Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

09/02/2015

Une petite perle néoclassique au Limbourg

la libre,momento,vie de château,limbourg,jongenboschLe château de Jongenbosch date du début du XIXe siècle. Il n’a jamais été vendu mais est à plaire depuis peu.
 
Philippe Farcy


DANS LA RÉGION DE DIEPENBEEK, au sud de Hasselt, les bâtisses anciennes sont nombreuses. Ce sont souvent des fermes et parfois des châteaux, dont certains sont de très anciens comme la commanderie de Printhagen à Cortessem qui dépendait de l’archi-commanderie teutonique des Vieux-Joncs (Alden-Biesen, n°305), près de Tongres. Ici, à Vliermaalroot, on se trouve face à un domaine qui compta plus de 218 ha au milieu du XXe siècle. Quand il fut constitué voici 210 ans, on n’en comptait pas 150. Après la Seconde Guerre mondiale, des ventes de terres eurent lieu.
 
La création de la propriété contemporaine revient à Guillaume-Joseph van der Meer (1777-1864), rentier originaire de Tongres et grand numismate. Puis Jongenbosch arriva à sa fille Marie-Victoire (1799-1886), qui avait épousé Louis-Guillaume Claes (1788-1874). Louis-Guillaume était le fils de l’avocat Guillaume-Lambert Claes (1752-1841) et d’Anne-Elisabeth Bosch (1753-1834), enterrés à Curange.
 
Or, Guillaume-Lambert fut le plus gros acheteur de biens ecclésiastiques dans la partie limbourgeoise de l’ancienne principauté de Liège, à la suite des événements révolutionnaires. G-L Claes avait été juge de paix et mayeur de Hasselt. Il fut le propriétaire des Vieux-Joncs précités et restés dans sa descendance jusqu’à la vente aux pouvoirs publics en 1971. Il fut également à la tête de l’abbaye de Herckenrode (n°593), et sa descendance Briers de Lumey profite encore du “burg” à Lummen (n°517). On en oublie car la liste de ses biens immobiliers fut longue. Le mariage de Louis-Guillaume et de Stéphanie était une bonne affaire pour tout le monde. Jongenbosch est encore aujourd’hui à leurs héritiers directs.
 
En effet, après Louis-Guillaume Claes vint ici sa fille Stéphanie (1823-1898), dont la mère était Victoire van der Meer. Stéphanie épousa le baron Désiré de Favereau (1821-1882). Puis ce fut le troisième et dernier enfant de ce couple, Aline de Favereau (1857-1935), qui en hérita. Le domaine est aux mains des barons de Cartier d’Yves qui ont hérité de ce lot par le mariage du baron Robert, ici en 1913, avec Yvonne Hermans (1886-1964), fille d’Aline et d’Auguste Hermans (né à Duffel en 1843 et décédé ici en 1922).
 
D’après le site du patrimoine flamand (“erfgoed”), qui signale que les maisons du domaine ne sont pas classées, l’édification du château et de ses dépendances remonterait aux années 1810-1820. On ne connaît malheureusement pas le nom de l’architecte qui a produit en l’espèce un bâtiment conforme aux modes du temps et qui, par sa disposition côté nord, nous fait furieusement penser au château de Beauregard à Froyennes (n°37), à côté de Tournai.
 
L’influence française était évidemment forte à cette époque pour les raisons que l’on sait. La bâtisse enduite est érigée en briques et décorée de pierre bleue pour le peu de décors dont elle jouit, aux baies et aux arêtes des façades. Ils sont limités aux appuis des baies et aux montants des portes. On retrouve ces pierres de la vallée de la Meuse aux oculi, aux colonnes qui soutiennent le balcon de la chambre principale et au perron animé d’un garde-corps ajouré de balustres. À part cela, l’architecte a joué la carte de la simplicité. Peut-être en est-il différemment à l’intérieur ? La maison compte sept travées de long, dont les trois centrales sont en légère avancée, alors que les flancs ne sont percés que d’une baie par niveau. La toiture basse est en pavillon.
 
Du point de vue patrimonial, le château est accompagné de plusieurs édifices à usage de communs, eux aussi de style néoclassique. Ils sont laissés en briques apparentes. Par ailleurs, et c’est un point fort de ce domaine, le château bénéficie d’un grand parc qui fut fort bien planté.
 
Isolé par rapport au village, le Jongenbosch est une maison très aérée située sur une plaine plate et bordée au Nord par un grand bois. Ici non plus, rien ne semble classé, ce qui est une aubaine par les temps qui courent quand on sait que les pouvoirs publics flamands ont commencé en janvier 2015 leurs inventaires de biens meubles dans les demeures classées, afin de les conserver sur place.
 
On visite sur demande, via Eurimobel, 28, rue Octave Soudan à Gand ou au 09.383.83.91. ou www.eurimobel.be.
 
 
Ph.: Eurimobel

Les commentaires sont fermés.