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08/12/2014

Versailles, de bosquets en Bosquet

la libre,momento,vie de château,versailles,thierry bosquetVersailles et Marly sont au cœur du métier de l’artiste bruxellois Thierry Bosquet. Faiseur de rêves, il enchante par ses pinceaux et, comme des enfants, on s’émerveille.

Philippe Farcy


LA SORTIE EN CETTE FIN de mois d’octobre d’un livre consacré au peintre, dessinateur et miniaturiste Thierry Bosquet (1937) est une porte ouverte aux rêves d’enfants que nous sommes tous, d’une manière ou d’une autre. Thierry Bosquet est une star dans le monde de l’opéra, aux États-Unis, en Belgique, en Europe. Petit-fils d’un directeur de La Monnaie (le Liégeois Corneil de Thoran, 1881-1953), fils d’artistes musiciens, il est tombé dans les pots de peinture dès son plus jeune âge. Et celui qui pousse aux rêves par ses œuvres baroques avoue ne faire que des cauchemars “dont le pire est le vol si souvent répété de mes pinceaux et autres brosses”. Thierry Bosquet a deux passions architecturales : le domaine de Versailles, ce qui inclut Marly, et Venise.
 
On restera sur Versailles pour cadrer avec cette chronique de châteaux belges. Car que serait Versailles sans les Belges, Flamands et Wallons d’ailleurs, sans les marbres rouges de Rance, sans les Slodtz, originaires d’Anvers, sculpteurs et ornemanistes célèbres, et sans la machine de Marly sortie des cerveaux des charpentiers et frères liégeois Paulus et Rennequin Sualem ? On vous en passe, dont Gérard-Léonard Hérard, autre sculpteur liégeois.
 
Tous ces gens ont connu la Cour et vu Louis XIV et/ou Louis XV. Il est vraisemblable que Thierry Bosquet fréquenta ces souverains d’une autre manière; il en est tellement proche qu’une vie antérieure en ces lieux est possible. Passons également sur les décors et costumes de théâtre et d’opéra (plus de deux cents en cinquante ans de carrière), pour demeurer scotché aux gouaches et aux espaces miniatures conservés dans sa maison du fond d’Uccle (il faudra un jour en faire un musée tant le lieu est exceptionnel; appel est lancé au bourgmestre Armand de Decker). Les photos de José-Noël Doumont (qui est également l’éditeur de ce livre) sont idéales et rendent les choses et les espaces avec sensibilité et un sens de la grandeur qui se marient parfaitement avec les œuvres. Jardins, bâtiments, grottes, vie de Cour, fêtes galantes, tout Versailles y est. Ainsi de ce bal costumé où l’on voit le duc d’Orléans habillé en bouteille, dansant le menuet au château voisin de Marly. Ou encore Louis XIV en balade avec Le Nôtre. Et dans la maison de l’artiste, plusieurs dizaines de petites vitrines reproduisent, à l’instar des maisons de poupées comme on en voit tant au Rijksmuseum d’Amsterdam, des salons, chambres, boudoirs, bureaux, fréquentés par le Roi-Soleil. Même son parent, l’actuel comte de Paris et Madame, présentés à l’artiste par la princesse Alexandre de Belgique, en sont restés cois et le disent en préambule : “Thierry Bosquet nous a fait vivre quelques heures de plaisir intense dans ce monde d’un Versailles où l’on ne savait plus qui était Gulliver, ou qui était le Roi des Lilliputiens.”
 
 
Les textes ont été rédigés par les journalistes Louis Richardeau et Marcel Croës. Cet ouvrage soutient le Fonds d’Entraide Prince et Princesse Alexandre de Belgique (www.fondsdenteraidehulpsfonds.be).
 
Dans toutes les bonnes librairies : “Thierry Bosquet”. Éditions J.-N. Doumont. Prix : autour de 28 €.

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