Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

21/12/2014

Noël au naturel

la libre,momento,dehors,végétaux,déco,noël,jardinIl y a les retardataires ou ceux qui aiment réinventer Noël. Après un rapide tour au jardin, il est encore temps de décorer la maison d’un brin de nature. Tout simplement.
 
En mode inventif: Marie Pascale Vasseur et Marie Noëlle Cruysmans


LE THÈME DE CE “Momento” est éternellement festif. Le 25 décembre, il est vrai, est l’occasion de remettre en scène la sempiternelle rose ou étoile de Noël, dénommée Poinsettia, originaire du Mexique, aux “fleurs” rouges, roses, orangées ou blanches. Ou de jeter son dévolu sur le cactus de Noël, Zygocactus truncatus, moins célèbre, un rien rétro mais tout de même intéressant en décembre pour ses fleurs roses, blanches ou rouges s’épanouissant l’une après l’autre. Ou enfin de courir dehors voir si la rose de Noël, Helleborus niger, est déjà en fleurs. La déception est généralement au rendez-vous, elle attend souvent janvier ou février pour ouvrir ses premiers pétales blancs.
Et si c’était alors l’occasion d’innover avec les petits trésors “sans façon” que la nature nous offre ?
 
 
Tiges, écorces, feuilles et mousse, quatuor vainqueur
  
Taillez les jeunes pousses rouge-orange des cornouillers ou des saules, les vertes des corètes, acajou des Stephanandra, les branches noueuses des Hydrangea petiolaris ou tortueuses des noisetiers, et celles recouvertes de lichens. Coupez les tiges des graminées encore debout, ramassez les feuilles colorées des Liquidambar et des érables qui jonchent le sol. Levez les yeux et choisissez quelques rameaux de noisetier décorés de leurs fleurs mâles, ces jolis chatons qui se balancent au gré du vent. Enfin, le principal ingrédient de la réussite : la mousse. Elle cache, elle couvre, elle apporte douceur et couleur. Indispensable comme couvre-sol, table et contenants ! Si votre terre est acide, vous n’aurez aucun souci à vous en procurer dans les zones d’ombre, près des arbres.
 
 
Les pommes de pin, un bon début 
 
Ramassez-les, ces fruits ou cônes ligneux, protégeant les graines qu’ils renferment. Leur diversité est étonnante. Toujours plus ou moins coniques mais parfois plus allongés, plus ronds, renflés, volumineux ou menus. Chaque espèce de conifère se distingue par les cônes qu’elle produit. Ceux du pin noir d’Autriche, Pinus nigra, sont plutôt moyens, brillants et brun jaunâtre, alors que ceux du sapin commun dit argenté, Abies alba, sont oblongs avec des bractées saillantes – petites lamelles triangulaires – entre les écailles. Ceux du mélèze assez petits, ovales ou arrondis, alors que le sapin de Douglas, Pseudotsuga menziesii, produit des cônes aux écailles fuselées séparées par des bractées proéminentes. À vous de choisir.
Utilisez les différentes formes des pommes de pin. Réalisez des petits bouquets en les associant à des noix et des marrons. Passez-les à la bombe de couleurs, saupoudrez de sucre les écailles préalablement enduites de colle pour obtenir un effet neige. Mêlez-les aux nœuds des emballages cadeaux, déposez-les devant la crèche comme si elles étaient de vrais sapins. Glissez entre les écailles des feuilles de houx luisantes ou ses baies bien rouges, des cynorrhodons de rosiers et des petits bâtons de cannelle. Faites-en, attachées l’une à l’autre par du fil de fer, des guirlandes et des couronnes. Et last but not least, gardez-en quelques-unes pour les jeter dans le feu de cheminée, elles donnent un petit coup de pouce à sa mise en route et exhalent un délicieux parfum de résine.
 
 
Feuillages, fleurs et baies, trio gagnant
 
Avec les feuillages persistants, jouez sur les différents tons de vert. Coupez quelques branches de conifères. C’est de saison. Sapin, épicéa, thuya, if, genévrier et cyprès, sans oublier le pin tel celui d’Autriche. Les couleurs des feuillages varient : jaune, carrément doré, bleu et argenté, panaché ou tout simplement vert foncé ou clair. En guirlande ou en “nappage” de la table de jardin, elles font merveille.
Le buis aux petites feuilles brillantes reste une base pour tous les bouquets pendant toute l’année. Ce n’est pas tout. Aussi à cette saison, l’aucuba assez convaincant et lumineux tout tacheté de jaune. Pensez encore à la tribu des lauriers. Le laurier classique des haies aux grandes feuilles luisantes, mais aussi celui du Portugal plus effilé et foncé, ou le laurier tin intéressant surtout pour ses fleurs hivernales. Le lierre demeure une valeur sûre. Bouche trou irréprochable. S’il est en fleurs, en d’autres mots s’il porte des bouquets de petites boules rondes, c’est mieux. Prenez quelques feuilles de Bergenia très classique, des tiges de pervenche ou de fusain marginé de blanc ou de jaune pour éclairer les compositions, du romarin, de la sauge et de l’oranger du Mexique pour le parfum… Quelques rosettes bien rondes de joubarbe ou autres succulentes aux feuilles charnues complètent le tableau.
 
Au cœur de l’hiver, les baies nous en mettent plein les yeux. Rouges, jaunes, orange et blanches, elles remplacent les fleurs dans les bouquets. Servez-vous vite avant les oiseaux. Inspectez les arbres, notamment les pommiers d’ornement, les sorbiers et les arbustes, cotonéasters, pyracanthes, symphorines blanches et roses, Skimmia et autres Callicarpa aux baies mauve fluo assez inhabituelles. Les rosiers portant des cynorrhodons orange et rouge sont une aubaine. Soit en multiples petites grappes, soit gros comme des cerises. Ramassez aussi les noix, châtaignes, marrons et glands des chênes.
 
À cette saison, les fleurs ne sont pas très présentes ou peu visibles. Mais il y a toujours à glaner quelques étoiles jaunes de jasmin, des épis en fleurs de bruyères, des grappes jaunes parfumées de Mahonia ou des jolis boutons roses de Skimmia… Les inflorescences séchées cueillies à l’automne viennent également bien à point. Celles des ails décoratifs, hortensias, alkékenges, artichauts, Sedum spectabile, monnaie du pape… Sans oublier les capsules des pavots décoratifs et les fruits plumeux tout en légèreté de certaines clématites.
 
 
Houx et gui, duo de choc
 
Le houx se reconnaît facilement à ses feuilles vertes luisantes, coriaces et piquantes, et à ses petits fruits rouges. Malgré le fait qu’il est un rien raide, il est l’élément incontournable des couronnes de Noël ou des milieux de table. Depuis la nuit des temps, suspendu dans la maison ou dans l’étable, il protège des maladies et des sortilèges.
 
Au gui l’an neuf. C’est bien connu. Mais les baisers sous le bouquet de gui dès le 25, comme le veut la coutume anglaise, ne sont pas interdits. Outre-Manche, le phénomène est tel que les pommiers ont une double production, les pommes et le gui. Sacré dans les rites celtiques, il signifie : “celui qui guérit tout”, un symbole d’immortalité, de vigueur ou même de régénération physique. Ses feuilles persistantes et ses baies blanches sont très intéressantes dans les décors.
 
 
Ph.: MNC & MPV

Les commentaires sont fermés.