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13/10/2014

Des triplés dans la famille “Vegueros”

La Libre, Momento, Papilles, cigares, Havanes, Vegueros, prix abordableTapados, Mananitas et Entretiempos, les trois nouveaux modules de Vegueros, sont disponibles en Belgique, à prix démocratique.

Fumeur de Havanes: Baudouin Havaux


APRÈS PLUS D’UN AN D’ATTENTE, les trois nouveaux modules de Vegueros sont, enfin, disponibles depuis le mois de septembre sur le marché belge. Un événement attendu par les amateurs de Havanes attentifs à leur budget. En effet, depuis quelques années, on assiste à chaque nouvelle présentation de Habanes à une surenchère de modèles plus exclusifs les uns que les autres.
 
Et, qui dit plus exclusif, dit évidemment plus onéreux. Le plus bel exemple étant le lancement chez Cohiba, de la remarquable ligne des 3 “Behike” 52, 54 et 56 vendus respectivement 29,20 €, 37 € et 42 €. Un prix justifié par le très haut niveau qualitatif, mais qui n’est pas toujours à la portée de tous. Cette fois, Habana s.a. nous surprend avec des modules que l’on pourrait qualifier sans être nullement péjoratif de “populaires”. Populaire d’abord parce que son prix, en dessous de la moyenne, est très démocratique, et, ensuite, parce qu’il fait référence aux “vegueros” que l’on pourrait traduire par “ouvriers agricoles”. La sortie de ces trois nouveaux modules est un hommage de l’industrie du tabac cubain aux planteurs de tabac.
  
Traditionnellement, dans la zone de Vuelta Abajo, les “vegueros” ont l’habitude de confectionner leurs propres cigares pour leur consommation personnelle. Lorsque les touristes visitent les plantations de tabac à Pinar del Rio, ils souhaitent inévitablement pouvoir goûter et même acheter ces cigares artisanaux. En 1996, en hommage à tous les planteurs qui, de génération en génération, cultivent le tabac, à Pinard el Rio, le gouvernement (Habana sa) décida d’introduire sur le marché international la marque “Vegueros”. Les Vegueros sont produits à la manufacture Francisco Donatién, un imposant bâtiment, construit en 1868, sous la colonisation espagnole, au cœur de Pinard el Rio, qui avait initialement une vocation d’hôpital. En 1870, l’édifice fut réaffecté en prison, et en école d’art dans les années1959, avant d’accueillir en 1961, les “torceadoras” et “torceadores”. Jusqu’en 1997 cette fabrique était consacrée à la fabrication de cigarettes et aux cigares exclusivement destinés aux marchés locaaux pour les banquets d’État ou pour les travailleurs des plantations de tabac et de canne à sucre. C’est là que, encore aujourd’hui, grâce à la dextérité de leurs doigts, et ne pouvant disposer comme seuls outils que d’une table en bois, un couteau plat sans manche (Chaveta), un emporte-pièce cylindrique (Casquilo), une guillotine, un pot de colle naturelle et un gabarit, ils roulent la gamme des Vigueros. Depuis 1997, la marque qui avait lancé les modules Marvela, Especiales n°1, Especiales n°2 et Seoane, s’était endormie et était reléguée à la dernière page du catalogue de Habano s.a. Finalement, en 2013, la marque est ressuscitée avec l’avènement de trois nouveaux modules : “Entretiempos”, “Mananitas” et “Tapados”. Trois nouvelles vitoles qui remplacent l’assortiment d’origine. Les feuilles de tabac, provenant de la zone de Vuelta Abajo, sont exclusivement roulées à la main.
  
Il est vrai que lors de son lancement officiel au XVe Festival de Habano, en mars 2013, à la Havane, il n’avait pas fait l’unanimité et des critiques peu élogieuses traînent, d’ailleurs, encore sur certains blogs. À peine arrivés en Belgique, les trois modules, dégustés à nouveaux, laissent une impression bien différente de celle obtenue à Cuba, 18 mois plus tôt. Le tabac a certainement eu le temps de mûrir, et les notes végétales ont pratiquement totalement disparu. Il est également possible que le choix des feuilles ait évolué depuis l’année passée.
 
Ce nouvel assortiment suit la tendance qui se dirige vers des cigares d’un rapport calibre/cepo plus gros, et mieux adaptés à la demande du consommateur à la recherche d’un goût allant de moyen à fort. Le design de la marque a été entièrement renouvelé. La nouvelle boîte métallique assez trendy est la preuve d’un rajeunissement de la marque et la volonté de séduire des aficionados plus jeunes.
 
Les trois modules sont de belle facture et ne présentent aucun défaut. La cape sombre et mate est garnie d’une bague de couleur verte et argentée résolument moderne qui tranche avec les bagues traditionnelles. La combustion est régulière et ne présente aucun problème. La cendre est ferme. Ce sont des cigares assez linéaires qui ne s’embrassent pas. La palette aromatique qui évolue entre l’humus et le poivre, est assez réduite. Faciles à fumer, les cigares présentent une certaine onctuosité. C’est résolument un très bon rapport qualité/prix pour les moments furtifs que nous concèdent nos vies trépidantes. Sans faire partie des nobles familles de Cohiba, Montécristo ou Partagas, ce ne sont certainement pas non plus des cigares de prolétaires. On peut les qualifier de cigares d’apéritif, pas trop compliqués à savourer distraitement, sans faire preuve de trop de concentration. Par exemple, à l’affût du gibier ou en surveillant sa ligne.
 
 
Les trois modules
 
Entretiempos
– Vitole : Petit Edmundo
– Dimension : Cepo 52 (20,64 mm.)
– Longueur  : 110mm
– Présentation : boîte métallique
de 16 pièces
– Prix : 6,40€
 
Tapados
– Vitole : Mareva Gruesa
– Dimension : Cepo 46 (18,26 mm.)
– Longueur  : 120mm
– Présentation : boîte métallique
de 16 pièces
– Prix : 6 €
 
Mananitos
– Vitole : Mananitas
– Dimension : Cepo 46 (18,26 mm.)
– Longueur  : 100 mm
– Présentation : boîte métallique
de 16 pièces
– Prix : 4,50 €

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