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30/11/2014

Une rareté au pays de Courtrai

la libre,momento,vie de château,aelbeke,château allart,courtraiLe petit village d’Aelbeke possède quelques beaux éléments de patrimoine dont ce petit château néo-classique posé à front de rue.

Philippe Farcy


QUE DES CHÂTEAUX DE LA SECONDE moitié du XIXe siècle trônent avec insolence, cela se voit encore dans divers villages du pays. Mais quand il s’agit d’un édifice du tout début de ce XIXe siècle, cela devient rare car, sous le premier Empire français, l’idée était souvent d’une mise en recul de la demeure pour ménager une entrée digne de ce nom et un chemin donnant de l’air à la venue. Ici, c’est tout le contraire. Au 95 de la chaussée de Mouscron, le château Allart, si minuscule soit-il, fait face à la voirie, aux gens; il se montre sans gêne. Et c’est sans gêne que les autorités régionales classèrent cet ensemble, maison et parc, le 9 juin 2004.
 
Le site du patrimoine flamand signale par ailleurs qu’au départ la propriété était détenue par Jean-Marcellin de Brabandere et Mme née Colette Cottignies (fille du bourgmestre Jean-Jacques Cottignies), unis en 1819. En 1870, le bien fut acheté par le docteur Sioen, grand-père de Georges-Louis-Emmanuel Allart; ce dernier, industriel français de Roubaix (né le 18 juin 1875), donnera son nom au château dans lequel il s’installera en 1909. Une image ancienne d’avant les transformations montre bien l’équilibre entre la maison qui comptait cinq travées et les ailes de retour aussi basses que longues. Les deux dernières travées ont été mangées par la jonction des ailes. L’élargissement de la chaussée n’a pas amélioré la position du château. Mais Georges Allart, qui avait des moyens, cherchait plus de confort (il fit installer l’électricité et une cuisine moderne), et donc il consentit quelques travaux.
 
Par la volonté de Georges, le château fut agrandi en 1910, notamment sur la cour d’honneur où l’on construisit et augmenta les ailes de manière à profiter de garages et d’une conciergerie. En 1911, le même Georges accrut le territoire par un apport de deux hectares supplémentaires. Cela lui permit de créer un intéressant parc à l’anglaise, très profond comme on peut le voir avec les moyens actuels d’observation. En 1850 déjà, sur les cartes de Popp et de Vandermaelen, on pouvait imaginer ce parc et certains arbres déjà importants. Une percée était aménagée vers le grand moulin à vent, visible sur le site de l’IRPA (phototèque en ligne), classé et daté de 1717. Le parc compte deux étangs et un petit amphithéâtre de nature. 
 
Pour ce qui concerne la maison, elle se compose d’un corps central de trois travées dont celle du centre est en légère avancée et placée sous un fronton percé d’un oculus losangé. Les ailes extérieures sont limitées à deux travées au Sud et quatre travées en face de cette dernière. Il n’y en a qu’une en épaisseur. On voit que récemment ces ailes de retour ont été privées de leurs ajouts centenaires.
 
Sur l’angle sud, on a installé un oriel à trois pans de deux niveaux sous une toiture en cloche à huit pans, ce qui termine bien les colonnettes du deuxième niveau dudit oriel. L’aile de gauche a été rehaussée d’un niveau. Les toitures sont éclectiques et couvertes d’ardoises. L’élément le plus remarquable est l’accès à la maison. Il se fait par un perron en deux parties faisant ensemble onze degrés. Puis il y a ce décor de pierre bleue qui ceinture la double porte d’entrée à imposte. Les façades sont couvertes de simili-pierres naturelles. On ne visite pas.
 
 
Ph.: Ph. Fy.

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