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18/10/2014

La doula à l’écoute et aux côtés de la (future) maman

La Libre, Momento, Bien-être, doula, accompagnement, grossesse, postnatalEn préconceptionnel, en prénatal, à l’accouchement, en postnatal, à l’accouchement, pour l’allaitement, elle est une femme qui accompagne par un soutien émotionnel et informatif une autre femme au cours 
de ces différentes étapes.
 
Reportage: Laurence Dardenne


AVEC MOULT DÉTAILS ET BEAUCOUP d’enthousiasme, Gaëlle raconte le déroulement, minute par minute, des heures qui ont précédé son accouchement. Comme si c’était le premier, alors que bébé Charline, 19 jours, est en réalité la troisième de la fratrie.
  
Et si, tout en grimaçant et s’essayant à faire des bulles, le petit ange écoute d’une demi-oreille le récit, il en est une qui se montre nettement plus attentive. Face à la jeune et blonde maman de 35 ans, Sandrine Tirlo semble ne pas perdre un mot de ces (més)aventures. Il faut dire que, en sa qualité de doula, c’est un peu son rôle finalement.
 
En 2006, la jeune femme qui travaillait alors dans la publicité tape sur Google “accompagnante à la naissance”. Elle apprend alors l’existence des doulas. La reconversion professionnelle est amorcée, direction Paris où, chaque année au mois de mai, se déroule la Journée des doulas. “Je pense que c’était en moi, mais là, je me suis dit : c’est ça que je veux faire. J’ai remis mon préavis, je me suis formée petit à petit.” En 2008, elle crée l’Union professionnelle, pour que les jeunes parents puissent s’assurer d’une prise en charge de qualité par des personnes correctement formées, et non des doulas autoproclamées.  
 
Il y a vraiment un retour de l’accompagnement de la femme par un soutien émotionnel et informatif, nous assure Sandrine Tirlo. La doula joue le rôle qui était traditionnellement celui de la maman, de la sœur, de la cousine… Cela répond à une demande qui est bien là, à notre époque où les familles sont souvent éclatées. La femme se retrouve isolée pendant ces périodes pré et postnatales au cours desquelles elle ressent vraiment le besoin d’être soutenue. À une époque où tout ce qui touche la maternité et l’accouchement est devenu très médicalisé, il y a aussi une recherche d’alternatives. Nous les informons donc, par exemple, des différentes manières d’accoucher; car il n’existe pas que la péridurale et l’accouchement les pieds dans les étriers.” 
 
Ainsi donc, pour la chose la plus naturelle au monde, les jeunes parents auraient aujourd’hui besoin qu’on les prenne par la main, pour aborder la grossesse, l’accouchement ou les premiers mois du nourrisson avec plus de sérénité ? La grossesse n’est-elle pas un moment privilégié où l’on se sent justement comme “portée” ? “Oui, dans les films et les publicités, les jeunes mamans sont souriantes, pouponnées, bien coiffées… Au lendemain de leur accouchement, elles ont perdu tous leurs kilos… ça, c’est l’image qu’on véhicule. Mais dans la réalité, ce n’est pas toujours comme ça. On est chamboulée physiquement et hormonalement”, répond la doula. 
 
Les raisons pour lesquelles les mamans viennent rencontrer une doula ? “Elles sont variées, nous dit Sandrine Tirlo. Cela peut être un questionnement face à un ‘bébé surprise’, une maman qui a fait une fausse couche ou qui a eu un deuil périnatal et a perdu son enfant à 8 mois de grossesse. Une maman très angoissée parce qu’elle va accoucher dans deux semaines et qu’elle ne se sent pas du tout prête. Une maman très heureuse d’avoir accouché, qui se sent bien mais qui a envie de prendre ce temps pour elle et son bébé…
 
Pendant toute cette période qu’est la grossesse, la femme se pose un tas de questions et se demande si tout ce par quoi elle passe est bien normal. La doula tente de l’éclairer. Elle est là pour écouter, accompagner, guider, suggérer des pistes, rassurer, informer, soutenir, tenter de répondre aux questions… Redonner confiance aux mamans, en elles, en leur instinct, en leurs émotions… En postnatal, il y a le soutien par rapport aux mamans qui souhaitent allaiter, les réponses aux questions liées au sommeil du bébé, à son rythme, à ses pleurs… Il est important que les mamans soient entendues et respectées dans leur choix. Et qu’elles puissent aussi les communiquer à l’équipe médicale. La maman vient déposer tout cela ici”, 
nous explique Sandrine Tirlo.
 
 
 
 
Mais attention, s’il peut lui arriver d’assister à l’accouchement, à la demande des parents et avec l’autorisation de l’équipe médicale, la doula ne se substitue pas à la sage-femme et encore moins au gynécologue. Chacun son rôle, chacun sa place. Elle est complémentaire.
 
N’a-t-on pas, avec la doula, créé un besoin ? “Je pense qu’à notre époque, nous ne sommes plus entourés comme nous l’étions avant. J’aime beaucoup ce proverbe africain qui dit : ‘Pour élever un enfant, il faut un village.’ Maintenant, soit on est deux soit on est toute seule. Les mamans seules sont démunies car, en général, les grands-parents sont toujours actifs.
 
Donc oui, je pense qu’il y a un plus grand besoin d’être entouré. Cela dit, il y a différentes façons de se faire entourer. On peut faire appel à des psychologues, des coaches… Pour ma part, je considère que j’accompagne. Accompagner, c’est se mettre à côté; ni devant ni derrière.
  
Je n’ai pas le sentiment de créer un besoin, mais plutôt un espace-temps, une bulle pour que ces mamans puissent se poser dans une société où on laisse très peu de place pour prendre le temps, se poser les bonnes questions pour soi, faire ses choix… Tout ce qui peut être abordé et partagé lors de nos rencontres.”
 
 
Association des doulas de Belgique
L’Union professionnelle des doulas a été créée en 2008 en Belgique. Elle compte à ce jour 47 membres qui ont suivi le processus de formation de sept jours et adhèrent à la charte. Depuis 2011, l’Association francophone des doulas de Belgique propose sa propre formation “Devenir une doula”, à raison de neuf modules de deux jours, qui s’étalent de septembre à juin. La formation est donnée par des professionnels extérieurs : gynécologue, sage-femme, consultante en lactation…
Le 9 novembre prochain aura lieu, à Louvain-la-Neuve, une journée rencontre.
Plus d’informations sur www.doulas.be
 
 
Ph.: Johanna de Tessières

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