ou face à elle, ne donnera, ni réponse, ni leçon, mais confiera sa réflexion pour que celle-ci entre en résonance avec celle d’autres personnes.
 
Le festival se divise en cinq disciplines artistiques qui apportent, chacune à leur façon, leur pierre à l’édifice réflexif qui se dressera durant ces dix jours : des documentaires, des concerts, des pièces de théâtre, des débats et des expériences. Mathieu Bietlot nous livre ses coups de cœur pour chacune de ces disciplines.
 
Concerts
Têtes Raides. “Ce groupe français incarne parfaitement la philosophie du Festival des Libertés. Il parvient à mettre de la poésie dans leurs chansons, tout en se montrant très engagé.” Avec leur douzième album (Les Terriens), Têtes Raides invite à réfléchir au rôle que chacun occupe sur terre. (Le 18/10, à 20h30, au Théâtre National)
Les Partisans du chant. “Sur cette scène, les groupes sont moins connus, mais ont tous en commun d’être engagés et de joliment utiliser les mots pour faire passer leur message.” C’est l’un des concerts gratuits du festival. (Le 23/10, à 19h30, au Théâtre National) 
Mais aussi Arno, Détroit, etc.
 
Débats
Un abri pour les vigies. “Ce sera l’un des débats qui remportera un vif succès, vu que l’un des intervenants est Ben Wizner, l’avocat d’Edward Snowden. Et, pour la petite exclusivité, sachez qu’Edward Snowden, lui-même, fera aussi une apparition en vidéoconférence.” Le débat abordera le sujet des lanceurs d’alertes. Avec eux, une question se pose : quels mécanismes mettre en place pour éviter les abus, la répression et la dissuasion de ces “vigies des temps modernes”  ? (Le 23/10, à 20h, au Théâtre National)
Désobéissance militaire 1914-2014. “Ce débat résonne avec la commémoration du centenaire de la Grande Guerre.” On y discutera, avec Stefanie Prezioso, spécialiste de la Première Guerre mondiale, de ces soldats qui ont osé désobéir lors de différents conflits. (Le 19/10, à 17h15, au Théâtre National)
 
Expériences
Par ‘expériences’, il faut entendre toutes ces formes d’expression autres que les documentaires, les concerts, le théâtre ou les débats. Cette catégorie englobe une série d’activités encore plus participatives que les autres.”
Forum : réinventer le social. À l’occasion de la journée mondiale de la lutte contre la pauvreté, le Forum bruxellois organise un colloque sur l’innovation sociale. Car si la pauvreté progresse en région bruxelloise, le secteur de l’action sociale redouble, quant à lui, d’inventivité pour s’adapter au présent et prévoir le futur. En première partie de journée, sur le mode d’un speed meeting, des projets recevront la lecture de responsables politiques bruxellois. (Le 17/10, dès 8h45, au Théâtre National)
 
Documentaires
Sleepless Nights. “C’est le film le plus original de la programmation. Il traite d’une façon tout à fait particulière de la guerre civile au Liban qui a duré 30 ans.” La réalisatrice est partie à la rencontre des deux parties prenantes au conflit : un bourreau et la mère d’une victime. Le documentaire propose ainsi de croiser le chemin de ces deux personnes, tout en essayant de comprendre ce qu’ils ont ressenti à l’époque et ressentent aujourd’hui. (Le 21/10, à 20h30, à la Salle Huisman)
Dangerous Act. Mettant en scène huit comédiens d’une troupe de théâtre biélorusse condamnés à jouer clandestinement, “ce documentaire montre à quel point la culture a son mot à dire dans le combat démocratique. Quoi de mieux que l’art pour sensibiliser à ce genre de thématique ?” (Le 18/10, à 20h30, à la Salle Huisman)
 
Théâtre
Nage, nage petit poisson. “Cette pièce de théâtre est particulière car il s’agit d’une performance multimédia créée spécialement pour le festival.” Elle raconte l’histoire d’un monde dominé par la téléréalité et invite à se demander s’il faut obéir ou désobéir aux règles de ce monde-là. (Le 18/10, à 19h, au Théâtre National)
Notre peur de n’être. Le comédien, dramaturge et metteur en scène belge, Fabrice Murgia, aborde, dans ce spectacle, le monde virtuel d’aujourd’hui, sans catastrophisme ni angélisme. Il y parle d’une civilisation, la nôtre, et d’une jeunesse “qui a besoin d’espérer.” (Le 16/10, à 20h15, au Théâtre National)
  
Festival des Libertés, du 16 au 25 octobre, au Théâtre National et au KVS. Réservation : 02/203.53.03 (Théâtre National) ou 02/210.11.12 (KVS). Programme et infos : www.festivaldeslibertes.be
 
 
Ph.: Quentin Van der Vennet

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