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21/02/2015

Mons a ses stars

La Libre, Momento, Sorties, Mons Superstar, Mons 2015, expo, personnalitésNous avons testé pour vous l’exposition “Mons Superstar. Des idées et des hommes”. Ludique et technologique, mais pas moins pédagogique, cette exposition vaut le détour.

Tablette entre les mains: Lauranne Garitte


IL Y A TELLEMENT DE MONDE qu’on n’aura bientôt plus de tablettes disponibles”, s’exclame la dame à l’entrée de l’exposition “Mons Superstar”. Samedi après-midi oblige, nombreuses sont les personnes qui sont venues visiter la Capitale européenne de la Culture 2015. Et l’idée de découvrir cette ville, au fil des parcours inventifs de Montois pourtant méconnus, semble plaire.
 
La tablette entre les mains, le casque audio vissé sur les oreilles, la visite peut commencer. Autour de moi, il y a des enfants avec leurs parents, des groupes d’amis, des jeunes, des moins jeunes… Toutes les générations confondues sont là pour jouer le jeu du parcours interactif. Dernière consigne de la dame de l’accueil : “Vous devez scanner les étoiles qui se trouvent au sol, en appuyant longtemps sur ce bouton”, m’indique-t-elle. La suite, c’est la tablette qui me le dictera.
 
Scanner des étoiles et découvrir des inventeurs
Sur le sol, la première étoile renvoie à l’histoire de sainte Waudru, la patronne de Mons. “C’est une femme qui a donné naissance à cette ville !”, annonce l’inscription. Mais instinctivement, je me déplace déjà vers la deuxième étoile, car mon oreille est attirée par une musique qui résonne dans une salle adjacente. Là, un père et sa fille jouent avec les boutons de la stéréo. L’animation cherche à faire comprendre ce qu’est le chant polyphonique, une spécialité de Roland de Lassus (photo), génie de la musique, et star de Mons, en son temps. Plébiscité au XVIe siècle, il était surnommé “Le Prince des Musiciens” et a popularisé le motet (le chant polyphonique à six voix).
 
J’entre ensuite dans la salle suivante. Au centre, un grand instrument astronomique m’indique que je vais en apprendre davantage sur les astres. Il s’agit d’un héliomètre que le scientifique Jean-Charles Houzeau a perfectionné au XIXe siècle. Une piste audio s’enclenche : “Vendredi 6 décembre 1882. 7h30. Je n’ai pratiquement pas dormi de la nuit […]” On entend l’inventeur décrire son état d’esprit le jour où il s’apprêtait à observer le passage de Vénus.
 
Biographies, anecdotes et interaction
Pour chaque superstar montoise, le visiteur a accès, sur sa tablette, à une source d’informations complémentaires aux inscriptions sur le mur. Il prend ainsi connaissance d’une biographie, du détail de l’invention, de quelques anecdotes, et, parfois, une activité interactive lui est proposée. C’est le cas pour Charles Malapert, mathématicien et astronome dont je scanne l’étoile. Il est le premier à avoir établi une carte de la surface lunaire. Autour de moi, les visiteurs sont invités à chercher la lune avec leur tablette. La scène est amusante : chacun tâte l’air avec son écran, dans l’espoir de tomber sur l’astre.
 
Je visite l’exposition au même rythme qu’une famille. À chaque arrêt, la fillette s’écrie : “Yeees, j’ai scanné l’étoile !” La mère, de son côté, conseille au fur et à mesure à ses enfants de faire telle ou telle activité. Même si la technologie fait entrer le visiteur dans une bulle, les échanges sont nombreux et des appréciations se font entendre. C’est dans la bonne humeur que petits et grands participent aux animations proposées.
 
Botanique et géologie
Un peu plus loin, c’est un quiz sur le bambou qui est proposé dans un décor rempli de verdure. On se plonge là dans l’univers botanique de Nicolas Hardenpont et Jean Houzeau (voir rubrique “Dehors”). La géologie est elle aussi abordée, avec Théophile Guibal, inventeur du ventilateur qui renouvelle l’air dans les mines; Albert Toilliez, archéologue passionné du génie des mines; Jules Cornet, fondateur de la géologie du Congo ou encore Alphonse Briart, découvreur des fondements de la tectonique des plaques.
 
En visionnant une amusante vidéo faisant la promotion de remèdes médicaux, j’apprends aussi que Mons avait son Louis Pasteur ! Il se prénommait Martin Herman et luttait pour l’éradication des maladies qui frappaient les pauvres au XIXsiècle.
 
Une expérience interactive hors du commun
C’est alors que je me retrouve à l’entrée d’un couloir de livres. L’exposition touche bientôt à sa fin et je m’apprête à vivre une expérience interactive hors du commun. Après avoir scanné l’étoile de Jean-Charles Houzeau, astronome et rêveur d’un monde nouveau, une voix m’invite à être attentive. Dans ce couloir, dès que je passe devant certains objets, je vis, grâce la réalité augmentée, des scènes du voyage d’Houzeau.
 
L’exposition se termine sur une note plus sociale et idéaliste, avec Alfred Defuisseaux et Achille Delattre, défenseurs des travailleurs, ou Isabelle Blume, “la femme qui a été l’avenir de la femme”. Une féministe montoise, en somme.
 
Je sors de cette expo avec l’agréable sensation d’avoir expérimenté les potentialités de la technologie, tout en apprenant. Mais le livre d’or déposé à la sortie confirme mon sentiment : “L’utilisation de la technologie apporte beaucoup”; “Exquissime”, “Grand !”, est-il noté de la pointe d’un stylo. Une maman houspille ses enfants car l’exposition ferme ses portes. En chœur ils brament : “Je serais bien resté plus longtemps.” Même si Nicolas Hardenpont, Jules Cornet ou Isabelle Blume ne sont pas des stars d’envergure hollywoodienne, cette exposition m’a permis de découvrir la Capitale européenne de la Culture sous un angle sympathique, original, ludique et pédagogique.

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