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19/10/2014

Que nous raconte le bijou ?

la libre,momento,tendances,bijoux,création,wouters,hendrixKatrin Wouters et Karen Hendrix font des bijoux depuis 30 ans. Les deux créatrices issues de l’école d’Anvers ont, en leur temps, révolutionné le concept du bijou.
Ni plus seulement pacotille, ni plus seulement objet de tradition , un artefact perso. Qui raconte une histoire pour le porteur.

 

Que nous dit ce fameux “Précieux” – expression empruntée à Golum qui, dans “Le Seigneur des Anneaux”, était très très attaché à sa bague, rappelez-vous.
 
Rencontre en or: Aurore Vaucelle

Le bijou en or
 
L’or ne porte pas la même symbolique que l’argent. On remarque que les clients sont différents”, nous dit Karen Hendrix. “L’or, c’est l’éternité – d’ailleurs la collection or ne change pas chaque saison, on ajoute juste des pièces. Or et argent ne portent pas les mêmes choses. Souvent, les alliances sont en or. Et Dieu sait si les gens mettent des sentiments dans les bagues, et typiquement les alliances”, ajoute Katrin Wouters.
“Dans notre collection, l’or est aussi encore beaucoup associé au diamant : les femmes continuent à vouloir des solitaires. Beaucoup de gens veulent encore une bague classique. Et le diamant est une très belle pierre qui a ce rapport particulier à la lumière.”
Le problème, c’est le prix ! , ajoute malicieusement Karen H. Et aussi la singularité des pierres. Il est très difficile de trouver des diamants qui se ressemblent exactement. C’est pour cela que les boucles d’oreilles en diamants sont toujours plus chères, car il a fallu trouver deux pierres jumelles, apprend-on. Une bonne raison de justifier le prix des bijoux auprès de ses proches, tiens !
 
 
Un bijou porte-bonheur
 
À la question “Fabriquez-vous vos bijoux comme autant de porte-bonheur ?”, la brune Katrin W. répond : “Oui un peu comme un porte-bonheur, pour éviter le mauvais sort…
La blonde Karen H. ajoute d’un air entendu : “Bien sûr qu’on a envie d’être cette personne qui va faire un porte-bonheur… Mais c’est compliqué. Quel boulot !” C’est vrai qu’on ne décrète pas ce qui porte chance ou non. À moins de ne faire que des pendentifs trèfle à quatre feuilles et en forme de patte de lapin. Elles continuent en chœur : “En tout cas, le bijou demeure encore à notre époque un objet des moments heureux. C’est très symbolique… Surtout dans notre collection d’or.”
Allez hop, que nous dit-on sur l’or ? On le lit plus loin…
 
 
La valeur du bijou
 
Que mettez-vous dans un bijou que vous créez ?, leur demandons-nous. “Quand nous créons, on a toujours une histoire en tête. Mais ensuite, ce sont les clients qui achètent l’objet qui y mettent leur propre histoire…
Au début, on faisait des bijoux comme autant de pièces uniques, avec nos propres histoires à nous, mais, dans la réalité, c’est un peu compliqué de vivre en vendant des pièces uniques un peu importables. Alors est venue la notion de production, mais en petite série. Et dans les limites des conditions associées à cette production, on peut continuer à créer une collection dans laquelle on injectera des sentiments.”
Quid de la valeur du bijou ? Sa valeur marchande  ? “La notion de prix compte pour nous. C’est important que beaucoup de personnes puissent s’offrir ces bijoux.”Et, tiens alors, puisqu’on parle de valeur, le bijou est-il encore un moyen de montrer son statut social ? “Longtemps, on a montré sa richesse sociale avec la parure. Je crois que c’est moins le cas qu’avant. Maintenant, pour parler de son argent, on porte une montre à 35 000 euros. Un jour, quelqu’un m’a expliqué, raconte Katrin, qu’un homme ne peut pas prendre sa voiture avec lui tout le temps pour montrer son pouvoir.” La Ferrari, certes, doit rester dehors, on ne peut pas la prendre avec soi au resto.
 
 
Un bijou, une personne
 
Quand on regarde un bijou sur quelqu’un, on apprend bien des choses sur ce quelqu’un. En fait, c’est quelque chose de très intime, encore plus que le vêtement. Un bijou c’est pour la vie car, même si on ne le porte plus, on ne le jette jamais. À tes enfants, tu expliqueras pourquoi tu as reçu cet objet-là. D’ailleurs, si j’arrête de porter un bijou, ce sera lié à la personne qui l’a offert, pas parce que ce n’est plus la mode.” (Katrin Wouters)

Ça nous arrive de rencontrer les femmes qui vont porter nos bijoux. Est-ce qu’elles se ressemblent ? Non. Elles sont toutes différentes mais, presque chaque fois, pour une raison très personnelle, elles sont très attachées à ce qu’on fait, et très enthousiastes. D’ailleurs, certaines viennent avec des pièces pour réparation après 20 ans. Et on a beau leur dire que la réparation coûtera plus cher que la pièce elle-même, elles ne veulent rien entendre. Car sans ce bijou elles ne peuvent pas fonctionner.” (Karen Hendrix)
 
 
Ph.: Alexis Haulot

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