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17/11/2014

Le “Doolboskasteel”, petite perle ostendaise

la libre,momento,vie de château,ostende,doolboskasteel,ichtegemLa campagne située près de la ville préférée de la reine Louise-Marie d’Orléans fourmillait de jolies propriétés. Sur Ichtegem, le “Doolbos” se laisse regarder sans peine.

Philippe Farcy


À QUELQUES KILOMÈTRES des châteaux de Wijnendael et d’Artrycke (van Caloen), en allant vers Ghistelle et donc la mer, se trouve cette charmante bâtisse d’allure baroque flamande inscrite dans un parc boisé piqué d’un étang. Le domaine compte quatre éléments bâtis très proches les uns des autres, avec, alors, les missions habituelles des annexes, comme écuries et garages, maison de gardiens ou de palefreniers.
 
Eernegem était la maison de campagne de Jean-Baptiste Serruys, avocat à Ostende et homme politique relativement célèbre; il acheta le lot vers 1789. Il s’agit d’un bien d’abbaye car nous sommes sur les domaines de l’ancienne communauté d’Oudenbourg. Et d’après le site du patrimoine flamand, le territoire de ce qui fut alors considéré comme une maison de plaisance avait été confisqué. Les Serruys en étaient toujours propriétaires comme le signale le plus ancien plan cadastral du pays, dressé vers 1835, et il s’agissait déjà de la deuxième génération. La troisième fut celle d’Augustin Serruys, marié à Mlle Carbon, comme l’indique le plan cadastral de 1878. Augustin Serruys agrandira la demeure principale en 1847 et encore une fois en 1859, quand il fera ériger la tour de droite, ici visible depuis la route menant à Artrijcke. En 1879, Augustin Serruys ou ses héritiers vendront le domaine à Auguste Carbon, marié à Mlle David. Mais Auguste n’en profitera pas longtemps car il était mort déjà en 1886 quand de nouveaux travaux d’agrandissement furent entrepris au sud de la demeure principale, par sa veuve et leurs enfants.
 
Il y eut encore un passage de témoin à une date indéterminée car Stefanie Gilté et Pol Vanneste signalent qu’en 1891 une serre et une orangerie furent édifiées par le couple Charles-Léon Wodon (avocat à Bruges) et Léonie Breydel, mariés à Bruges en 1863. À la mort de Charles-Léon, Léonie vivra ici avec son fils Albert, lequel ne laissa point de descendance.
 
Il y avait alors une serre près de la chaussée, sans oublier une petite chapelle datant des années 1925-1930. Une sorte de grange fut par ailleurs abattue sur leur requête. Enfin, pour ce qui concerne l’architecture encore, notons que dans les années trente, un élargissement ou un allongement du château a été effectué. C’est sans doute à cette époque que fut créée la dernière travée orientale assortie de pignons crénelés; au coin sud prend place une petite galerie ouverte et couverte. Un bow-window a été installé vers le Sud. Une carte postale (estampée D. Hendrix à Anvers), figurant sur le site du cercle historique d’Eerneghem, prise au début du siècle passé, montre bien que voici cent et dix ans, la demeure principale ne comptait que cinq travées. La tour était le centre de l’édifice et elle était déjà ceinturée par deux toitures en avancée et en demi-pavillon, posée sur la bâtière longitudinale.
 
Cette demeure composite et de belle apparence a été érigée en briques et en pierre bleue pour les décors habituels qui ornent les baies et les angles des façades comme de la tour carrée engagée de trois niveaux sous un étage en encorbellement, sommé de son pittoresque toit en poivrière à huit pans et quatre lucarnes. Avec l’ensemble des ajouts, la façade à rue aligne pas moins de douze travées sur deux niveaux. Le site Internet du patrimoine architectural flamand permet de voir une dizaine de photos de cette maison. Tout ceci a un charme fou, est très bien tenu et se voit en partie de la chaussée.
 
Eerneghem comptait jadis trois autres châteaux, à savoir le château de Moerbeek sur la chaussée d’Ostende et celui de s’Gravendriessche, à la famille Debucq; sans doute ont-ils disparu. Il reste en tout cas celui dit “de Bourgogne” qui est plus une villa qu’un vrai château. 
On ne visite pas.
 
Ph.: Ph. Fy.

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