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15/11/2014

Famille, je vous (h)aime

la libre,momento,derrière l'écran,série,belge,esprits de familleÀ la frontière entre “Modern Family” et “Fais pas ci, fais pas ça”, “Esprits de famille” explore les nouvelles tribus. Un projet en 10 épisodes soutenu par le Fonds des séries belges qui ouvre une nouvelle ère. La une, dimanche, 20h55.

Entretien: Karin Tshidimba


J’AI COMMENCÉ à réfléchir à ‘Esprits de famille’ il y a deux, trois ans, lorsqu’on a senti qu’on ne poursuivrait pas l’aventure ‘Melting Pot café’ 
(3 saisons, série lancée en 2007)
. J’avais envie à la fois d’une comédie familiale dans laquelle les gens peuvent se retrouver et, en même temps, d’une petite touche de fantastique comme dans les grandes comédies fantastiques que j’admire au cinéma façon ‘Un jour sans fin’.” Un filon que le scénariste Jean-Luc Goossens avait déjà exploité en télévision avec la comédie “Si j’étais elle” portée par Hélène de Fougerolles, Thierry Lhermitte et Hippolyte Girardot.
 
“J’ai pensé à cette idée des enfants qui, à un moment, en ont tellement marre de leurs parents qu’ils souhaitent en être débarrassés et puis, les parents ont un accident. Dans la première version, les parents mouraient et revenaient sous forme d’esprits, de fantômes. Et puis, en y réfléchissant, je me suis dit que ce n’était pas plus mal qu’ils soient dans le coma car le principe est le même : ils pourraient leur pourrir la vie et intervenir encore plus qu’avant. Et en plus, cela poserait la question essentielle de la vie : que va-t-on faire ? Est-ce qu’on va les débrancher ? Ce qui inclurait une tension supplémentaire au fil de la saison.” 
 
À travers ses 12 personnages, Jean-Luc Goossens explore tous les âges de la vie avec leurs déboires et leurs réussites : professionnelles, personnelles… Les grandes questions aussi : la vie, l’amour, la maladie, la mort, l’épanouissement, la reconversion, les enfants, la crise de la quarantaine… Sans oublier le handicap puisque François, le patriarche, est aveugle. Le ton est cependant à l’humour bon enfant, tendance franche rigolade, qui se joue des tabous.
 
La comédie est la marque de fabrique de Jean-Luc Goossens. On a pu le voir à travers “Melting Pot café” ou la série des “Je hais (les enfants, les parents, les vacances)”. Le tandem Catherine Burniaux, productrice, Jean-Luc Goossens, scénariste, est d’ailleurs une affaire qui roule depuis plus de dix ans maintenant avec nombre de fictions et de séries nées de cette fructueuse association.
 
“J’ai commencé à écrire la série seul : la bible des personnages et les six premiers épisodes. À partir du 7e épisode, on a partagé le travail avec une équipe de quatre jeunes scénaristes. Les synopsis étaient déjà écrits mais ensuite, on a travaillé en atelier, chacun prenant en charge le découpage d’un épisode avec regards croisés des autres. Ce qui a enrichi le travail de chacun et permis de pousser les choses plus loin.” Jean-Luc Goossens restant en charge des dialogues.
 
“Sur la saison 2 déjà en écriture, j’ai écrit les grandes lignes (les arches de chaque personnage) et on va continuer à travailler à trois. J’ai resserré l’équipe pour gagner en efficacité. Si les audiences des deux, trois premiers épisodes sont bonnes et qu’on reçoit le feu vert de la RTBF, le tournage pourrait démarrer en mars prochain. Le temps de boucler le financement.”

Pour cette première saison, outre le Fonds des séries belges et le tax shelter, le projet bénéficie d’un petit apport en capital français. Sa “belgian touch” – qui s’affiche jusque dans le générique avec la musique de Noa Moon – a en effet déjà permis de séduire la chaîne HD1 (groupe TF1).

 
 
La nouvelle vague des séries belges
 
40 soirées. Dimanche soir, la RTBF entre dans une nouvelle ère. Celle des 40 soirées de fiction belge par an qu’elle entend proposer grâce au Fonds mis en place avec le soutien de la Fédération Wallonie Bruxelles (du moins, elle l’espère). Elle ouvre le bal avec le 1er des 10 épisodes d’Esprits de famille, une comédie qui bouscule les codes familiaux.
 
60 jours. À la manœuvre, on retrouve des habitués de la tour Reyers : Jean-Luc Goossens au scénario, Catherine Burniaux (Stromboli Pictures) à la production et Jean-Marc Vervoort, aidé de Fabrice Couchard, à la réalisation. 60 jours de tournage ont été nécessaires pour mettre en boîte cette ode aux familles “décomposées”, aux parents envahissants et aux ados survoltés. Un scénario au ton résolument décalé qui fleure bon le “surréalisme belge”, affirme 
sa productrice.
 
99,9 % belge. La série a été tournée à Bruxelles et dans le Brabant wallon: Nivelles, Rixensart… Le casting puise dans les trésors de la scène belge (de nombreux comédiens n’avaient jamais fait de télévision) et n’a passé la frontière qu’à deux reprises vers 
la Flandre, puis la France. Pour trouver en Ronnie Commissaris le papy gâteau idéal, aveugle mais pas trop… et en David Baïot (“Plus belle la vie”), le petit chouchou, l’enfant adopté qui fait la joie sans bornes de ses parents omniprésents.

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