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13/12/2014

Voyage dans un espace de travail 2.0

la libre,momento,coulisses,coworking,concept,espace,bruxelles,transforma bxlVéritable révolution dans le monde professionnel, les espaces de coworking revoient la formule. Désormais, travailler revient à innover, tout en collaborant. Nous avons exploré, le temps d’une journée, un de ces espaces de travail nouvelle génération à Bruxelles : Transforma Bxl.

Reportage: Lauranne Garitte


“RIEN NE SE PERD, rien ne se crée, tout se transforme.” Ce pourrait être le slogan de l’espace de coworking avec lequel nous avons rendez-vous ce lundi matin. Dans le quartier situé en face de l’Hippodrome de Boitsfort, un petit sentier mène à une rotonde sise en pleine nature. Le bâtiment rappelle l’Expo 58. La moquette rouge du hall d’entrée aussi. Ce dernier mène au centre névralgique de Transforma Bxl, un espace de coworking et d’innovation fraîchement arrivé dans la région.
 
Une ambiance cosy mais studieuse
D’emblée, cela saute aux yeux : le cadre est convivial et cosy. Dans la salle principale, une dizaine de tables rondes sont éclairées d’une lumière naturelle qui traverse les baies vitrées. Autour de celles-ci, des coworkeurs travaillent. L’âge moyen est de trente à quarante ans. Mais l’ambiance est studieuse. On se croirait presque dans une bibliothèque universitaire. Quelques personnes chuchotent dans une partie de la pièce, face à leurs écrans d’ordinateur. “Il faut déjà penser à notre stratégie de communication auprès des commerces bruxellois”, entend-on. Ce sont les membres de la jeune start-up Youtic qui discutent des prochaines boutiques qu’ils accueilleront sur leur nouvelle plateforme d’e-commerce de proximité. En février 2014, Youtic était la première équipe à venir expérimenter le coworking à Transforma Bxl. Petit à petit, d’autres coworkeurs ont suivi.
 
Un bouillon de créativité
Au centre de la pièce, Anis, le fondateur du lieu, est au téléphone. Il est en pleine organisation d’un événement qui aura lieu dans les locaux ce week-end. “Il s’agit d’un hackaton”, explique-t-il, “c’est un événement où des développeurs se réunissent pour proposer et créer des services en ligne ou des idées d’applications à partir d’une base de données qu’on met à leur disposition”. Pas de doute là-dessus, l’espace bouillonne de créativité et d’idées innovantes. “Les gens ne viennent pas ici simplement pour travailler, mais pour apprendre et rencontrer d’autres personnes qui partagent les valeurs de Transforma”, ajoute Anis. Et pour preuve, à en observer les coworkeurs, les différents projets se construisent certes indépendamment les uns des autres, mais se nourrissent mutuellement. L’avis ou le conseil d’un autre coworkeur semble beaucoup compter. Cristina est originaire d’Amérique latine. Maman de deux enfants, elle est responsable de communication indépendante. Elle se lève de son bureau pour demander conseil à sa voisine afin de compléter un papier administratif. Du bout des lèvres, elle chuchote : “Dans les espaces de coworking comme celui-ci, les principales valeurs respectées sont l’entraide et l’ouverture.” Et la devise de Transforma colle à ses dires : “Quand vous êtes dans une pièce avec des personnes formidables, des choses formidables se passent.”
 
Ici, tout est réalisable
Mais tout ne se déroule pas dans cette pièce. Dans une des salles de réunion, nous interrompons Michaël van Cutsem, fondateur du projet Beeodiversity (voir p. 6) en pleine conversation à l’autre bout du monde via son ordinateur. Un peu plus loin, c’est dans un endroit tout à fait original que nous rejoignons Nicolas de Barquin et Julien. Cet endroit, c’est l’OpenFab, un atelier de fabrication numérique où l’on apprend à faire ensemble tout ce qu’il est possible de réaliser. C’est l’antre de la création. Quelques planches de bois au sol, des armoires à n’en plus finir, des clous, des vis de toutes sortes, mais surtout deux géants de la création : une imprimante 3D et une découpeuse laser. Grâce à tous ces outils, ici, tout est réalisable. “À l’OpenFab, on partage les connaissances et les compétences”, étaye Nicolas. Julien, ingénieur électronique, est en train de fabriquer un prototype de manette de jeux vidéo. Il raconte : “Il y a un mois, de jeunes brasseurs ont lancé leur bière, dans les cuisines de Transforma. Grâce à la mise en commun des compétences, nous avons discuté du design de leurs bacs de bières. Avec Nicolas, on leur a proposé de personnaliser leurs bacs et d’en fabriquer un tout à fait original, en forme d’hexagone.”
 
