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07/02/2015

Qu’attendre du millésime 2014 en France ?

la libre,momento,papilles,vins,millésime 2014,franceAprès deux années qualifiées de faibles, voilà la question que nombre d’amateurs se posent…

Recensement: Baudouin Havaux


EN FRANCE, ET PARTICULIÈREMENT à Bordeaux, après deux années, 2012 et 2013, qualifiées de faibles, tant en volume qu’en qualité, les producteurs fondent beaucoup d’espoirs sur le millésime 2014. En attendant de pouvoir déguster les 2014 à l’occasion de la semaine des primeurs à Bordeaux (première semaine d’avril), “Momento” a récolté l’avis d’experts dans les principaux vignobles de l’Hexagone.
 
Champagne
Grégoire Van den Ostende (Comité Champagne) : Les pluies ont fait grossir spectaculairement les raisins en bon état sanitaire. Excellent potentiel des moûts avec une acidité marquée. Le profil aromatique des moûts est de bon augure, notamment pour le chardonnay.
 
Languedoc
Fin août et début septembre, avec une météo idéale, ont permis une maturité précoce pour tous les cépages. Le manque d’eau et la grêle en juillet ont frappé l’Aude. En Languedoc-Roussillon, la récolte ne devrait pas dépasser 12 mil. d’hl contre 13,58 l’an passé, mais se situe dans une bonne moyenne. Dans l’ensemble des terroirs, 2014 s’annonce très qualitatif.
Gérard Bertrand (Ch. L’Hospitalet à Narbonne) :
La récolte a reçu de nombreuses inondations, notamment en Hérault. Les vignes classées en IGP sur les coteaux ont été préservées, mais celles le long de la rivière ont été inondées; l’ensemble est toutefois de bonne qualité.
 
Bourgogne
La lettre des Vins de Bourgogne : Le 2014 a tout d’un grand millésime, avec des volumes relativement satisfaisants (après les années 2010/12/13 faibles en récolte) même s’ils ne combleront pas les stocks qui n’ont jamais été si bas et la demande aussi forte. Après une météo surprenante, septembre a donné des raisins pleins de belles promesses, équilibrés et colorés. La Bourgogne a subi la grêle le 28 juin à Volnay, Pommard et Beaune.
 
Côtes du Rhône
Françoise Dijon (responsable qualité Inter Rhône) : Les rouges sont fruités, des arômes francs gourmands, agréables. Les blancs et les rosés d’un bel équilibre acide, moins alcooleux et plus fruités que d’habitude. Ce 2014 présente une qualité satisfaisante avec un volume normal proche de 2013. Les vignerons sont récompensés de leurs efforts malgré une nature capricieuse, car il a fallu maîtriser le végétal et les vinifications. Dans le Gard, la récolte est plus abondante que dans le Vaucluse, victime de la pluie abondante. Le nord du Gard et le sud de l’Ardèche ont souffert du climat détestable (pluies et grêles en juillet et tempête en septembre). La thermovinification a été utile cette année pour les matières premières plus faibles.
 
Bordelais
Denis Dubourdieu (œnologue) : Un grand merci à l’été indien ! Les blancs : un équilibre exceptionnel entre l’acidité et le sucre. Les vignerons qui ont profité de l’été indien ont pu choisir la période idéale pour atteindre la maturité des baies et réaliser des travaux d’éclaircissage et d’effeuillage qui furent récompensés.
Stéphane Toutoundji (œnologue/OenoTeam) : Un millésime compliqué et très complexe. Un printemps difficile et un été relativement froid avec l’arrivée d’un excellent été indien en septembre qui a chamboulé l’ordre de ramassage. Mais une belle matière, des taux d’anthocyanes impressionnants, avec un potentiel d’extraction intéressant. Tanins élégants et classiques avec un fruité extraordinaire. Le merlot dévoile des arômes de fraises et de fruits mûrs. De très beaux blancs également (notes de poires, d’abricots). Un millésime classique qui se situe entre 2008 et 2011.
 
Centre-Loire
Bertrand Daulny (SIVAVAC) : Plénitude, vivacité et potentiel : un millésime de caractère. Le décalage climatique entre les saisons avec un long cycle végétatif, paradoxalement, se traduit par un grand potentiel en 2014. Septembre a transfiguré comme dans de nombreuses régions de France ce millésime par des chaleurs sans excès dans la journée, des nuits fraîches, une sécheresse entrecoupée de rares petites pluies. Les blancs : très aromatiques, finesse, complexité, notes fruitées (poire, pêche, fruits exotiques), fraîcheur végétale et touches minérales. En bouche équilibre, nervosité, sensation de plénitude et de puissance, longs, persistants et de garde. Les rosés : robe pâle, saumonée, arômes de fraise, framboise, banane, élégance, vif et frais. Les rouges : très colorés. Arômes de fruits rouges (griotte, framboise) typés et élégants. Tanins fondus en bouche ample, du gras, un peu d’acidité avant la fermentation malolactique.
 
Beaujolais
Région épargnée par les intempéries, les raisins sont remarquables en maturité et équilibre avec une récolte normale en quantité.
 
Alsace
Thierry Fritsch, (œnologue au CIVA) : Un millésime pas simple où la météo et les drosophiles (sur le gewurztraminer, le pinot noir, le muscat et un peu sur le pinot gris) furent des trouble-fête. Mais en septembre l’état sanitaire était globalement satisfaisant. Rapidité et technicité, tris sévères dans les parcelles, clarification rapide des moûts avant fermentation furent indispensables. Globalement, les vins auraient moins de gras et d’ampleur mais seraient très frais. Les vins de base pour le crémant (riesling et sylvaner) par leur fraîcheur et leur finesse seront gagnants. Arômes très floraux et épicés pour le gewurztraminer.
 
 
Ph.: B.H.

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