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24/01/2015

Les racines² d’Istanbul

la libre,momento,escapade,turquie,istanbul,chiffresC’est à Istanbul que finit l’Europe et s’avance l’Asie. Trait d’union entre deux continents, concentration
des cultures, des savoirs et des richesses, elle fut tour à tour la Byzance des Grecs, la Constantinople de l’Empire romain d’Orient et la capitale des sultans ottomans avant de s’offrir au monde moderne en témoin privilégié de l’Histoire.

Bosse des maths: Frédérique Masquelier


IMPOSSIBLE N’EST PAS FRANÇAIS, dit-on. Il doit être stanbouliote. Car il est impossible de retracer ici ce que l’on a vu, entendu, senti, goûté, appris et apprécié en parcourant le dédale des rues d’Istanbul, traversant les siècles d’une rive à l’autre du Bosphore. Plutôt que de vous embarquer dans un récit forcément incomplet qui vous laissera sur votre faim, on vous propose le deal suivant : voici 8 chiffres et autant d’anecdotes truffées de faits historiques qui vous donneront un bref aperçu de la grandeur et du caractère exceptionnel de la cité légendaire, l’envie d’y faire un tour, ou à tout le moins l’une ou l’autre histoire à raconter pour briller en société.
 
1 million
Enjambant le Bosphore, Istanbul s’est étendue, au fil des siècles, de la rive européenne du fleuve à sa rive asiatique. Si l’on décèle bien, entre l’une et l’autre, quelques jalousies et autres petites mesquineries dans l’air, l’eau, elle, est loin de faire barrage. Chaque jour, un million de Stanbouliotes traversent le Bosphore d’un continent à l’autre, par la route ou par bateau. Tandis que des milliers de touristes embarquent dans de courtes croisières et en longent les flancs pour mieux admirer les palais des sultans, leurs pavillons de chasse et les yali, où les riches familles d’Istanbul aimaient se prélasser.
 
5 années
Il a fallu “seulement” 5 ans, dix mois et dix jours pour coiffer de sa coupole la célèbre Sainte-Sophie, édifiée en tant qu’église en 537 pour être transformée en mosquée en 1453. C’est que ladite coupole, de 32 mètres de diamètre, culmine tout de même à 56 mètres de haut… Pendant dix siècles, Aya Sofya a été le plus grand monument religieux de la chrétienté. Une prouesse technique qui place les plus de 10 000 ouvriers qui se sont relayés à la tâche dans la digne lignée des bâtisseurs de pyramides.
 
1999 - tremblements de terre
La Turquie, assise sur la faille nord-anatolienne, la plus active d’Europe, est régulièrement frappée de séismes. Longue de 1000 kilomètres, la faille traverse le nord du pays d’est en ouest, frôlant, à 20 kilomètres près, Istanbul. Sous la mer de Marmara, aux portes de la métropole, dort en effet un petit segment relativement épargné par cette activité sismique accrue. Les deux secousses les plus récentes, de magnitude 7, ont fait trembler les villes voisines d’Izmit et Düzce en 1999. Par peur que cela se reproduise (fort probablement, selon une étude menée en 2013 par des géologues allemands), les Stanbouliotes procèdent depuis quelques années à la démolition et à la reconstruction d’immeubles, afin de les équiper contre les risques sismiques.
 
21000 carreaux de faïence
Plus de mille ans après la construction de Sainte-Sophie, en 1609, sous domination ottomane, Istanbul se pare d’une seconde mosquée, pensée et dessinée en tant que telle, cette fois. Son commanditaire, le sultan Ahmet Ier, place en elle de grands espoirs, rêvant de la voir rivaliser avec l’ex-basilique chrétienne de l’empereur byzantin Justinien. Si la Mosquée bleue ne réussit pas à égaler Sainte-Sophie dans ses dimensions, elle la surpasse toutefois en finesse et en élégance. Son nom lui vient des plus de 21 000 carreaux de faïence de couleur bleue qui ornent son intérieur.
 
70 hectares
Planté sur l’une des avancées de terre formant l’entrée du détroit du Bosphore, dominant à la fois le fleuve, mais aussi la Corne d’Or et la mer de Marmara, le palais de Topkapı fut la résidence des souverains ottomans quatre siècles durant. Doté de mensurations… sultanesques, il s’étend sur non moins de 70 hectares et est formé de quatre cours intérieures, aménagées par ses maîtres successifs de jardins, kiosques et fontaines. Aux grandes heures du palais s’affairaient quelque 4 000 personnes, dont un millier de femmes dans le harem.
 
4000 échoppes
Pazar, en turc, signifie “dimanche”, mais aussi… “marché”. Ce qui ne veut pas dire pour autant que celui-ci est une activité exclusivement dominicale. Des marchés installent leurs étals à Istanbul tout au long de la semaine, au fil des rues et des quartiers. Tandis que deux institutions pérennisent cette forme de commerce en ouvrant leurs murs aux marchands sédentaires : le Grand Bazar (1461, entièrement reconstruit en 1956, en photo) et le Bazar égyptien (1663), réservé aux épices. Si le second, plus modeste, compte une centaine d’échoppes, le premier, qui s’étend sur une vingtaine d’hectares, en accueille plus de… 4 000, éparpillées sur une soixantaine de ruelles regroupées par types de produits : verroterie, tapis, bijoux, narghilés, produits manufacturés. Fait amusant, tous deux sont ouverts toute la semaine, sauf le… dimanche.
 
7 ponts
Traversée par un fleuve d’une part et un estuaire de l’autre, les flux de circulation stanbouliotes font, sans surprise, la part belle aux ponts. Deux d’entre eux enjambent le Bosphore – les ponts du Bosphore (1973) et Fatih Sultan Mehmet (1985) –, et quatre la Corne d’Or – les ponts de Galata (1994, en photo), du métro aérien (2014), Atatürk (1936), de la Corne d’Or (1974), et le pont historique de Galata (1912), remorqué depuis son ancien emplacement vers une partie plus étroite de l’estuaire, ayant partiellement brûlé dans un incendie. Six ponts au total, donc. Et bientôt sept, puisqu’un troisième pont est en construction sur le Bosphore. Un projet mené entre autres par le bureau d’études liégeois Greisch. Au programme : un pont suspendu de plus de deux kilomètres et demi de long, à 80 mètres au-dessus du niveau de l’eau. Les travaux de construction, entrepris en 2013, devraient durer trois ans.
 
 
Ph.: F. Masquelier
 

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