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24/11/2014

Aux manettes, citoyens  !

La Libre, Momento, Pixels, Assassin's Creed, révolution françaiseAprès les croisades, la renaissance ou la révolution américaine, “Assassin’s Creed”se frotte au Paris des sans-culottes, fin du XVIIIe. Révolutionnaire ?

A. Ca.


IL Y EUT ALTAÏR, L’ASSASSIN alpha, version croisades. Il y eut ensuite la tchatche d’Ezio Auditore, période Renaissance italienne, avec, notamment, une crépusculaire Venise pour toile de fond. Il y eut, plus tard, Connor Kenway, du critiqué “Assassin’s Creed 3”, qui, en pleine Révolution américaine, arpentait tant les villes de Boston ou New York que la forêt. Il y eut enfin le grand-père de Connor, Edward, au gouvernail de galions pirates dans “Assassin’s Creed Black Flag”, en 2013.
Et il y a, depuis peu dans les bacs, Arno Victor Dorian, vrai faux héros au cœur d’une époque charnière pour la France : la révolution de 1789.
 
Au-delà de ces considérations historiques, alléchantes, “Assassin’s Creed Unity”(AC5, en fait), c’est aussi le premier véritable opus de la saga d’Ubisoft à avoir été pensé pour la next-gen PS4-Xbox One.
Dans l’éternel conflit guilde des assassins vs templiers, l’heure est à l’unité. L’unité pour faire tomber la monarchie, de Louis XVI. Dans un Paris sale, qui brûle, un Paris qui guillotine, mais aussi un Paris mirifique, qui peut s’élever, à condition de prendre de la hauteur.
 
C’est notre point principal de satisfaction : “Assassin’s Creed Unity” est sublime. Pas techniquement : le jeu est, une fois encore, truffé de bugs d’affichage et de collisions, et affiche un framerate qui a du mal à tenir le 30 images/seconde. Non, sublime, artistiquement parlant : cette représentation de Paris est remarquable. De ses ruelles à ses catacombes en passant par le faste de Versailles. Sans être d’une fidélité à toute épreuve, les équipes d’Ubi ont rendu une cartographie reconnaissable de la ville-lumière. Il fallut 5 000 heures pour modéliser Notre-Dame. Ce ne sont pas 5 000 heures de perdues…
 
Après, il est regrettable que le reste ne suive pas toujours. Entendons-nous : “Assassin’s Creed Unity” assume à la perfection sa mention de jeu pop-corn. Mais Ubisoft a, une fois encore, porté des défauts reprochés à moult reprises sur les opus précédents. Comme l’IA mononeuronale des gardes, qui devient honteuse en 2014. Quelques changements, comme dans la manière de contrôler Arno en free-running, marque de fabrique des AC, sont aussi délicats. Un free-run toujours aussi couloirisé, par ailleurs… Idem pour les missions, victimes de la même sempiternelle répétitivité : clochers, cocardes sous les toits, jusqu’à l’assassinat d’une cible. Et la boucle de se répéter. Heureusement que les combats sont un peu plus ardus…
 
Le scénario, s’il n’est pas honteux (quoique, Napoléon et le marquis de Sade sont quand même très caricaturaux), souffre de hauts et de bas, et d’une trame convenue. Notons l’apparition d’un mode coop (avec la possibilité d’effectuer des missions à quatre), sympathique.
  
En somme : un cadre (Paris) magnifiquement rendu, une réalisation qui eût mérité quelques semaines de peaufinage, la persistance de défauts historiques de la série (après 3 épisodes ça passe, au cinquième, on est moins indulgents…), un gameplay efficace mais toujours améliorable : Unity est un bon “Assassin’s Creed”, fidèle à la ligne de conduite de la série. Il ne mérite pas l’ire (ridicule !) de Mélenchon, mais il n’est pas révolutionnaire. Il est en fait atteint de parisianisme : il est bon, mais moins bon que ce qu’il prétend, et que ce qu’il a montré dans ses trailers à vous déboîter la mâchoire…
 
 
Ph.: Ubisoft

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