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14/12/2014

La beauté du Maroc pour les allergiques aux “all-in”

La Libre, Momento, Escapade, Maroc, autrement, trekProfiter du jardin Majorelle à Marrakech, faire un trek dans l’Atlas, humer les embruns d’Essaouira…
Une semaine au Maroc pour en prendre plein les mirettes, au calme, pour finalement pas grand-chose.

Carnet de routes: Jacques Besnard


MANGER DE LA PIÉMONTAISE et des carottes râpées à volonté, faire une promenade à dos de dromadaire à 150 mètres d’un resort aseptisé, assister au spectacle en carton d’un (faux) groupe berbère… Plutôt mourir ?
Si les vacances en “all-inclusive” vous donnent la nausée, cet article est sans doute fait pour vous. Car, en s’éloignant des sentiers battus, au-delà des clichés, le Maroc offre de vrais havres de tranquillité insoupçonnés. La preuve en une semaine, et pour pas cher.
 
Marrakech : derrière la furie, le calme (2 jours)
 
En arrivant à Marrakech, la folie de la perle du Sud vous envahit. Les ruelles bondées de la Médina, les assauts répétés de certains vendeurs et la chaleur étouffante peuvent être oppressants. Même si c’est aussi ça qui fait le charme de Marrakech.
Après avoir visité les immanquables (la folle place Jamaâ El Fna, la fascinante mosquée Koutoubia, l’école coranique Ben-Youssef…), on vous conseille de séjourner, au calme, dans un riad, une de ces maisons traditionnelles restaurées. Il y fait bon, la décoration est magnifique et la terrasse permet d’admirer la ville et d’observer l’activité de vos voisins marocains. Typique et économique.
Autre bon plan pour trouver un peu de fraîcheur tout en découvrant les trésors du pays : le jardin Majorelle cher au peintre Jacques Majorelle (célèbre pour son bleu) qui y avait installé son atelier. Il faut dire que les fontaines, les allées parfaitement ratissées et les bougainvilliers permettent aux artistes d’y puiser leur inspiration. Ce n’est d’ailleurs certainement pas un hasard si Pierre Bergé et le couturier Yves Saint Laurent tombèrent sous le charme de ce lieu, le rachetèrent et le restaurèrent. Les cendres du couturier français y sont aujourd’hui dispersées et une stèle y est apposée.
Pour terminer la journée dans un lieu authentique, rien de mieux qu’un bar local où les Marrakchis ont l’habitude de traîner. On vous sert de délicieuses brochettes accompagnées, parfois, de bières fraîches marocaines. Mais à l’intérieur, s’il vous plaît.
 
 
La Libre, Momento, Escapade, Maroc, autrement, trekTrek et tajine dans l’Atlas (2 jours)
 
Après deux journées à Marrakech, il est déjà temps de partir à la conquête de l’Atlas. Pour ça, on vous conseille de louer une voiture. Le vert des arbustes, l’ocre de la terre et les villages à flanc de colline rendent le trajet jusqu’à Imlil fabuleux. Point de départ de nombreuses ascensions, la ville est bien équipée pour les touristes qui n’y restent pas. Si vous êtes un randonneur averti vous serez ainsi certainement tenté de pousser jusqu’au Toubkal, le toit de l’Afrique du Nord à 4 167 mètres d’altitude. Un peu rouillé, on s’est contenté d’une belle balade de 4-5 heures jusqu’au “douar” (petit village) de Tacheddirt.
Coupé du monde pendant très longtemps, ce village est selon Mohammed, notre hôte, le plus haut du pays, dépaysement garanti. Le réseau téléphonique n’y passe pas, le village n’a été électrifié qu’en 2008 et une route vient seulement d’y être construite. Dans ce hameau berbère de quelques centaines d’âmes, la vie semble s’être arrêtée.
Point d’orgue de cette journée, le tajine de légumes et le thé à la menthe préparés par l’épouse de Mohammed avec une vue imprenable sur le coucher de soleil qui illumine la vallée. Le calme n’est alors brisé que par l’appel à la prière et les cris des jeunes du village qui jouent au football sur le flanc de la montagne. Sans doute l’un des terrains les plus improbables du monde.
Le lendemain, nous prenons la route dès l’aube pour rejoindre la ville d’Asni à six heures de marche. En ce jour de l’Aïd, la fête qui commémore le sacrifice d’Abraham, on croise dans chaque village des dizaines d’hommes en blanc qui se réunissent sur les toits pour y faire la prière. L’atmosphère est grandiose. Après un pique-nique salvateur, près d’un cours d’eau, nous atteignons enfin Asni pour rejoindre en stop Imlil et notre véhicule.
 
 
La Libre, Momento, Escapade, Maroc, autrement, trek“Swira” la magnifique (3 jours)
 
Pas de répit, direction la côte et Essaouira. Les routes du Maroc sont dangereuses. Doux euphémisme. Sur le trajet, il faut être particulièrement vigilant pour ne pas manquer de renverser un piéton, un vélo ou un… dromadaire. Véridique. Sans nos appels de phares insistants, un automobiliste distrait, en sens inverse, ne serait d’ailleurs pas passé loin du drame.
Après quelques sueurs froides (et des fous rires), nous atteignons rapidement le “Saint-Malo marocain” pour un repos bien mérité.
Une étape grandiose. Les maisons blanches aux volets bleus, les chalutiers du port de pêche, les embruns de l’océan Atlantique et les cris des mouettes nous font penser à la Bretagne. L’appel du muezzin, les amas d’épices et l’atmosphère qui y règne empêchent pourtant toute tromperie.
Fortifiée par un architecte français à la fin du XVIIIe siècle, piétonne, classée au patrimoine de l’Unesco, la Médina d’Essaouira est propice à la relaxation. “Swira” est surtout un paradis pour les sports de glisse. Les amateurs de planche à voile, de surf ou de kite-surf profitent ainsi de la force du vent (“taros”) qui souffle fort. Pour s’offrir une petite session, on vous conseille d’atteindre la plage de Sidi-Kaouki, un spot situé à 27 kilomètres et conseillé par le vendeur d’un surf-shop. Bonne pioche. Il y a plusieurs campings et de belles résidences pour y passer la nuit.
Autre avantage d’Essaouira, le poisson frais à peine débarqué que l’on peut déguster grillé à l’entrée du port, bouquet final d’un séjour dépaysant entre les cimes et l’océan. Qui dit mieux ?
 
 
Ph.: Reporters/Design Pics & Jacques Besnard

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