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22/02/2015

Ghlin, la grande orpheline du patrimoine

La Libre, Momento, Vie de château, Mons, GhlinHainaut Culture et Démocratie a publié naguère encore, en 2013, une plaquette sur les richesses de Ghlin,
près de Mons. Édifiant !
 
Philippe Farcy


MONSIEUR OTTEN, qui dirige la salle de ventes de Maisières sise juste devant le Shape, nous disait il y a bien dix ans que “trouver de la marchandise encore sympathique et convenable dans la région montoise n’était guère un problème. Cela tient à ce que les vendeurs d’aujourd’hui (2004-2005) sont les petits-enfants de gens généralement nantis et qui profitèrent de la prospérité générale de la Wallonie et de l’économie belge. Pour ce qui est des acheteurs, c’est autre chose. Il n’y en a plus ou presque. Un jour le filon sera asséché, mais ce n’est pas pour tout de suite.” Et en effet, le filon n’est toujours pas à sec.
 
Pourquoi une telle introduction, sinon pour dire que cette région fut de 1820 à 1960 d’une très grande prospérité. Dès lors, sur les cendres de l’Ancien Régime, dans cette société nouvelle où toute une frange de la population, hyper active, industrieuse, fière de générer du commerce devait se construire une identité, on acheta des terres, on construisit des maisons de plus en plus grandes et, dans les années 1850-1914, les châteaux dits “éclectiques” poussèrent comme des champignons. Ghlin n’échappa pas à cette embellie patrimoniale qui traversa tout le pays, exception faite peut-être du Luxembourg.
 
Marie-France Debacker, Michel Wautelet et Marie Arnould se sont donc lancés dans une étude du village nommée “À la découverte de ma commune”. Ghlin, plus grande commune du “Grand Mons”, est là avec tout ce qui en constituait la trame religieuse, économique, agricole, scolaire, sociale, politique, à l’appui d’une large diffusion d’images anciennes montrant ce qui avait existé là-bas et finalement ce qu’il reste de tout cela.
 
Dans le domaine qui nous intéresse, ce fut une explosion de joie au XIXe siècle, avant que le XXe siècle ne soit celui de la disparition d’un passé jugé obsolète sans doute, surtout du point de vue politique. D’orange la région passa voici plus de cent ans au rouge et, si ce ne furent les guerres, ce fut la lutte des classes mêlée à une incurie chronique qui fit table rase de fort belles demeures.
 
Pour la région montoise, on placera en point d’orgue (de Staline sans doute), la perte du très proche château d’Havré, chargé d’une histoire immense pourtant, que même le chanoine Puissant ne put sauver du je-m’en-foutisme. Là ce fut un drame national.
 
Pour Ghlin, le drame est localisé; mais à travers le pays, il s’est répété en des centaines de lieux. Ghlin n’est donc qu’un exemple. La perte du patrimoine castral de la seconde moitié du XIXe siècle dans notre royaume est une chose terrible que les générations futures reprocheront amèrement à celles qui tenaient le pays entre les années 20 et 80 du siècle passé. C’est à tel point que les châteaux éclectiques de qualité et de plus de 1000 m² habitables sont plus rares que les châteaux d’Ancien Régime.
 
Ghlin, en tant qu’ancien village, comptait au titre de château pas moins de quinze domaines dont on dénombre ici celui de Milfort, celui de l’Aulnois, celui du Joncquoy, le château Rouge, celui de Moncoureur, puis le château Blanc Marais situé juste à côté du Rouge, celui de la Barrière, celui des Gigault, le Festinoy, le Bois d’Anchin, le château Lamme, les Courroies (châlet du Joncquoy), celui des Vanderstocken.
 
Milfort existe encore mais le parc est loti. L’Aulnois a disparu vers 1944 par voie de guerre. Le Joncquoy, qui fut aux Siraut puis aux Bonaert, était devenu un bien communal; abandonné par la Ville de Mons, il a été démoli en 1992. Le château Rouge, construit par Hubert de Salmon vers 1850, passa aux Tercelin puis à des Sœurs Ursulines et ensuite aux Philippe-Hélin. Après 1945, le juge Brenez y habita. Puis on en fit une résidence de personnes âgées et, en 1975, on le démolit. Le château de Moncoureur appartenait au XVIIIe siècle aux Béhault. Puis il fut vendu aux Bousies, avant de faire retour aux Behault par mariage pour finir chez Damseaux; lui était le fameux auteur de “La Belgique pittoresque” où fourmillent les châteaux en gravures colorées. Le château est ensuite légué à Léon de Patoul et à sa dame née d’Auxy de Launois. Il a été démoli dans les années 1920.
 
Le Blanc Marais appartint aux Joncquoy puis à la baronne de Ergis. Les Behault de Warelles en seront maîtres ensuite. Viendront après eux les Bouillart puis les Perin. Ces derniers vont l’offrir aux “Amis des Aveugles” qui le démoliront en 1983. La Barrière appartint au XVIIIe siècle aux Parédès, puis il passa aux Gigault. La Barrière échut par mariage aux Perin déjà cités. En 1951, les Perin vendirent à la Province du Hainaut qui y installa l’école des Aveugles. Il brûla en partie en 1977 et fut ensuite démoli.
Le château Gigault était avant eux celui de Gaspard Fontaine, mayeur de Ghlin. Les Gigault le reprirent et le gardèrent. Il existe encore mais est divisé en appartements. Le Festinoy qui fut érigé par les Dolez-Maus de Rolley existe toujours; il est aux Bolly. On notera que le Festinoy est presque le petit frère du château de Melle (aux de Potter d’Indoye). Le Bois d’Anchin était aux van Derton et fut monté vers 1890. Il fut offert à l’ONE qui le possède toujours. Le château Lamme est mort jeune au champ d’honneur. Mais c’était le champ des chevaux. De sa brève existence on ne dit rien par ici. Ce qui manque à la liste n’était que villas cossues.
 
Ainsi va la vie, au gré de la santé d’une économie. Amen.
 
Infos : www.hainautculturedemocartie.be
 
 
Ph.: P.H.

Commentaires

I am Frederique Westerman, the granddaughter of Charles van Isterdael, the son of Louise Gigault. My grandfather was born in Mons and became a famous cellist in Western Europe.I was trained as a pianist,but through circumstances was prohibited to continue. I studied law, married,and we were invited to come and work in Australia. I worked in Foreign Affairs, my husband was a townplanner and became the senior planner commissioner of the new capital city of Canberra. I have the complete family tree of the Gigault family, and just wohld love to know whether any of the Gigault family came on one of the first fleets to Australia to set up a wine industry.At a young age I was a representative at a conference of Jeunesse Musicales and was able to speak in French before Radio Bruxelles. My greatest joy would be to be in contact with a member of the Gigault family, and even more, if there was another descendant in Australia, with whom I could take up contact. Count Rubinot(?), I am not sure how to spell the name came to visit my mother in Holland, but somehow she did not follow it up.My grandfather received many decorations, amongst them the Order of Leopold.He was also a friend of la reine Henriette, with whom he made music together. My hope is to find a link, and particularly with another descendant in Australia

Écrit par : Frederique Westerman | 01/05/2015

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