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17/01/2015

Vous saurez tout sur le jean: le vêtement du quotidien dénudé

la libre,momento,coulisses,jean,salon du denim,barceloneAu salon du denim, lanceurs de tendances et producteurs d’un produit de masse, le jean, doivent se connecter aux attentes du consommateur à l’échelle mondiale.
Et continuer à faire acheter un produit que pourtant tout le monde possède. Challenge.
 
En mode observation: Aurore Vaucelle, à Barcelone


DÉAMBULATION À TRAVERS LES TRAVÉES du salon du denim : qu’est-ce qui se trame là ? Tisseurs d’indigo (matière première à la source du bleu denim), confectionneurs et marques se sont donné rendez-vous pour causer de la pierre angulaire du marché qu’ils se partagent : le jean.
 
Quoi de neuf pour, déjà !, l’été 2016 ? En fait, la production du jean est beaucoup plus lourde que le reste de la production mode. “On est décalé en timing, les jeans arrivent en même temps que les chemisettes en rayon, mais c’est beaucoup plus long à fabriquer. Il faut au moins trois mois pour mettre au point le délavage, qui se fait après la confection.” Pascaline Wilhelm est la directrice mode de Première Vision, une entité qui réunit les faiseurs de textile du monde entier. L’œil affûté, elle ne prétend pas prédire les tendances – puisqu’elle précise que les tendances ne se font pas ex nihilo, dictées par les créateurs –, mais disons qu’elle voit les choses arriver. Ce qu’elle nous explique, c’est que les tendances sont aussi liées aux possibilités techniques du marché.
 
Sous nos yeux de visiteur, on voit passer un max d’innovations en matière de jeans. Des produits un peu dingues, avec incrustations, tissu pailleté (acheté par un grand du luxe, on ne saura pas qui, le tisseur Kuroki garde le secret). Mais aussi déchirures sophistiquées, Action Painting à la Pollock, rivetage élaboré, délavage comme passé au soleil. L’an dernier le dernier cri, c’était, paraît-il, les fleurs et le jacquard tissé dans la toile denim; cette saison 2016, ce sont les jeans à rayures qui vont déferler sur le marché.
 
Attention, pas forcément sur les tringles du mass market. L’innovation textile, ce sont d’abord les marques de prêt-à-porter haut de gamme qui se la paient. D’ailleurs, dans les allées du salon, les agents de marques comme Vuitton, Prada ou Isabel Marrant furètent eux aussi. Impossible de savoir ce qu’ils auront épinglé. Si une idée neuve présentée au salon leur plaît, ces marques en achètent l’exclusivité et basta. À noter, donc, que les marques comptent beaucoup sur les faiseurs de textile pour imaginer leurs propres collections – comme quoi le marché de la mode est surtout une histoire de filière. “Ce qu’on voit ici ne fera pas forcément la tendance, ce sont les marques qui prennent ou pas. Mais l’industrie, elle, est prête. C’est le marché qui doit choisir. C’est d’ailleurs ce que nous a appris le bio. On a voulu lancer une mode du bio, qui a disparu, qui s’est cassé la figure, et pour cause, c’était moche”, le marché n’a pas marché en quelque sorte.
 
Ici, les plus folles idées denim feront-elles fondre les marques ? Au rayon des nouveautés, un jean denim tellement souple qu’il ressemble à du molleton. L’idée ? Pouvoir faire du sport dans son futal. Une demande de la jeune clientèle qui pédale ou qui danse dans son jean.
 
On l’aura compris, pour ce qui concerne ces jeans les plus fous, “ils se vendent chez une catégorie de gens plus jeunes. Mais en Turquie, en Afrique, au Danemark ou en Italie, un marché n’est pas l’autre.” Dans la Botte, on est pro-paillettes, au Danemark pas trop. Rien de nouveau sous le soleil. Mais ce qui rejoint les clients est mondialement la même requête : que le jean rende la silhouette plus fine. Le plus curieux ? “Finalement quand on fait un sondage, la satisfaction importe moins que l’importance du souhait initial”, précise Pascaline Wilhelm. Bref, le jean fait fantasmer. On croit littéralement qu’il va nous transformer. Sans doute a-t-il donc encore de beaux jours devant lui.
 
 
Ph.: Reporters

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