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25/01/2015

Serrer les dents

La Libre, Momento, Autoportrait, Xavier DiskeuveAprès une carrière de journaliste, Xavier Diskeuve s’est lancé dans la réalisation de films. Après plusieurs courts métrages, il vient de passer au long. Il collabore également à l’écriture des dialogues de “Votez pour moi”.


XAVIER DISKEUVE EN 6 DATES

30 juillet 1962 : naissance à Namur parce qu’il n’y a pas encore de maternité à Dinant où vivent mes parents, et où je grandirai plus en taille qu’en sagesse.
 
24 avril 1992 : journaliste à “L’Avenir”, je suis désormais aussi papa d’Hippolyte. Suivront Théophile (1994), Basile (1995), Pimprenelle (1997).
 
2002 : sortie de “La chanson-Chanson”, mon premier court métrage de 20’, autofinancé et en autodidacte. Avec déjà Jacques, garçon de ferme taciturne, qui emmène son cousin à une émission de variété à Paris. Suivra “Mon cousin Jacques” en 2004, trois prix au Brussels Short Film Festival.
 
2006 : “Révolution” (16’), mon troisième court, avec encore et toujours François Maniquet, Nicolas Buysse et Christelle Cornil dans un bizarre triangle amoureux muet et tatiesque, remporte la compétition mondiale au Festival des films du monde de Montréal. Après “I Cannes get no” (2008), je sens l’urgence de passer au long…
 
1er septembre 2010 : “Votez pour moi” sur Bel RTL m’engage pour rédiger les dialogues d’André Lamy et Olivier Leborgne, chaque matin à 8h30. Deux saisons à plein temps, avant de réduire la voilure pour préparer “Jacques a vu”, qui se tourne en 30 jours durant l’été 2013. Avec le casting de mes courts et dans le Namurois.
 
28 janvier 2015 : jour – J de la sortie en salles de “Jacques a vu”. Je me sens speedé et stressé comme un jeune politicien à quelques jours de son premier scrutin.
 
 
UNE PHRASE
 
“Si vous n’avez pas d’amis mais que vous avez la chambre, vous n’avez qu’à me prendre moi comme ami. Et si vous me mettez dedans, ça fera une chambre d’ami.”
Réplique de Jean-Luc Fonck, journaliste de faits divers jouant l’incruste, dans “Jacques a vu”.
 
 
TROIS LIVRES
 
“Il y a un sorcier à Champignac”, d’André Franquin et Henri Gillain (1950)
L’univers de Champignac, avec son maire fier d’un feu rouge inutile, son comte qui fait des expériences bizarres dans son château (inspiré du Château de… Skeuvre, près de Namur), tout ça m’a marqué depuis l’enfance. Et le village de “Jacques a vu” s’en ressent un peu j’espère.
 
“Café Panique”, de Roland Topor (1986)
Je suis fan absolu de feu Topor, de son rire qui déchirait les émissions de télé, de son éclectisme. J’adore ses petites nouvelles caustiques de “Café Panique”, toutes simples, avec des personnages aux surnoms croustillants (“Tarif-de-nuit”, “Verre-en-main”, “Pomme-vapeur”…). Je l’ai interviewé une fois et reste inconsolable d’avoir perdu le petit dessin qu’il avait fait dans mon carnet de notes.
 
“L’adversaire”, d’Emmanuel Carrère (1999)
Cette histoire (vraie) de Jean-Claude Romand, qui se faisait passer pour médecin alors qu’il n’avait jamais achevé ses études, qui vivait une vie vide, et qui a fini par tuer toute sa famille ne cesse de me hanter. Elle me revient en tête à chaque fois que je me retrouve anonyme dans un lieu où je ne connais personne. Est-ce que ma vie est vraie, suis-je un fantôme ?
 
 
TROIS LIEUX
 
Marrakech
Une de mes villes préférées. En 2002, j’y suis invité avec mon premier court métrage “La chanson-Chanson”. Le roi Mohammed VI a commandé à Daniel Toscan du Plantier un festival de cinéma “clé sur porte”, au budget illimité. On y croise Coppola, David Lynch, Catherine Deneuve, Jamel, Johnny Hallyday et même Benoît Poelvoorde. Stars ou débutants, on nous emmène tous un soir en autocar à un dîner de 2 000 convives présidé par le Roi lui-même dans un des palais. Les “locaux”, eux, regardent passer les limousines, dubitatifs, depuis leur boutique…
 
Col du Galibier
Une de mes passions est d’escalader les cols mythiques à vélo. Bien que trop lourd et trop grand, il faut que j’y retourne ! Parmi eux, le col du Galibier, sauvage, venteux est celui où j’ai bizarrement toujours la patate. Au sommet, on est des dizaines à se photographier sous le panneau “Col du Galibier – 2 642 mètres”.
 
Mont Athos
Quelle idée de partir en vacances sur cette presqu’île interdite aux femmes, république semi-autonome peuplée de 3 000 moines orthodoxes. Je l’ai fait pourtant avec un pote il y a 20 ans. Étrange planète pour laquelle il faut demander un visa à Salonique. Où l’on accède uniquement en bateau. Où l’on est hébergé dans des dortoirs de monastère. Où l’on mange avec les moines en silence (tous le nez dans leur assiette). J’y emmènerais bien le cousin Jacques pour de nouvelles aventures !
 
 
TROIS FILMS
 
“Le charme discret de la bourgeoisie”, de Luis Bunuel (1972)
Un groupe de bourgeois ne cessent de s’inviter à dîner. Mais parfois, ce n’est pas le bon jour, parfois le patron du restaurant est mort, parfois l’évêque est habillé en jardinier. Humour dévastateur, récit à tiroirs surréaliste et jeu quasi British de comédiens français et espagnols. Un cocktail inégalé. Mon film fétiche !
 
“Harry, un ami qui vous veut du bien”, de Dominik Moll (2000)
Une histoire géniale (entre Topor et les frères Coen), riche en niveaux de lecture. L’“ami” Sergi Lopez met de l’ordre dans la vie d’un couple débordé par enfants et parents. Dérive sanglante soutenue par un humour noir sous-jacent et des acteurs parfaits. Un modèle !
 
“Marcel Superstar”, d’Olivier Monssens (2004)
La saga de deux Mouscronnois ringards mais dotés d’un don surnaturel pour produire des tubes tels “Brasilia carnaval”, “Born to be alive” ou “La danse des canards”. Un docu savoureux et captivant en même temps qu’une drôlissime histoire de la variété belgo-internationale.
 
 
UNE DATE
 
Le 20 juillet 1969
Mes parents me réveillent la nuit pour regarder en direct Neil Armstrong, le premier homme qui marche sur la Lune, sur la petite télé familiale en noir et blanc.
Dans le journal de l’époque, il y a ça et Eddy Merckx qui marche sur le Tour de France !
 
 
A L'AFFICHE
Le film de Xavier Diskeuve “Jacques a vu” sort en salle ce 28 janvier. L’histoire d’un couple qui veut empêcher la construction d’un centre de vacances néerlandais en invoquant des apparitions de la Vierge.
 
 
Ph.: Johanna de Tessières

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