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15/11/2014

Je suis!

la libre,momento,autoportrait,stéphane de groodtStéphane De Groodt est un comédien, humoriste et réalisateur belge. Il a également été pilote de course professionnel durant une quinzaine d’années.


STÉPHANE DE GROODT EN 6 DATES

Novembre 2005 et 2007: la naissance de mes filles. C’est peut-être bateau comme réponse, c’est même un énorme bateau, mais c’est pour moi un fameux navire paré pour la traversée...
 
Avril 2004 : mon mariage. Deuxième bateau... J’en ai une flotte entière ! J’ai mis du temps à rencontrer la femme avec laquelle j’avais envie de marcher sur ce long chemin. Idylle avec Odile. C’est un beau voyage, c’est une belle histoire…
 
Août 1995: on vire les bateaux pour les voitures… Ma première course en F3000. Le jour où je me suis glissé dans cette “fusée”, j’ai compris pourquoi j’avais eu envie d’être pilote de course. Dans cet esprit aussi, ma première victoire. Me retrouver soulevant ma coupe sur la plus haute marche du podium, j’avais l’impression d’être le roi du monde. Tout ça pour une coupe…
 
Juin 1986: premier lever de rideau au théâtre. Un sentiment d’excitation indescriptible. Un saut dans le vide, en apnée-gation... Je devenais comédien. Du moins, je tentais de le devenir au fil des représentations… D’abord en amateur avec mes potes des “Doux Dingues”: Michel de Launoit, Manu Thoreau, Odile Matthieu, Cédric et Axelle de San… Ensuite de manière professionnelle grâce à Ivan Goldschmidt, Alain Leempoel, Marie-Paule Kumps, Pascal Racan,…
 
Septembre 2001 : premier rôle au cinéma. Un rêve d’enfant qui se réalise. Faire du cinoche, avec un vrai réalisateur, un preneur de son, des acteurs, un scénario, des “moteur”, “action”, “coupez” ! C’est Francis Girod qui m’a donné cette chance dans “Mauvais Genre”.
 
Octobre 2013: la sortie de mon premier livre “Voyages en Absurdie”. Écrire est une chose, être édité en est une autre, de surcroît par une belle maison d’édition comme Plon. N’ayant fait aucune étude, le succès de ce livre est pour moi comme un diplôme jamais obtenu… La cerise fut le prix Raymond Devos reçu des mains de la ministre de la Culture Aurélie Filipetti.
 
 
UN ÉVÉNEMENT DE MA VIE
 
Mais la vie est déjà un événement, qui me marque tous les jours !…
Ce qui a certainement été une étape décisive dans ma carrière, c’est mon arrivée sur Canal + il y a deux ans. Une succession de petites choses qui, à la fin, ont produit une chose énôôôrme…
Camille Chamoux, une amie comédienne, parle de moi à Christelle Graillot, tête chercheuse sur Canal, qui parle de moi à Céline Pigalle, rédac chef de la Matinale, qui m’engage. Ensuite, Ronand Autret, un des boss de Canal, parle de moi à Laurent Bon, producteur du Supplément, qui m’engage aux côtés de Maïtena. Et ensuite, la suite…
Cette aventure a été un accéléromètre fulgurant. J’étais loin d’imaginer qu’avec une chronique hebdomadaire, assortie d’un succès littéraire, je puisse passer d’un monde à l’autre, changer radicalement de statut.
Il me revient la phrase d’un producteur qui disait que l’on met dix ans à réussir du jour au lendemain… C’est précisément ce qui m’est arrivé.
Un peu comme un iceberg, on n’imagine pas la masse de travail et d’expérience, immergée, qu’il faut accumuler pour pouvoir un jour émerger, riche de ses acquis.
Grâce à ces deux années, je suis aujourd’hui plus libre, plus serein, “je suis” tout simplement…
 
 
UNE PHRASE
 
"Deviens ce que tu es", Nietzsche
J'y suis depuis peu...
 
