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01/02/2015

Les pirates ne sont pas des nains et réciproquement

la libre,momento,ludo,jeux de société,pirates,nains,irlandaisC’est qu’on pourrait confondre avec l’arrivée simultanée de deux jeux très colorés : l’un parle de pirates, l’autre de lutins, mais ce sont avant tout de très bons jeux familiaux.

Maître du jeu: Yves Cavalier


EN CETTE PÉRIODE un peu creuse du mois de janvier, alors que les nouveautés se font un peu plus rares, l’occasion est idéale pour tenter de dénicher ces bons grands jeux de plateau capables de nous occuper toute une après-midi pluvieuse. Capables surtout de réunir autour de la table toute la famille avec un même plaisir. Sans doute, l’ado du moment se fera un peu tirer l’oreille mais en insistant un peu, il devrait finir par céder à l’appel des sirènes. Car c’est un voyage au grand large qu’on lui propose avec le bleu de l’océan et des îles désertes pleines de trésors, et puis de superbes bateaux qui se font attaquer par des méchants pirates. Que du rêve… Si l’ado n’en veut toujours pas et préfère la téléréalité, oubliez-le et plongez-vous dans le premier déguisement de pirate qui passe : les autres vont en raffoler.
 
C’est aussi cela le jeu de société. Une immersion dans un autre univers, le temps d’une après-midi ou d’une soirée, et si de nombreux jeux s’efforcent très souvent de reproduire un univers réaliste généralement lorsqu’il s’agit de stratégie, il arrive aussi que quelques boîtes débarquent sur les étals avec du rêve à l’intérieur. C’est l’occasion où jamais de retrouver l’âme de Peter Pan, ce vieillard qui a toujours voulu rester enfant. Et ça tombe bien puisque lui aussi a eu l’occasion de croiser le fer avec quelques pirates…
 
C’est exactement ce que propose Black Fleet (de Sebastien Bleasdale), une aventure qui va occuper jusqu’à quatre joueurs pendant une bonne heure. Pas besoin d’être un as de la navigation ou un stratège de la bataille navale. Ici, chacun a sa flotte et le but, c’est de faire du commerce : charger son bateau au port d’attache, prendre la mer et décharger là où les marchandises sont achetées au meilleur prix. Parce que l’objectif, c’est de gagner de l’argent et de l’or. Et pour vous le rappeler, le jeu contient des pièces en vrai métal sonnant et trébuchant. C’est pas grand-chose mais c’est un petit plus sympa. Que faire avec ces pièces ? Les dépenser dans la première taverne venue pour fêter la victoire ? Eh bien non. Il y a tout de même un peu d’honneur dans ce tumulte : l’objectif est de collecter suffisamment d’argent pour payer la rançon qui libérera la fille du gouverneur. Ça, c’est de la noblesse chevaleresque qui se cache dans une âme de pirate…
 
On l’imagine, le jeu est admirablement conçu pour séduire ceux qui n’ont pas trop envie de se prendre la tête avec des stratégies alambiquées. Chacun dispose de deux bateaux à ses couleurs. Un robuste navire marchand capable de transporter trois marchandises. Et puis un petit bateau de pirates qui va s’efforcer de dérober la marchandise transportée par les adversaires. Et pas besoin de duel aux dés pour combattre : c’est la prise en passant, comme aux échecs. Il suffit de passer à côté d’un navire pour le dépouiller, vite fait bien fait !
 
Des cartes, distribuées en début de jeu et remplacées au fur et à mesure, définissent les déplacements du marchand, du pirate mais aussi de l’une ou l’autre des deux frégates. Leur rôle ? Et bien c’est en quelque sorte la police des mers. Les frégates ont des couleurs neutres, peuvent donc être pilotées par tous les joueurs avec une seule mission : couler les bateaux pirate. Et voilà qui met un peu de sel, parce qu’à chaque fois qu’on attaque un bateau marchand ou pirate, on reçoit des sous. Et comme indiqué plus haut, il faut des sous pour sauver la fille du gouverneur ! D’autant qu’avant de payer sa rançon, il va obligatoirement falloir investir dans du matériel, à savoir les cartes que chaque joueur a reçues au début du jeu et qu’il dévoile progressivement, à mesure que son tiroir-caisse se remplit. Et pour corser le tout, ces cartes donnent à chaque joueur des atouts différents, ce qui rend chaque partie forcément différente. “Black Fleet” (éditions Space Cowboys) est un vrai petit bijou ludique qui s’adresse en principe à des enfants dès 14 ans. Mais n’empêchez pas des enfants de 8 à 10 ans de s’y essayer. Ils sont plus subtils qu’on le croit et y joueront encore dans 10 ans…
 
 
la libre,momento,ludo,jeux de société,pirates,nains,irlandaisDes nains plein les jardins
 
Avec Korrigans (Ludovic Viala et Arnaud Urbon aux éditions Matagot), on pénètre un tout autre univers. Quelque chose qui ressemble à des nains de jardin irlandais. On les reconnaît parce qu’au lieu d’un bonnet de nuit coloré, ils portent une sorte de haut-de-forme tronqué. Bref, ce sont des Korrigans, ces petites créatures de légende qui s’excitent quand le temps passe du soleil à la pluie et réciproquement. Pourquoi ? Parce que, comme chacun le sait, lorsqu’il pleut alors qu’il fait plein soleil, apparaît un arc-en-ciel. Et que trouve-t-on au pied de l’arc-en-ciel ? Oui : une marmite pleine de pièces d’or.
 
Comment ne pas imaginer un jeu de société avec un tel scénario ? Ne cherchez plus, c’est fait. Le jeu est en vente dans toutes les bonnes boutiques et devrait séduire parents et enfants dès 8 ans. Point commun avec “Black Fleet” : un matériel superbe, un plateau très généreux, très coloré avec un côté pour faciliter la vie des plus jeunes. Et puis plein d’autres petits accessoires dont les moindres ne sont pas les superbes pions représentant les Korrigans eux-mêmes. Chaque joueur disposera de deux Korrigans à sa couleur mais avec cette subtilité dans le détail : aucun des dix personnages n’est identique… Et on a même droit au petit chaudron rempli de pièces d’or. Ce n’est pas indispensable mais ça le fait ! Et puis il y a aussi des menhirs de pierre en vrai plastique qu’il faut installer dans chacune des parcelles. Car comme chacun sait, en creusant sous les menhirs, on trouve des surprises : souvent bonnes… parfois mauvaises. Mais il faudra d’abord aller glaner aux champs pour ramasser des petits jetons qui représentent de l’or mais aussi et surtout des petits animaux : ce sont nos compagnons indispensables. Chaque animal a en effet la clé pour passer d’un champ à l’autre et il en faut beaucoup pour arpenter la campagne. D’autant qu’à la fin du jeu, il faudra subtilement organiser son déplacement avec les compagnons disponibles pour aller retrouver le chaudron magique qui aura été révélé in extremis.
 
Dans un univers qui peut paraître enfantin, on a affaire ici à un jeu à la mécanique très originale et qui demande un peu d’esprit d’anticipation pour prendre le bon risque au bon moment. Mais même sans stratégie, cela reste un bonheur de manipuler tous ces petits personnages qui viennent égayer une après-midi pluvieuse. Peut-être avec la promesse d’un arc-en-ciel…

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