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15/02/2015

Le jardin botanique Jean Massart

La Libre, Momento, Dehors, jardin, botanique, Jean Massart, AuderghemJean Massart, professeur de botanique à l’Université libre de Bruxelles, crée en 1922, à Auderghem, en lisière de la Forêt de Soignes, un jardin d’expérimentation. Aujourd’hui encore, il porte son nom et continue d’enchanter ses visiteurs.
 
Visite: Marie Nöelle Cruysmans et Marie Pascale Vasseur


CE LIEU EXCEPTIONNEL particulièrement riche est classé depuis 1997. Il a connu des moments difficiles. La construction du viaduc Herrmann Debroux en fait partie. Depuis 2009, c’est la Région de Bruxelles-Capitale qui le gère. Une convention est alors signée entre Bruxelles Environnement et l’ULB, qui y conserve des activités universitaires de gestion et de développement des collections.
 
 
Si cet espace a une vocation didactique, il ne s’agit en aucun cas de nature mise sous verre. Selon la conception de son créateur, des parcelles thématiques et des zones plus libres paysagées sont aménagées. Le lieu concentre, sur une superficie de cinq hectares, rigueur scientifique, enseignements et informations au public. Le Jardin Massart participe à des échanges de graines avec de nombreuses institutions réparties dans le monde entier, permettant le renouvellement et la diversification des collections. Le visiteur fait au fil de la promenade de bien étonnantes rencontres “nature”. Panneaux explicatifs et étiquettes l’accompagnent dans différents apprentissages.
 
Une zone humide
Une partie du jardin est caractérisée par la présence de sources et de mares dans le prolongement des étangs du Rouge-Cloître. Un passage entre ce dernier et le jardin est du reste accessible au public aux heures d’ouverture.
 
Cette zone humide à caractère naturel a pour objectif la conservation d’un biotope marécageux à des fins pédagogiques mais aussi esthétiques. Des espèces sauvages et indigènes s’y sont développées spontanément, d’autres y ont été introduites. La zone abrite de nombreuses plantes typiques de la végétation de ce type de lieu en Brabant. Cet espace très riche est d’une grande productivité et demande des interventions pour en freiner l’eutrophisation – désoxygénation de l’eau entraînée par la prolifération végétale et bactérienne.
 
Cependant, malgré les activités humaines aux alentours et la richesse des sols, les eaux restent ici de bonne qualité. Afin d’éviter que le site ne se “ferme” à la suite d’un développement trop important de la végétation, la zone humide est fauchée début juillet. Le produit de la fauche est exporté et composté. De plus, la zone humide est régulièrement mise à sec et nettoyée pour lutter contre l’atterrissement – en bordure d’une étendue d’eau, accumulation de terre, limon, déchets organiques qui en réduisent la surface. Les assèchements périodiques de l’étang limitent efficacement la réinstallation des poissons. Vie et végétation en tirent profit. La lisière de la partie forestière est maintenue à distance.
 
Des vestiges de la première zone humide mise en œuvre par Jean Massart sont actuellement remis à jour et réhabilités.
 
 
Les prairies de fauche
Au fil des années, de très belles prairies de fauche ont été créées. Au départ, c’est le manque de temps et de personnel qui oblige à adopter cette façon de faire. Quelques espèces indigènes, dont des pieds d’orchidées sauvages, étaient déjà présentes. Jean Vermander, chef jardinier, s’aperçoit des potentialités qu’elles peuvent offrir, pour réintroduire des espèces. Il reçoit des graines qu’il sème à son tour. Depuis, les populations d’orchidées augmentent. D’autres plantes de prairie s’installent d’elles-mêmes ou sont plantées. Aujourd’hui magnifiques, elles sont fauchées deux fois par an, et le foin exporté. Elles sont devenues un outil pédagogique et montrent aux visiteurs qu’un lieu délaissé peut, petit à petit, se révéler passionnant. Patience et bonne compréhension des exigences des plantes, seules, sont nécessaires. Pour les amateurs, le pic de floraison des prairies du jardin Massart se situe au mois de juin.
 
 
Une zone très naturelle
Le jardin est en zone Natura 2000. Aucun pesticide n’y est utilisé. Dans les parcelles à caractère plus naturel, le bois mort est laissé sur place. Source de nourriture et habitat pour toute une petite faune. Mousses, lichens, champignons et insectes spécifiques s’y réfugient. Dans cette nature jardinée, les insectes aussi sont chez eux. Curieusement, c’est pourtant dans les collections les plus formelles que les entomologistes ont observé le plus d’insectes. Ce qui signifie que ce n’est pas parce que c’est cultivé qu’il n’y a pas de richesse entomologique. Précisons que seules quelques familles avaient été ciblées par l’étude et qu’il ne s’agissait pas d’un échantillonnage complet de toute l’entomofaune du jardin.
 
 
Les collections thématiques
Une importante collection de plantes médicinales, classées selon leurs composés chimiques, rappelle leur importance en thérapeutique.
Une collection de plantes cultivées rassemble plusieurs espèces de plantes domestiquées par l’homme ainsi que leurs ancêtres sauvages.
D’autre part, lors de la promenade, le visiteur croise une très grande variété d’arbres et d’arbustes généralement clairement nommés.
Les plus gros exemplaires connus à Bruxelles de Davidia involucrata se trouvent ici. Pendant la floraison, l’arbre est très spectaculaire, les fleurs assez petites sont cachées par de grandes bractées blanches d’où son nom d’arbre aux mouchoirs.
L’arboretum comprend de nombreux conifères, un des Pinus wallichiana du jardin est le plus gros de son espèce à Bruxelles.
Il y a, à toutes saisons, quelque chose à admirer au Jardin Massart. Au printemps, par exemple, une plante un peu étrange et peu connue fleurit çà et là : la lathrée clandestine, Lathraea clandestina. Cette plante parasite apprécie les sols bien approvisionnés en eau mais non engorgés. Elle vit en terrain frais au pied de certains arbres comme les saules, les peupliers, les aulnes. Elle pousse sur leurs racines et puise leur sève. Elle forme à la floraison un tapis de fleurs groupées odorantes.
Un site à Bruxelles à découvrir ou à redécouvrir absolument. Une promenade pleine de surprises, source d’inspiration pour tous.
 
 
En pratique
Adresse : 1850 Chaussée de Wavre, 1160 Bruxelles.
Le jardin est ouvert du lundi au vendredi de 9h à 17h. L’entrée est gratuite.
Le jardin est très facilement accessible par les transports en commun.
Des visites guidées sont organisées.
Plus d’infos sur www.ulb.ac.be et www.bruxellesenvironnement.be
 
 
Ph.: Jardin Massart

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