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09/11/2014

Classiques ou libres, les bordures  ?

la libre,momento,dehors,jardin,bordures,idéesLes bordures, aussi esthétiques qu’utiles, donnent au jardin son petit air rangé. Surtout en hiver. Une pratique ancestrale à redécouvrir.
 
Travaux jardiniers: Marie Pascale Vasseur et Marie Noëlle Cruysmans


LISERÉ, GANSE, CORDON, feston ou bordure, voici de quoi délimiter une partie du jardin. Déjà au Moyen Âge, les jardins d’abbaye étaient encadrés d’un alignement de plantes officinales et condimentaires. L’art des bordures est un grand classique. Pour organiser, séparer, retenir la terre et marquer les chemins. Tout est bon. Des pierres, des briques, du métal, des fascines de bois mais aussi des végétaux comme le gazon ou le buis, la référence en la matière, surtout dans les jardins à la française du XVIIe siècle. Les parterres de broderie initiés par André le Nôtre étaient un must pour tous ceux qui prétendaient détenir le bon goût. D’élégants entrelacs de buis se détachaient d’un fond minéral coloré selon des motifs végétaux et floraux, rinceaux, arabesques, fleurons, rosettes, larmes ou gouttes. Les knot gardens ou jardins de nœuds reprennent l’idée. Les jardins de curé et les potagers de Grand-maman perpétuent la tradition d’encadrer les massifs de buis.
 
Au-delà du côté artistique, la bordure structure le jardin. Manucurée et bien taillée, elle accentue les lignes, un faire-valoir pour tout ce qui pousse derrière. Des plantes complaisantes, vagabondes, désinvoltes ou échevelées. Pas toujours au faîte de leur gloire, surtout en hiver, lorsqu’elles perdent tiges, feuilles et fleurs laissant un sol nu ou encombré de débris végétaux bien cachés à l’abri de la bordure. La composition tient la route. Un soupçon de rigueur au pays de la liberté.
 
Version classique
Les fidèles parmi les fidèles continuent à planter le buis. Surtout les amateurs de massifs tirés à quatre épingles. Il est vrai qu’il a beaucoup de qualités. Extrêmement robuste, d’une grande longévité, son feuillage persistant n’est pas altéré par les saisons. Buxus sempervirens ‘Suffruticosa’, la variété la plus utilisée pour les bordures fines de 30 cm de haut, reste très compacte. Le buis a quand même un gros défaut: depuis une dizaine d’années, il peut être attaqué par une maladie qui finit souvent par l’anéantir… et le jardinier en prime.
 
Pour l’éviter ou simplement pour innover, pensez au petit chèvrefeuille arbustif au feuillage persistant du genre Lonicera nitida ou pileata. Il plaît au genre pressé. Mais attention, il faudra fourbir le taille-haie trois à quatre fois par an pour contenir sa vigueur. En effet, il pousse beaucoup plus rapidement que le buis. Quelques variétés conviennent parfaitement. L. nitida ‘Maigrün’ à l’adorable feuille vert frais minuscule, ‘Baggesen’s Gold’ jaune or, ou ‘Red Tips’ aux jeunes pousses pourpre brillant. Sans oublier ‘Twiggy’, doré, aux feuilles juvéniles pourprées. Quant au L. pileata au port plus étalé, notez notamment le couvre-sol ‘Moss Green’, un cultivar idéal.
 
Euonymus japonicus ‘Microphyllus’, un fusain à croissance lente aux différentes variétés marginées de jaune ou de blanc, est aussi, à l’abri des vents froids, une bonne alternative. L’Ilex crenata, autre recrue intéressante, ne ressemble pas vraiment au houx commun mais plutôt au buis. Encore lui. La variété ‘Blondie’ exhibe un feuillage vert clair et des jeunes pousses jaunâtres, alors que ‘Golden Gem’ est une belle forme dorée.
 