 
TROIS LIVRES
 
“Dans les Forêts de Sibérie”, de Sylvain Tesson
Un voyage initiatique sur les rives du lac Baïkal. D’une poésie rare, l’auteur y livre son expérience de vie dans une cabane de fortune où il passa six mois, à lire, boire, vivre tout simplement… et essayer d’être heureux. Sa question fuse; et si la liberté consistait à posséder le temps ? En refermant ce livre, je me suis conforté à l’idée qu’il était temps de ne jamais le perdre à égarer sa liberté. 
 
“L’enfant”, de Jules Valès
Mon premier livre imposé par l’école. Ce livre a failli me dégoûter à jamais de la lecture. C’est noir, c’est déprimant, c’est lent, pour faire court, c’est hyper gonflant. J’ai eu de la chance de le détester à ce point car ensuite toute prose ne fut que bonheur…
  
“L’art presque perdu de ne rien faire”, de Dany Laferrière
Du premier livre lu je passe au dernier. C’est l’exact opposé de l’exemple précédent. Voilà un auteur avec qui j’ai eu la grande chance de passer quelques jours alors que nous étions tous deux dans le jury du Festival du film d’Angoulême. Il y a de ces rencontres qui vous permettent d’aller à votre propre rencontre… Son livre, son œuvre est à l’image de l’homme, pétri de poésie, de philosophie subtile. L’auteur observe la vie, le monde, lui, nous, avec une intelligence désarmante et une finesse d’écriture absolument savoureuse. J’aimerais parler comme il écrit, écrire comme il pense. Voilà un académicien pas très académique…
 
 
TROIS FILMS
 
“Midnight Express”, d’Alan Parker
C’est probablement le premier film digne de ce nom qui m’a fait aimer le cinéma. Porté par un scénario d’Oliver Stone, une réalisation d’Alan Parker, sublimé par cette musique inoubliable de Giorgio Moroder et une interprétation formidable de Brad Davis, j’avais l’impression que c’est moi qui allais passer 30 ans dans une prison d’Istanbul. 
 
“Rabbi Jacob”, de Gérard Oury
Dans un tout autre genre… les “Aventures de Rabbi Jacob” furent aussi pour moi une aventure car c’est la première fois que j’allais au cinéma, emmené par ma mamaaaan. À l’époque, hyper fan de de Funès, je découvrais cet acteur sur grand écran après avoir vu tous ses films à la télévision. Autant de films qui étaient pour moi un apprentissage à la comédie car c’est en le voyant faire, en observant les rires en cascade qu’il provoquait que j’ai eu envie d’emprunter ce même registre. Faire rire, sans coups, et inversement…
 
“La Nuit américaine”, de François Truffaut
Je pourrais vous parler des Monthy Python, de Jacques Tati, de Tarantino, et de bien d’autres metteurs en scène qui me sensibilisent, mais on y passerait la nuit, alors justement, parlons de “La Nuit américaine” de François Truffaut... Mais pourquoi donc  ? Voilà un film considéré peut-être comme un chef-d’œuvre, un classique du cinéma. Eh bien je ne comprends pas, je suis passé complètement à côté. De mon chef, je suis passé hors l’œuvre. Je le cite car les postures me fatiguent, on crie au génie, comme pour Godard. Les chiens aux abois et la caravane lasse. Pareil, ça ne veut rien dire… Il y a une marge entre faire du cinéma et faire son cinéma.
 
 
UNE DATE
 
L'an 2000
Le monde ne le sait pas, mais c’est l’année où j’ai rencontré ma femme…
C’est aussi une date qui représentait l’entrée dans un nouveau millénaire, avec toutes les perspectives, les fantasmes et les projections les plus folles que l’on nourrissait.
Et puis voilà, les martiens n’ont pas débarqué, hibernatus n’est pas revenu, mon père est mort et la faim dans le monde a pris le pas sur la fin du monde prédite par les Mayas.
 
 
Ph.: François Berthier

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