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22/12/2014

On a testé la smartwatch Galaxy Gear S

la libre,momento,pixels,samsung,smartwatch,galaxy gear s,testPremière véritable montre-téléphone, la Galaxy Gear S de Samsung entend faire régner sa loi, avant que l’Apple Watch ne lui impose la sienne.

Test: Alexis Carantonis


C’EST À CROIRE QUE L’INDUSTRIE high-tech veut nous forcer la main, ou plutôt le poignet : depuis quelques mois, les fabricants multiplient les saillies autour de l’objet de 2014, la fameuse smartwatch, alias la montre connectée. Il ne s’agit pas d’un feu de paille : quelque 20 millions de montres connectées seront vendues dans le monde au terme de 2014 (prédit BI Intelligence), alors que la Belgique compterait déjà quelque 15 000 unités écoulées cette année, et que le cap des 20 000 devrait être atteint au terme des fêtes (dixit GfK).
 
Actifs sur le sujet : des grands noms comme Sony, LG, Motorola, Samsung, mais également des noms comme Pebble, dont la simplicité des watches est plébiscitée à large échelle. En Belgique toujours, près de deux montres connectées vendues sur trois seraient siglées Samsung. C’est que le géant sud-coréen y va fort : en à peine plus d’un an, il a sorti quatre montres connectées et un bracelet traqueur d’activité  ! Personne ne s’est montré aussi productif…
 
De notre côté, c’est la dernière itération, la “Rolls des montres connectées”, dixit Samsung Belgique, qu’on s’est collé au poignet, dix jours durant : la Galaxy Gear S.
 
Un superbe objet technologique qui a le mérite d’apporter une fonctionnalité inédite sur le marché toujours naissant de la smartwatch : la Gear S intègre un port pour carte SIM, et peut donc fonctionner en totale autonomie du téléphone. La règle, dans le secteur, veut plutôt que la montre connectée soit couplée au smartphone pour exprimer son potentiel…
 
Toutefois, la Gear S tape fort : 399 €. L’investissement vaut-il le détour ? Réponse, en cinq actes.
 
 
Restrictions préalables
 
Prérequis indispensable : si la Gear S est effectivement capable de fonctionner en totale autonomie, ce n’est pas le cas lors de sa configuration. Il vous faudra bien un smartphone (couplé à la montre en Bluetooth) pour paramétrer la Watch. Une fois l’étape derrière vous, oui, la montre peut s’affranchir de votre mobile. Mais pas pour télécharger des apps ! La Gear S n’intègre pas de store applicatif : il faudra donc passer par votre mobile pour installer des apps sur la montre.
Comme, en Belgique, il n’est pas possible d’avoir deux cartes SIM pour un même numéro, il faudra transbahuter vote carte SIM de votre smartphone à votre montre si vous désirez utiliser les deux, selon les usages. L’indépendance de la montre est donc, pour l’heure, une promesse à moitié tenue.
Ce n’est pas la seule restriction du produit, qui ne fonctionne qu’en concomitance avec un téléphone huppé de la gamme Galaxy; S4, S4, Note 3, Note 4 ou Alpha. Si vous avez un Samsung de gamme inférieure, oubliez. Si vous disposez d’un téléphone d’une marque concurrente, oubliez totalement…
 
Une technique du feu de Dieu
 
Ne cherchez pas : en termes de technique embarquée, la Gear S n’a pas de rivale. Mue par l’OS Tizen (un système d’exploitation signé Samsung, basé sur le noyau libre d’Android), elle intègre un processeur dual-core cadencé à 1 Ghz, 512 Mb de RAM, 4 Go de stockage interne (pour y déposer photos ou musique, par exemple), un port nano-SIM, ainsi que des connectivités Bluetooth Low-Energy et Wi-Fi. Côté réseaux mobiles, la Gear S reçoit les réseaux 2G et 3G. Pas de 4G, donc. Pas non plus de caméra. Mais bien un écran tactile Super AMOLED (360x480 pixels) incurvé de 2 pouces absolument épatant, ainsi qu’une bardée de capteurs : accéléromètre, GPS, gyroscope, boussole, capteur de pouls, mais aussi d’UV !
Oui, tout cela dans une montre…
 