Version libre
Il fut un temps où les allées des jardins étaient bordées soit d’oreilles d’ours, les Stachys, au feuillage persistant, duveteux et gris, soit d’œillets mignardises, aux fleurs estivales délicatement parfumées. Ou de charmants désespoirs du peintre, les petits saxifrages, de corbeilles d’or alias Alyssum saxatile, d’aubriètes et d’ibéris. Aujourd’hui, pas facile de les dénicher. Sans doute définitivement désuets. D’autres plantes vivaces furieusement tendance prennent le relais. Question de goût et de mode. À commencer par le craquant manteau de Notre-Dame, l’alchémille vaporeuse, Alchemilla mollis, aux fleurs jaune chartreuse, ou le Nepeta aux nuages de fleurs bleu céleste décliné dans ses variétés ‘Six Hills Giant’ ou racemosa ‘Walkers’s Low’, plus compact.
 
Un feuillage gris bleuté, celui de Ruta graveolens, la rue aux fleurs jaune moutarde autrefois cultivée comme plante médicinale, forme de jolis coussinets. La Calamintha nepeta, au feuillage léger et aromatique, est souvent oubliée. Bien entendu, elle n’est pas persistante mais cette plante vivace bien rustique, mellifère et odorante, est au mieux de sa forme en été lorsque ses fleurettes mauves ou roses s’épanouissent. La petite campanule des murailles, prostrée, s’étale quant à elle en de superbes guirlandes bleues étoilées.

Au rayon des graminées, quelques persistantes rafraîchissent les compositions. Notamment sous le soleil, la fétuque au feuillage bleuté, Festuca glauca, ou le Stipa tenuissima aux cheveux d’ange, et quelques espèces de Carex pour ombre et mi-ombre.

 

Au potager
C’est l’habitude au potager de border les rangs de légumes par des plantes officinales ou aromatiques. Persil et ciboulette viennent d’abord à l’esprit, incontournables en cuisine. La lavande donne le meilleur d’elle-même en plein soleil dans des sols même très pauvres. Surtout les variétés les plus trapues comme L. angustifolia ‘Nana Compacta’, ‘Hidcote Blue’ ou ‘Munstead’. Dans la même veine, la santoline est réputée pour la finesse de son feuillage et sa floraison jaune. Sans oublier le romarin. Pour les gourmands, une bordure de fraisiers. Et pour éviter qu’elle se dévergonde et qu’elle sorte de sa ligne, choisissez des fraisiers qui ne produisent pas de stolons.

 
 
À l’ombre
Il est faux de croire que rien ne pousse à l’ombre. Sortez des chemins battus. Avec un peu d’imagination, vous ne saurez que choisir. Voici quelques exemples. En commençant par la tribu des “3 t” : Tiarella, Tellima et Tolmiea aux inflorescences légères et aux feuillages délicats et variés généralement persistants. Puis par la nombreuse famille des Epimedium au feuillage semi-persistant, et celle des Hosta pour qui n’a même pas peur des limaces et autres gastéropodes. Il y a, au ras du sol, les petits Ajuga reptans, les bugles rampants aux courts épis de fleurs bleues et au feuillage persistant et plus hauts, les Bergenia aux feuilles larges et coriaces à l’aise dans toutes les situations. Pour une touche d’originalité, choisissez les astilbes naines aux gracieux plumets ébouriffés ou les Liriope aux épis bleus. L’Ophiopogon leur ressemble, la floraison en moins. Sachez que la version noire, O. planiscapus ‘Nigrescens’, n’est pas la seule sur terre. Il y en a bien d’autres, verts, au feuillage persistant dont quelques-uns très compacts presque gazonnants. Le Berberis à feuille de buis, Berberis buxifolia ‘Nana’, au port naturel bien ramassé est parfaitement rustique. À cause de ses petites épines, on l’utilise peu. Un petit clin d’œil au lierre. Il ne se défend pas si mal. Régulièrement contenu par des tailles successives, il festonne les allées à l’ombre dense.
 
 
Ph.: MNC & MPV

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