Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

15/02/2015

Comment se prendre les babouches dans le tapis

La Libre, Momento, Ludo, jeu de société, Marrakech, marchand de tapisLe souk est en ébullition : c’est le grand jour du marché aux tapis ! Serez-vous le plus habile des marchands ? C’est le défi que vous lance “Marrakech”.

Maître du jeu: Yves Cavalier


QUOI DE PLUS STIMULANT en cette veille de carnaval que de penser déjà aux vacances, aux palmiers, au parfum du thé à la menthe, à l’appel du désert… Et pourquoi pas Marrakech ? Imaginez la place Jemaa el-Fnaa réservée rien que pour vous et quelques amis que vous aurez conviés à une gigantesque foire aux tapis. Avec un rien d’imagination, c’est exactement ce que propose ce jeu créé par Dominique Erhardt (auteur très éclectique à l’origine de “Crazy Circus”, de “Boomerang” ou de “Méditerranée”, notamment) en 2007 déjà et qui a été réédité à plusieurs reprises.
 
La dernière édition en date bénéficie du talent de la superbe illustratrice Marie Cardouat. Ceux qui ont apprécié son style léger et onirique dans le jeu de communication “Dixit” retrouveront son coup de pinceau avec plaisir. Même si en réalité, l’illustratrice n’est guère responsable que de l’emballage du jeu.
À l’intérieur de cette boîte d’un format moyen, on ne trouve en effet pas de cartes illustrées. Tout au plus un plateau quadrillé et illustré de manière très sobre. Car Marrakech est en réalité ce qu’on appelle un “jeu de pose”. Chaque joueur va essayer de juxtaposer ses tapis, puisque c’est de cela qu’il s’agit, de la manière la plus optimale possible pour remporter un maximum de points et surtout éviter de payer des pénalités à ses adversaires. Voyez plutôt.
 
Chaque joueur est un marchand qui essaie de supplanter les autres. À tour de rôle, chacun lance le dé puis déplace Assam, l’organisateur de la vente, du nombre de babouches indiqué. Si Assam s’arrête sur un tapis adverse, le marchand doit payer une dîme à son propriétaire avant de poser un de ses tapis sur un espace adjacent. Quand le dernier tapis est posé, on totalise les tapis visibles et la somme détenue par chacun des marchands : le meilleur l’emporte !
 
C’est simple. C’est plein de hasard puisque le déplacement du pion de contrainte, Assam, est commandé par les dés. En fait, au fur et à mesure du remplissage du plateau, le joueur essaiera le plus souvent de choisir la moins mauvaise des solutions. Certes, avant de déplacer Assam, le joueur peut le faire pivoter d’un quart de tour pour choisir la direction la plus avantageuse, mais lorsqu’on retrouve des tapis de la concurrence dans tous les coins, il faut avoir les babouches bien accrochées pour ne pas se les prendre dans le tapis adverse. C’est que les pénalités font de plus en plus mal. On paiera autant de dirhams (la monnaie du jeu) à son adversaire qu’il dispose de tapis d’un seul tenant à sa couleur…
 
La Libre, Momento, Ludo, jeu de société, Marrakech, marchand de tapisLes amateurs de stratégie et de prise de tête passeront leur chemin. Par contre, “Marrakech” est un jeu réellement fascinant en partie évidemment par la simplicité (relative) des règles mais aussi par la qualité exceptionnelle et inédite du matériel. Et si on aime les “beaux jeux” qui font mouche quand des amis pas très joueurs débarquent pour la soirée, “Marrakech” est de ceux qui séduisent à coup sûr. Car la simplicité du jeu, qui aurait pu se jouer avec des dominos de carton, est sublimée par le fait que les tapis sont de vraies petites carpettes de tissu, décorées à l’orientale et qu’on a réellement plaisir à manipuler.
 
Et c’est surtout pour cela que “Marrakech” (éd. Gigamic) est un bon jeu. Il parvient à réunir tout ce qui fait le plaisir de jouer pour une trentaine d’euros. Des règles très simples (il se joue dès 6 ans), des parties pas très longues (on gagne ou on perd en moins de 20 minutes) et un matériel original mais agréable à manipuler et qui permet une réelle immersion dans le thème évoqué. Bref, on y croit et c’est pour cela qu’on l’aime.
 
 
Ph.: Reporters/PhotoNonStop

Les commentaires sont fermés.