Un objet épatant
 
Sur le plan de l’ergonomie, il y a peu à redire : la Gear S est excessivement bien pensée. On eût apprécié que le système de fermeture du bracelet soit un peu plus souple, mais on chicane. Bien qu’elle fasse son poids, la Gear S, vu la technique embarquée, reste légère (360 grammes). Imposante tout de même – l’écran étire sa dalle incurvée sur 2 pouces, c’est bien plus grand et confortable que les Gear précédentes –, la Gear S est un produit huppé, qualitatif. Le ressenti des non-initiés à qui nous l’avons soumise oscille entre l’étonnement positif et l’émerveillement dubitatif. Mais tous reconnaissent que les thèmes incorporés dans la montre, qui permettent de personnaliser le cadran de fond de montre (et rendre analogique un objet on ne peut plus moderne) plaisent à tout le monde.
 
L'usage au quotidien
 
Faut-il rappeler qu’en prime de donner l’heure, une montre connectée est capable de moult prouesses ? Dans un but de notifications, tout d’abord. Déjà, la Gear S permet de prendre et recevoir des appels (l’intégralité de votre répertoire s’y affiche). Le bémol, c’est que, outre l’exotisme de téléphoner avec une montre, tout le monde entend ce qu’on vous dit et ce que vous dites ! Le recours à une oreillette Bluetooth s’avère donc socialement salvateur, mais il ne manque pas d’interroger : smartphone + montre + oreillette, cela fait trois appareils pour un coup de fil. Est-ce vraiment un progrès ?
Non, c’est plus dans les notifications écrites que l’usage se distingue. Un SMS, un tweet, un mail ? Vous en êtes informé de suite, par un simple lever de poignet, sans besoin de dégainer votre smartphone. Un bémol toutefois : si votre boîte mail professionnelle est cadenassée par une administration spécifique, la Gear S ne permet pas de lire le contenu d’un mail reçu. La montre renvoie ici… au téléphone connecté à la montre.
L’excellente app GSM Here (de Nokia), intégrée, fait de la montre un merveilleux GPS piéton (à dictée vocale). Le clavier intégré est toutefois un peu petit, et exige qu’on le dompte avant d’écrire un mail correctement.
Le gros bémol du produit ? Son autonomie. Bien qu’il soit possible de limiter la consommation d’énergie (en passant en mode noir et blanc, voire en coupant certaines connectivités), la batterie 300 mAh intégrée ne permet pas de passer le cap des deux jours. Et il n’y a rien à faire : recharger sa montre, c’est un principe avec lequel on a vraiment du mal. D’autant plus qu’un simple câble micro-USB ne suffit pas : il faut impérativement passer par la station de charge spécifique, fournie avec la montre…
 
Verdict
 
Nous en sommes totalement convaincu : la Gear S, première véritable montre-téléphone de l’industrie, est un produit technologiquement bluffant, visuellement exemplaire mais… encore truffé de défauts. Le premier, c’est qu’à l’usage, il ne permet pas réellement de se sevrer de son smartphone. Le second, c’est l’autonomie du produit. Le troisième, c’est son indéfectible côté accessoire. Oui, c’est (un peu) pratique de lire un SMS au resto, sans avoir son smartphone sur la table. Oui, c’est sympa d’aller courir sans son smartphone, et d’avoir un suivi live et vocal de ses performances.
Mais sont-ce là des atouts suffisants pour convaincre le grand public de s’enticher d’un produit technologique (à recharger le soir) supplémentaire, qui plus est pas donné ? C’est, en fait, la question de la légitimité de la smartwatch qui se pose dans l’ombre de la Gear S. La réponse ne nous appartient pas, mais une chose est sûre : dans l’attente de juger de ce qu’Apple nous mitonne avec son Apple Watch, prévue dans les semaines/mois à venir, la Gear S est la montre connectée la plus épatante qu’on ait pu porter.
 
 
Ph.: Samsung

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