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09/11/2014

Goa, entre hippies, touristes russes et musique Trance

la libre,momento,escapade,inde,goaÀ l’Ouest de l’Eden indien, s’esquisse une étendue verdoyante léchée par des plages interminables où se croisent des profils diamétralement opposés. Une excursion anthropologique et psychédélique.

Découverte: Pierre Vangrootloon


VOUS VENEZ DE DELHI ? Ici, c’est plus tranquille comparé à d’autres endroits du pays. On a sans doute hérité ça des Portugais : on aime flâner, le farniente…”, sourit Mahaveer, le chauffeur de taxi qui nous embarque à la sortie de l’aéroport de Vasco De Gama. En effet, cette quiétude qui nous imprègne détonne avec l’effervescence de la Capitale. Et du reste, l’Inde en général : ce bout de terre constitue la province la plus petite du pays et, dans le même temps, la plus prospère grâce au tourisme.
Pendant plus de quatre siècles, l’État de Goa fit partie des colonies portugaises et il ne retrouva son identité indienne qu’en 1961. Si l’enclave a hérité de la nonchalance de ses colons, elle a aussi conservé de jolis stigmates de son passé. Il suffit de faire un tour dans Old Goa pour s’en convaincre : la superbe basilique du Bon Jésus ou la gracieuse cathédrale Sainte-Catherine rappellent le patrimoine religieux légué par les Lusitaniens.
 
Sur la route des Indes
Après s’être fait bercer par la beauté historique de la vieille Goa, inscrite au patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco, on a tôt fait de se convaincre que le coin n’est pas si calme  : en effet, après avoir loué une Royal Enfield (marque de moto indienne au bruit inimitable) pour 12 € la journée, nous faisons l’expérience du trafic en Inde.
 
Attention, c’est la folie !”, nous glisse un Anglais au moment de démarrer l’engin. À n’en pas douter, le directeur de l’IBSR ferait un malaise en constatant que personne ou presque ne porte de casque et que les dépassements se font à quatre de front, tout cela dans un concert infernal de klaxons.
 
 
Contrairement aux mégapoles embouteillées ou à d’autres régions désertes de l’Inde, ici, on se croit sur un circuit. C’est dangereux certes, mais plus riche en adrénaline qu’un tour en auto-tamponneuse.
Pour s’apaiser, rien de tel que de se dégourdir les jambes. La végétation luxuriante fourmille à Goa et la région regorge de trésors naturels, tels que les cascades de Dudhsagar au Nord ou les majestueuses rizières qui émaillent la région. N’en déplaise aux adeptes de la chaise longue, des randonnées coriaces sont envisageables à travers la forêt vierge et, pour les plus casse-cou, il est possible de s’essayer au parapente du côté de Vagator.
 
Une fois la nuit tombée, le Night Bazaar d’Arpora, où gravitent les “baba cool” et autres amateurs de contrefaçons, s’anime. Un rassemblement qui illustre aussi le fait que Goa est devenu une cible privilégiée pour le tourisme de masse.
 
Vamos a la playa
Avec un littoral de 120 km, ce sont les plages qui ont fait sa renommée. Si bien que pendant la haute saison (novembre à mars), c’est plus d’un million de touristes indiens (provenant des classes supérieures) et étrangers qui viennent se baigner dans la mer d’Oman.
 
Et la côte révèle de merveilleux paradoxes : les nouveaux riches provenant essentiellement de Russie, parés de gourmettes en or, croisent les vaches sacrées qui se prélassant entre deux cahutes ou encore des hippies profitant du coucher de soleil.
 
Le banyan tree, c’est l’endroit à ne pas manquer”, s’exclame une touriste française croisée dans un bar de Baga Beach. Situé tout au Nord, après l’ultime et magique plage d’Arambol, il faut marcher dans la forêt pour enfin le découvrir, ce fameux arbre. À ses pieds, un vieux sage fume le calumet de la paix entouré de jeunes freaks. Le paradis perdu des hippies semble y avoir miraculeusement survécu.
 
 
L’Ibiza indien
 
Une fois le soleil couché et les familles parties, les plages de Goa se transforment en immenses pistes de danse où résonne la Goa Trance, et toutes sortes de déclinaisons électroniques. Des DJ renommés viennent y jouer. Rappelons que la Full Moon Party (désormais très populaire en Thaïlande) est née sur les plages de Goa à la fin des années 80. Beaucoup de jeunes viennent participer à ces fêtes gigantesques où tout semble être permis : au bar, on peut se faire servir du lassi au cannabis (sorte de milkshake) et, sur la plage, des vieilles dames et des enfants distribuent des verres de whisky coca au rythme des basses. C’est aussi ça, Goa.
 
Hippie Hip hourra !
Si pour le touriste lambda, Goa s’inscrit comme une escale “bronzage”, certains beatniks en ont fait leur résidence principale. Historiquement déjà, avec Katmandou ou Kaboul, Goa constituait une des Mecque des hippies, en Orient, dans les années 60 et 70.
Ceux-ci étaient venus s’y installer pour fuir le mode de vie consumériste occidental et les valeurs traditionnelles. À Goa, si l’on croise encore des papys de cette première vague, les enfants de cette génération et de nouveaux aficionados du flower power se sont calqués dans le prolongement de ce mouvement.
 
 
Ph.: Reporters

11:00 Publié dans Escapade | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la libre, momento, escapade, inde, goa | |

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