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22/12/2014

Bensberg, le Versailles rhénan

la libre,momento,vie de château,bensberg,allemagneSur une colline qui fait face à Cologne, le duché de Juliers et de Berg possédait une enclave. Un électeur palatin voulut en faire son Versailles. Mais c’est aux Invalides qu’il s’affilia.

Philippe Farcy


ALLER À BENSBERG EN CE MOIS de décembre, c’est profiter d’un cadre exceptionnel déjà lumineux et magnifique toute l’année. Quand l’Avent apparaît, le château immense et imposant prend une majesté scintillante et féerique. On dirait un décor d’opéra. Un marché de Noël y trouve refuge quelques jours à la mi-décembre et pas seulement pour les clients de cet hôtel luxueux, sauvé du néant par des investisseurs zélés qui ont affronté mille problèmes dus à la conservation d’un patrimoine classé.
 
Bensberg est donc féerique, au-dehors comme au-dedans, en cette période, et les touristes allemands ou étrangers l’investissent avec délectation. Nous en profitâmes il y a plus d’une dizaine d’années alors qu’il venait d’ouvrir et que nous allions en voyage de presse découvrir la foire d’art contemporain “Art-Cologne”. Ce n’était pas Noël; juste un rêve éphémère, dû à une erreur de réservation des groupes de la presse.
 
Bensberg, c’est un peu un pied de nez d’un cousin à un autre, et sans doute une réponse au magnifique château de Brühl, construit par l’électeur de Cologne. En effet, l’édification de Bensberg, demeure de prestige vue comme un pavillon de chasse d’abord puis comme un palais évocant Versailles, est due à la volonté de l’Électeur palatin Johan-Willelm de Wittelsbach (JWW), né à Düsseldorf le 19 avril 1658 et décédé en la même ville le 8 juin 1716.
 
Or Cologne était également un fief des Bavière et plusieurs cardinaux-électeurs des XVIe et XVIIe siècles furent souvent issus de cette Maison aux branches diverses. JWW profita également du château de Heidelberg, apanage d’une autre branche des Bavières, dont était issue la princesse Palatine, belle-fille de Louis XIV. JWW régna sur ses domaines de 1690 à son décès et il fut l’époux de la dernière des Medicis, Anne-Marie-Louise, grande-duchesse de Toscane (1667-1743), née et morte au Palais Pitti à Florence. Son frère Jean-Gaston, mort en 1737, était le dernier mâle de la famille florentine. Leur père était Cosme III et leur mère la princesse de France, Marguerite-Louise d’Orléans, nièce de Louis XIII (voilà qui explique les prénoms de ces enfants). Une fois veuve, AML retourna vivre à Florence. Et elle emporta avec elle une foule de peintures car le couple était de férus collectionneurs de peintres hollandais et flamands.
 
Johan-Willelm avait d’abord épousé une Habsbourg (Marie-Anne, 1654-1689), dont il eut deux enfants morts-nés. Avec la Médicis, il n’y eut point de venue au monde; le pauvre homme avait attrapé la syphilis. Ce prince était donc duc de Juliers et de Berg, mais aussi duc palatin de Neuburg sur le Danube (très beau château). Il était également comte de Megen, sur la Meuse néerlandaise (ce château n’est pas conservé, sauf une tour), au sud d’Utrecht.
 
La disparition de JWW fut bien dommageable pour Bensberg. En effet, le chantier n’était pas totalement terminé et les aménagements intérieurs à peine entamés. En 1716, les charges politiques de JWW furent reprises par son frère Charles III Philippe (1661-1742), septième des dix-sept enfants de Philippe-Guillaume et d’Elisabeth-Amalie de Hesse-Darmstadt. Il fit achever ce qui était essentiel, mais très vite l’affectation de résidence princière fut abandonnée au profit d’une maison de retraite et d’un hôpital militaire. Bensberg quitta Versailles et devint les Invalides ! Cette affectation dura jusqu’à la Seconde Guerre mondiale avec, vu l’immensité de la bâtisse, des espaces réservés à une École de Cadets, à un centre de réfugiés et d’autres petites affectations, mais toujours liées au monde militaire.
 
Il aura fallu attendre 1997 pour que le groupe d’assurances “Aachener & Münchener Life Insurance” (dépendance de la “Bâloise Group”) rachète les bâtiments et les transforme en un hôtel de luxe, géré par le goupe “Althoff Grand Hotel”. L’assureur déboursa la somme considérable de 75 millions d’euros pour la remise en ordre de ce chef-d’œuvre d’équilibre et de rigueur. Les premiers clients furent reçus au mois d’août de l’année 2000. Visites très souhaitées. Le golf de Cologne se trouve à moins de deux kilomètres.
 
Infos : www.schlossbensberg.com
 
 
Ph.: Inken Kipker

Commentaires

Simplement étonné que, dans l'historique de ce très beau château, vous ne mentionniez pas l'occupation par l'armée belge dans l'après-guerre( où j'ai d'ailleurs vécu comme milicien - topographe Q.G. de l'artillerie en 1955 - 56) .
Ce détail aurait - il fait ... mauvaise figure ?

Écrit par : Martin J-M | 09/05/2015

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