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21/02/2015

Dans l’ombre du patrimoine montois

la libre,momento,coulisses,mons,sainte-waudru,collégiale,sacristainFederico Zinga est le sacristain de la collégiale Sainte-Waudru à Mons. Ce jeune homme nous raconte
son quotidien dans ce lieu patrimonial unique.
 
Dans un silence de collégiale: Lauranne Garitte


LORSQUE L’ON POUSSE LA GRANDE PORTE en bois de la collégiale Sainte-Waudru, il est impossible de passer à côté de l’ambiance sereine du lieu. Le silence est frappant. Seuls les pas et les chuchotements des touristes rompent le calme omniprésent. Il faut l’avouer : être capitale culturelle attire les foules. La plupart des regards sont attirés vers le haut. La collégiale fait 24 mètres 50 de haut, ce n’est pas rien. Et en ce samedi midi, les rayons de soleil transpercent les innombrables vitraux colorés, conférant d’autant plus de cachet à cette majestueuse église.
 
Sa mission : faire vivre la collégiale
Dans ce haut lieu, Federico Zinga nous attend. Il est, depuis peu, le sacristain de ce bijou patrimonial montois. Sa mission : veiller au bon déroulement des cérémonies et à l’entretien des objets liturgiques. “Je suis paroissien depuis tout petit. J’ai été enfant de chœur ici. J’ai toujours grandi dans l’ombre de cette église. Aujourd’hui, en tant que sacristain, je travaille dans les coulisses de cette collégiale.
 
la libre,momento,coulisses,mons,sainte-waudru,collégiale,sacristainLes journées de Federico se suivent sans vraiment se ressembler. Seul point commun : le jeune homme doit remplir une série de missions pour que la vie de la collégiale tourne. Lire le courrier, compléter les registres, mettre de l’ordre dans la sacristie, passer commande de cierges, d’hosties, être aux petits soins pour la préparation des messes, des mariages, des enterrements, des baptêmes. “En hiver”, raconte-t-il, “il faut que je chauffe l’eau à la bonne température pour que les enfants n’aient pas froid quand on les baptise. C’est un détail, mais pour ce genre d’occasions, je dois veiller à ce qu’aucun détail ne soit laissé au hasard.
 
Dans chaque armoire, l’âme de la collégiale
Nous entrons dans son lieu de travail : la sacristie. C’est là que le prêtre enfile son aube et sa chasuble. Les murs sont recouverts d’armoires en bois. Federico ouvre chacune d’entre elles, et nous présente ce qu’elles renferment. Dans l’une d’elles, il y a les habits des prêtres. Il les montre du bout du doigt. Tout en délicatesse, pour ne pas les abîmer. Dans chaque armoire, c’est un peu l’âme de la collégiale qui dort. Et Federico Zinga veille sur leur sommeil. Quelques armoires plus loin, ce sont les calices qui sont enfermés dans une armoire. Seul le sacristain en possède les clés. “C’est vraiment génial de travailler dans un patrimoine qui vit”, avoue-t-il avec une timide fierté. Dans cette collégiale, le patrimoine n’est pas figé. Les calices, par exemple, sont encore utilisés lors des célébrations. Et le rôle du sacristain est de faire vivre ce patrimoine montois.
 
Marguerite et Désirée sonnent à heures fixes
Après avoir fait le tour de la collégiale, de la chapelle à la châsse de sainte Waudru, en passant par le maître-autel, Federico nous emmène dans une minuscule pièce attenante à la sacristie. Là, un tableau de bord parsemé de boutons de toutes les couleurs est accroché au mur. “C’est d’ici qu’on fait sonner les cloches”, explique-t-il. “Les cloches de Sainte-Waudru s’appellent Marguerite et Désirée”, poursuit-il en souriant. “Un mécanisme les fait sonner à heures fixes, mais lors des grands événements, j’enclenche les cloches moi-même.”
 
la libre,momento,coulisses,mons,sainte-waudru,collégiale,sacristainPréparer la messe, au détail près
Demain matin, c’est dimanche. Federico se vêtira de ses plus beaux habits et préparera la messe dès 11h du matin. Il devra alors penser à tout : les hosties, les calices, les bougies, l’ouverture des missels, l’alignement des chaises, la préparation de l’autel, l’ouverture de la Bible à la bonne page, l’enclenchement des cloches, etc. “Lorsque je prépare un mariage, je dois penser à tout : ouvrir les portes, imprimer et déposer suffisamment de carnets de messe, faire sonner les cloches au bon moment, estimer la quantité d’hosties, et bien d’autres choses.” Toutes ces missions, ce jeune sacristain les remplit entre 9h et 18h six jours sur sept. Le lundi, il est en congé. Le reste du temps, c’est avec fierté et enthousiasme qu’il entretient ce patrimoine montois qui ne dort jamais.
 
 
Ph.: JC Guillaume

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