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24/11/2014

Planckendael, le jardin d’Eden malinois

la libre,momento,vie de château,malines,planckendaelLa banlieue de Malines regorge de domaines de toutes tailles.
Celui de Planckendael, sur la N26, est le plus visité de la région. C’est une dépendance du zoo d’Anvers.

Philippe Farcy


SUR LA CHAUSSÉE DE LOUVAIN, en allant vers Malines, les petits villages comptant églises et vieilles maisons ne manquent pas. Les châteaux non plus d’ailleurs. Un autre moyen d’accéder à la zone est de prendre la sortie de Zemst sur la E19. De là, on entre presque directement dans le vif des sujets relevés ce jour, soit deux domaines situés sur l’entité de Malines, au sein de la commune de Muizen. Nous sommes à côté du domaine sportif de Hofstade, qui appartient au Bloso, l’égal flamand de l’Adeps. Ce site remarquable des années 1930 (en partie abandonné depuis le début des années 90) possède deux lacs et des plages.
 
Planckendael, sur Muizen, avec ses 39 ha, touche presque ce domaine sportif et en complète le dispositif paysager, piqué par ici de nombreux canaux et ruisseaux comme en Zélande. Nous sommes dans la “vallée” du petit Barbeeck. Les larges enclos abritent des animaux exotiques de tous poils et plumes. À l’entrée de ce zoo-bis installé en 1956 et ouvert en mars 1960, il y a un petit château d’époque Louis XV, remodelé au fil des années pour des questions de modernité, mais dont l’apparence extérieure est toujours avenante. La demeure de plan massé compte cinq travées sur ses façades principales et quatre sur les flancs latéraux. L’édifice monte sur deux niveaux égaux, posé sur un soubassement de faible amplitude, aveugle et décoré de plaques en pierre bleue. Le château est construit en brique. Le calcaire vient décorer les éléments habituels des baies (certaines possèdent leurs volets ajourés), du bandeau qui n’est pas larmier, et des contours des portes axiales, bien sculptés de motifs Louis XV. La toiture d’ardoises en pavillon et à croupes est sommée d’une crête de plomb. Elle reçoit deux cheminées qui servent de gîtes à des cigognes. Puis on y voit deux frontons triangulaires, à œil-de-bœuf. Quatre lucarnes complètent le décor. Les entrées de la maison sont précédées par des terrasses de style Louis XV ajoutées au début du siècle passé, semble-t-il.
 
On ne peut faire plus simple. L’histoire n’est guère plus complexe et elle commence sympathiquement avec la présence sur ce site du peintre Michel Coxcie (1499-1592), célébré l’an passé au Musée M de Louvain. Coxcie, dit le “Raphaël du Nord” pour son sens esthétique, son classicisme et l’élégance de ses personnages aux attitudes maniéristes, a possédé Planckendael dans la seconde moitié du XVIe siècle. Les Coxcie garderont les lieux jusqu’à la fin du XVIIe siècle puis le domaine passa au couple du Bois-de Fiennes qui va le garder jusqu’au troisième quart du XVIIIe siècle. Vers 1780, le bien fut cédé à Henri Moons qui érigea cette maison en la protégeant par des jeux de circuits d’eau et d’étangs. À partir de 1813, ce fut le tour des Van Langendonck, qui ont construit les dépendances et certains éléments de style rococo. Cette dernière famille vendit le domaine à la société zoologique d’Anvers en 1956. La demeure n’est pas classée d’après les services du patrimoine de la région flamande.
 
 
la libre,momento,vie de château,malines,planckendaelTrianon et menus plaisirs
 
En sortant de la E19 pour aller rejoindre la N26, on laisse à gauche le domaine de Hofstade et à droite les grands bois de Schipdael qui abritent le 3e ou 4e château de ce nom depuis le XVIe siècle. Ce domaine était jadis la propriété du vicomte Georges Terlinden (1851-1947). Pour le château de Trianon, à Hever, et dont le nom existe depuis au moins 240 ans à voir les cartes postales et les plans anciens, on ne sait rien. La demeure est signalée sur la carte de Ferraris en 1777. Les paroisses de Muizen et de Hofstade sont presque mêlées alors, et formaient avec Hever des portes d’accès vers Malines. Ferraris signale dans ce triangle les châteaux de Seghelin, de L’Hôpital, de Kolfs, des Jésuites devenu le château Ambroos, Reymeland, Gottendijs et bien sûr celui de Schiplaeken. Le si beau château de Vennecourt que les de Meester de B. auraient mieux fait de garder plutôt que de le céder à la commune (il a été détruit en 1962), ne semble pas y figurer.
 
Le Trianon, petit château orienté Est-Ouest, possède tous les charmes de l’époque Louis XV, ce qui nous place vers 1760-1780, comme au château de Planckendael avec qui il partage cinq travées sur les faces principales. Les baies bombées à clé possèdent leurs volets et le portail d’entrée est remarquable avec sa pierre bleue taillée et son imposte à petits-bois. Le fronton est là également, avec son œil-de-bœuf ovale, comme les deux lucarnes par façade. La toiture est à brisis, ce qui forme presque un “mansard”. Latéralement, on ne compte qu’une seule travée. Pour la face occidentale, une carte postale montre les mêmes cinq travées mais avec un puissant avant-corps central de trois travées. Le tout étant posé sur un haut soubassement.
 
Interdit aux moins de 18 ans…
 
 
Ph.: J. Bakker et Ph. Fy.

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