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27/10/2014

Il est temps de penser aux mûres 

la libre,momento,dehors,plantations,mûresAu rayon des fruits rouges, les mûres cousinent avec les framboises et font les beaux jours de l’été. C’est l’heure de les planter.

Plantations: Marie Pascale Vasseur et Marie Noëlle Cruysmans


OUI, LES PETITS FRUITS ont la cote. Toujours prêts à être grappillés, ils gardent une bonne place dans nos jardins… et nos assiettes. Loin de nous le roncier envahissant, la mûre sauvage ou mûron, Rubus fruticosus, hôte privilégiée des fossés et des haies, souvent décriée par des détracteurs piqués au vif par ses aiguillons rébarbatifs. Aujourd’hui, de bonne compagnie, la ronce cultivée, généralement sans épines, se tient bien sage au beau milieu des potagers et mixed-borders.
 
Pas un arbre !
Attention à la confusion. La mûre est, avant tout, le fruit d’une ronce mais aussi celui de l’arbre, le mûrier. Qu’il s’agisse du mûrier blanc, Morus alba, du mûrier rouge, Morus rubra, ou du mûrier noir, Morus nigra, elle se dissimule sous ses grandes feuilles. Des arbres à la forme joliment biscornue de 10 à 20 m de haut. Comme le précisent les auteurs de L’Encyclopédie du potager, Éditions Actes Sud, 2003, p 386 : “Le mot grec moron désigne, comme le français “mûre”, aussi bien le fruit du mûrier, que celui de la ronce, même s’ils n’ont aucune parenté botanique”. Mais ça, c’est une autre histoire.
 
Une framboise ?
À une certaine époque, on pouvait prétendre sans sourciller que les framboises étaient rouges et les mûres noires. Mais depuis quelque temps, les framboises revêtent aussi une robe jaune et les mûres une robe rouge. Pour les botanistes, la différence se trouve à l’intérieur du fruit. La mûre est formée de petites drupes soudées sur une “mèche”, le réceptacle, alors que la framboise s’en détache aisément à maturité.
 
Une ronce ?
Quelle idée saugrenue, nous direz-vous, d’installer une ronce au jardin ! Sachez qu’une ronce peut en cacher une autre. Il y a celle qui déchire, que rien n’arrête, mais il y a aussi celle qui fleurit délicatement telle Rubus spectabilis ‘Flore Pleno’, ou celle qui exhibe une magnifique écorce pruinée telle Rubus thibetanus ‘Silver Fern’, ou R. cockburnianus ‘Golden Vale’au feuillage doré. Il y a enfin, et surtout, celle qui nous intéresse aujourd’hui, appartenant à cette grande famille des Rosacées, qui porte des petits fruits savoureux rehaussant les salades de fruits, tartes, sorbets et confitures.
 
 
Comment l’entretenir ?
  
La ronce s’accommode de sols très variés du moment qu’ils soient frais. Elle est peu regardante sur leur qualité. Bien entendu, une belle production sera garantie si elle reçoit une bonne dose de compost à ses pieds. Bien que la plupart soient originaires de l’Ouest des États-Unis, ces ronces sont rustiques et acceptent même une exposition au Nord.
Très vigoureuses, leurs pousses peuvent dépasser 4 m en un an. Aussi, il est judicieux de les palisser contre un mur ou sur un support tel un grillage ou une tonnelle. N’hésitez pas à planter simplement deux piquets et à tendre des fils horizontalement à différentes hauteurs. Pour ne pas déborder, les pieds doivent être plantés à environ 2m.
 
Et la taille ? La taille rend plus productif. Sachez que, comme la framboise, la ronce a des pousses qui se développent à partir du printemps puis fructifient l’année suivante et meurent. Il faut donc supprimer, chaque année, en hiver, les rameaux ayant fructifié et bien disposer les pousses de l’année sur leur support. Pour empêcher le vieillissement de la plante, il ne faut jamais laisser plus de 8 à 10 pousses par touffe et il ne faut pas hésiter à couper les jeunes pousses qui paraissent trop faibles.
 
 
Made in USA
  
Les ronces domestiques issues de multiples croisements entre espèces et variétés sont d’origine américaine. Au fil du temps, obtenues par les plus grands sélectionneurs, elles ont abandonné leurs épines au profit de tiges pratiquement lisses et inermes. Améliorées par l’homme, leur productivité devient remarquable. Des fruits plus gros et une chair plus juteuse. De ronge foncé à grenat, parfois noirs, ils ont un arrière-goût de framboise dominé par une saveur agréable de mûre. Sachez que les fruits sont à maturité dès qu’ils commencent à ramollir, à des époques différentes selon la variété. Généralement dans le courant du mois d’août. Pour les choisir, tout est question de goût et de couleurs.
 
‘Loganberry’, une ronce vigoureuse portant de grosses “framboises” allongées d’une couleur variant du rouge au noir, à la chair très ferme. Née par hasard dans un jardin californien, elle est le croisement entre une ronce et une framboise. Certains cultivars ne portent pas d’épines.
‘Boysenberry’ est une ronce tardive sans épines issue du croisement entre une ‘Loganberry’et une mûre. Tolérante à la sécheresse, ses fruits rouge foncé à pourpre sont plus gros.
‘Tayberry’ est un hybride épineux de ronce et de framboisier d’origine écossaise. Hâtive, beaucoup la trouvent plus sweet que les précédentes.
‘Youngberry’ est une variété de mûre précoce aux fruits noirs bien brillants.
‘Thornless Evergreen’ , appelée aussi “mûre géante des jardins”, est une variété courante, vigoureuse, sans épines, tardive, à feuilles laciniées semi-persistantes.
‘Thornfree’ peut se révéler sensible au froid.
Rubus phoenicolasius est une ronce sauvage originaire du Japon facilement repérable à ses tiges rougeâtres. Elle ne doit pas être palissée et ne pique presque pas. Ses petits fruits rouge vif parfumés sont repérés dès le début du mois d’août.
 
Il y en a encore bien d’autres chez les spécialistes : ‘Silvanberry’, ’Hull Thornless’, ‘Loch Ness’, ‘Chester Thornless’ou ‘Navaho’.
 
 
Ph.: Reporters

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