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14/12/2014

Ceci n’est pas un château ! Peut-être est-ce mieux

la libre,momento,vie de château,domaine adornes,brugesLe domaine Adornes à Bruges est un bijou hérité sans être jamais vendu depuis le XIVe siècle. Les aînés des Limburg Stirum en ont la charge. On peut visiter.

Philippe Farcy


C’EST UN VENT DE DYNAMISME qui flotte sur la Peperstraat à Bruges, dans un quartier un peu éloigné du centre-ville mais qui permet, comme jadis, de posséder des maisons plus grandes et des jardins qui sont le témoignage d’un passé florissant. C’est là que se situe le domaine de la famille Adornes, arrivée de Gênes pour faire commerce de toile à Bruges au XIIIe siècle. L’église fait partie de l’ensemble et de ce fait elle est sans doute la seule église située en ville, en Belgique, à se trouver en mains privées.
 
C’est le lieu de sépulture des Adornes et de certains de leurs successeurs. Elle forme un coin du domaine et est poursuivie après son chevet par des bâtisses longues et basses qui abritent le musée de la dentelle et un nouveau musée historique sur la famille Adornes – son rôle économique, religieux, son importance dans le négoce des toiles et ses implications politiques.
 
Le premier des Adornes fut Opice ou Opicius (mort en 1317); il se maria avec Agnès d’Axpoel. Rapidement il devint proche des édiles et de la cour du comte de Flandres Gui de Dampierre. Les générations suivantes s’appliquèrent elles aussi à s’intégrer dans la vie de la ville et dans la haute société. Il y en eut sept comme cela, avant que le nom ne soit repris par les de la Coste, devenus Adornes; à commencer par Jean (1494-1557), fils aîné d’Agnès Adornes, dernière du nom.
 
Le personnage central de la famille Adornes de souche sera Anselm (1424-1483). Proche des ducs de Bourgogne, il le fut tout autant des rois d’Écosse Jacques II puis Jacques III (1451-1488). Marié à vingt ans avec une patricienne brugeoise, il aura seize enfants. Mais surtout il aura un rôle actif dans la cité pour trouver de nouveaux débouchés de laine et autres tissus. Il ira plusieurs fois en mission officielle en Écosse et y sera finalement anobli. Pour finir par être assassiné par les ennemis du roi Jacques III. Avec son épouse Margherita van der Banck, il repose au milieu de l’église de Jérusalem sous une tombe en pierre noire de Tournai.
 
Après les sept générations d’Adornes, on trouva cinq générations de la Coste dits Adornes, puis le domaine échut à nouveau pour cinq générations aux barons de Draeck. Ensuite de quoi les comtes de Thiennes Leyenbourg et de Rumbeke prirent le relai pour une seule étape. Les Limburg Stirum en sont à la quatrième génération, à travers le comte et la comtesse Maximilien. L’histoire continue donc après vingt-deux générations, sans trop de heurts mais avec des pertes de terrains. Il reste un hectare de parc et une grande maison privée du XVe siècle. Dans notre pays, rares sont les domaines qui ne furent jamais vendus. De nombreux châteaux possèdent leur chapelle, mais une église construite après un pèlerinage en Terre sainte, à l’image de l’église du Saint-Sépulchre où le Christ fut enterré, cela est évidemment exceptionnel.

Un magasin de souvenirs historiques fait partie de la visite. Non loin de là, le quartier offre également à voir l’église Sainte-Anne – splendeur baroque qui vient d’être restaurée. Le musée de la dentelle (récemment déménagé dans un tout nouveau cadre). Le musée du folklore (musée de la ville de Bruges, très bien fait) et un peu plus loin, mais à moins de 1 km, la maison de la guilde des arbalétriers de Saint-Sébastien (sur demande) et la maison de Guido Gezelle.
 
Infos : Stichting Adornes vzw, Peperstraat, Bruges. Tél. : 050.33.88.83.
www.adornes.org
 
 
Ph.: Ph. Fy.

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