Tout se transforme
Une start-up à la pointe de la technologie, un laboratoire de fabrication, et de l’entraide, de l’interaction, des événements stimulants, de la flexibilité et de belles valeurs au milieu de tout cela. L’espace de travail 2.0 a montré son nouveau visage. Et cette visite nous laisse avec une instruction. Notre façon de travailler ne naît ni ne périt. Elle se transforme. De notre travail, rien ne se perd et rien ne se crée. Tous les projets florissants de Transforma Bxl ne sont que la combinaison de bourgeons d’idées innovantes issues du coworking. Et tous ces projets se transformeront encore et encore pour donner naissance à de nouveaux projets.
 
 
la libre,momento,coulisses,coworking,concept,espace,bruxelles,transforma bxl“L’avenir est au coworking”
 
Notre façon de travailler est en pleine mutation. Avec l’open space, puis avec le télétravail, nous évoluons dans des espaces professionnels de plus en plus interactifs et collaboratifs. Conjointement, nous atteignons une certaine autonomie jusqu’alors freinée par la hiérarchisation des fonctions. Et dans la foulée est apparu le coworking.
Rencontre avec Anis Bedda, fondateur de Transforma Bxl.
 
Avant le coworking, l’espace de travail a déjà connu plusieurs évolutions.
Oui, au XXe siècle, le travail se basait sur la hiérarchie. La structure était pyramidale. Tout était planifié et les tâches étaient bien définies. Ensuite, est apparu l’open space décloisonné, avec pour objectif de faciliter la circulation des idées. Aujourd’hui, et depuis une dizaine d’années, les technologies ont encore modifié ce modèle.
 
Un modèle que vous qualifieriez désormais comment ?
Comme un écosystème. Dorénavant, tout tourne autour de l’autonomie et de l’interaction. On vit une réelle décentralisation du travail, et en même temps, pour innover, les travailleurs ont de plus en plus besoin de collaborer. La structure hiérarchisée est dépassée. Tout fonctionne en réseau et par une mise en commun des compétences.
 
Ainsi, l’avenir est au coworking ?
Oui, d’autant qu’on assiste aujourd’hui à l’émergence d’une classe d’indépendants. Tous cherchent un endroit où stimuler leur créativité et où partager leurs idées.
 
Qu’est-ce qui prouve d’autre qu’il est l’heure de passer au coworking ?
La mobilité ! À Bruxelles, par exemple, il devient très difficile de se déplacer. Le télétravail devient une réalité. Sauf qu’en travaillant chez soi, on se sent isolé. Le coworking est la solution : un endroit proche de chez soi qui offre un environnement stimulant. Il apparaît comme un juste équilibre entre le privé et le professionnel, comme un tiers lieu.
 
Un autre argument  ?
Oui ! Désormais, on n’a plus besoin de trimballer plein d’affaires pour travailler. Tout est dans le Cloud (ce “nuage de l’informatique qui stocke nos données”). Le travail ne dépend plus d’un cadre physique et structurel. Il suffit d’un ordinateur pour pouvoir bosser de n’importe où.
 
La Belgique a-t-elle pris le train du coworking rapidement en marche ?
Pas vraiment ! La Belgique est à la traîne. L’entreprenariat commence lentement mais sûrement à prendre forme dans le pays. Mais comparée à d’autres villes européennes, Bruxelles est en retard.
 
Quelles sont ces villes européennes  ?
Barcelone et Berlin, par exemple. Ces villes comptent cent espaces de coworking. Face à elles, la Belgique n’a pour l’instant qu’une vingtaine d’espaces de coworking.
 
Et dans le monde  ?
On en compte plus de 5 000 ! Et chaque année, ce nombre double. La preuve que le coworking est le mode de travail de demain.
 
 
Ph.: Johanna de Tessières

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