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18/10/2014

Quoi de neuf, au jardin ?

la libre,momento,dehors,nouveautés,jardin,plantesLes nouveautés sont souvent pleines de promesses. Les tiennent-elles ? Pas toujours. Alors céder ou résister ? Oui et non, une vraie réponse de Normand.

À l’affût: Marie Noëlle Cruysmans et Marie Pascale Vasseur

QU’ILS SOIENT COLLECTIONNEURS ou simples amateurs, les jardiniers connaissent leurs petits travers et, dans la plupart des cas, sont capables d’autodérision. Donc quand ils vous assurent, péremptoires, que, cette fois, ils n’ont plus la moindre place disponible, soyez certain qu’ils ne vont pas tarder à vous présenter leur petit dernier, tapi au fond d’un sac en plastique, une trouvaille exceptionnelle. Il aurait été tout à fait insensé de ne pas l’acheter. Ils connaissent déjà l’emplacement qui n’attendait que lui…
 
Une analyse simple d’une situation vécue au quotidien. Oui, les nouvelles plantes sont irrésistibles. Oui, elles sont le moteur du jardinage et de sa pratique journalière. Un jardin qui ne voit pas ses effectifs se renouveler, s’appauvrit et se sclérose pour finir par devenir ennuyeux. Non, les nouvelles plantes ne sont pas toutes intéressantes. Non, elles n’apportent pas toutes une innovation frappante. Certes, la déception est parfois au rendez-vous. Alors ?
 
Les uns s’y intéressent exclusivement quand la presse en fait écho. Les autres appellent “nouveauté” ce qu’ils viennent, eux, de découvrir. Pourquoi pas ? Chaque plante mérite qu’on s’y attarde.
 
L’essentiel est que cela bouge. Les innovations dans le monde horticole, la remise à l’honneur des oubliées, les découvertes de chacun alimentent les échanges et font évoluer les jardins. La capacité d’emballement et d’émerveillement de notre sympathique confrérie est sans limite.
  
Pas de précipitation
Faut-il pour autant acheter les nouveautés dès qu’elles sont disponibles ? Prenons l’exemple d’un nouvel Hibiscus, de toute beauté, trouvé sur un site en chinant sur Internet. Au premier clic, c’est l’enthousiasme suivi de l’envie d’en savoir plus. Au deuxième clic, le prix s’affiche. La patience redevient mère de toutes les vertus. Tout vient à point à qui sait attendre quelques mois et un prix plus raisonnable.
 
Une autre chose doit nous inciter à la prudence. Parfois, les plantes nouvelles sont proposées à la vente sans avoir eu le temps d’être testées au jardin. Quoique de nombreux pépiniéristes le fassent, ce n’est pas toujours le cas. Leur culture est donc parfois aléatoire.
 
Et pour compliquer encore, sachez que d’excellentes plantes disparaissent du marché peu après y être apparues. Non pas qu’elles soient de mauvaises plantes, mais parce qu’elles sont difficiles à multiplier ou qu’elles rencontrent peu d’intérêt auprès du public.
 
Donc, notre Père jardinier, surtout ne nous délivrez pas de la tentation et laissez-nous succomber sans fausse honte !
 
 
Lespedeza 
 
Curieux nom pour un arbuste étrange mais attachant. Ses grands rameaux vigoureux naissent chaque printemps, se courbent en été, et fleurissent en automne dans un ton rose pourpre ravissant. Ses fleurs ressemblent à celles des pois de senteur. Son port est en cascade. C’est pourquoi certains l’utilisent en couvre-sol ou pour habiller un coin d’escalier. Sans gel trop rigoureux, un seul pied finit par couvrir une belle surface. Le feuillage est très élégant et peut servir de toile de fond à bien d’autres végétaux, comme des anémones du Japon roses. Il fleurit d’août à octobre et apprécie le soleil et les terres bien drainées.
 
Un superbe cultivar est venu rejoindre le Lespedeza thunbergii, c’est le Lespedeza thunbergii ‘Edo Shibori’. Son feuillage ressemble à celui de l’acacia, il est vert bleuté. Le port de l’arbuste est élégant avec de longs rameaux arqués se couvrant de fleurs bicolores blanches et roses en grappes à la fin de l’été.
 
Le Campylotropis macrocarpa, aussi appelé Lespedeza macrocarpa, a des fleurs assez similaires, reste plus compact et sa rusticité est assez moyenne.
 
www.hennebelle.com
 
 
Un Cotinus bien tentant
 
Le Cotinus, en français le fustet, est un petit arbre ou un arbuste assez extraordinaire.
Sa forme, son inflorescence plumeuse en juin et ses belles couleurs d’automne en font un hôte de choix pour nos jardins. Son petit nom est l’arbre à perruques. Ces dernières années ont vu la variété ‘Royal Purple’, à la couleur pourpre foncé du feuillage, remporter un succès mérité. Ensuite, un autre cultivar, Cotinus coggygria ‘Young Lady’ (photo), a fait son apparition pour les jardins de plus petite taille ou les terrasses. Son port est plus compact et arrondi. Il est florifère et peut vivre en pot quelques années.
Le dernier arrivé dans cette famille est le Cotinus coggygria ‘Old Fashioned’ repéré, parmi d’autres, à la pépinière de Damien Devos grâce à son feuillage vraiment différent.
 
Ce nouveau cultivar a été trouvé par Henny Kolster à Boskoop parmi des semis de Cotinus. Ses feuilles sont rondes et plus grandes que celles des variétés déjà connues. Elles prennent une couleur d’un beau vert bleuté avec des pétioles rouges en été. Les jeunes pousses roses teintées de bordeaux se démarquent du reste du feuillage. Sa floraison blanche est discrète. En automne, l’arbuste prend une coloration allant du rouge à l’orange en passant par le rose. Le spectacle est magnifique. La plante pousse assez vigoureusement. Il est conseillé de tailler l’arbuste régulièrement pour profiter de la beauté des jeunes pousses.
 
www.coquette.be et www.damiendevos.be
 
 
Pourquoi pas un ligustrum ?
  
Le ligustrum, mieux connu sous le nom de troène, est un arbuste qui a connu ses heures de gloire au début du XXe siècle. Aujourd’hui, il est un peu passé de mode et tombé dans un demi-oubli. Pourtant, peu d’arbustes sont aussi dociles et économiques. Son grand atout, c’est le parfum de ses fleurs en été.
En outre, il supporte la pollution et la mauvaise terre. Plantez-le d’octobre à mars, enrichissez la terre en humus si besoin. Chaque printemps, apportez du compost en paillage car son enracinement est très superficiel. Un troène très intéressant est en vente sous le nom de Ligustrum obtusifolium ‘Massif’. Il est considéré comme un couvre-sol. Il ne pousse pas très haut. Pas plus d’1m. Son feuillage vert frais fait merveille pour couvrir les talus et créer des masses dans les plantations et les bordures. Une croissance rapide et ses rameaux retombants permettent d’empêcher l’établissement des mauvaises herbes.
 
La plante fleurit en blanc en juin et produit ensuite des petits fruits noirs qui restent longtemps en hiver. L’emplacement, soleil, mi-ombre, ombre est assez indifférent. La plante peut être taillée sans difficulté. Les hivers pas trop rigoureux, la plante garde son feuillage.
 
www.vanpeltnv.com
 
 
Ph.: MNC & MPV

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