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07/03/2015

Ces jolies filles que l’on rencontre à l’habibliothèque…

la libre,momento,tendances,habibliothèque,paris,vêtements,bibliothèque,locationRencontre avec trois Parisiennes – postmodernes et charmantes –, expressions bien réelles de la mode actuelle. Des filles en vrai, juste un peu plus incarnées que celles que l’on voit défiler à la Fashion Week de Paris.

En mode à l’essai: Aurore Vaucelle

ALLEZ, NE FAITES PAS SEMBLANT. Tout le monde a déjà croisé une jolie fille à la bibliothèque. Celle qu’on n’osait pas aborder parce qu’elle avait le nez dans “La critique de la faculté de juger” de Kant, ou “Les Essais” de Montaigne…
Eh bien, à l’habibliothèque du Marais, on n’est ni timorée ni snob. Ici, tout le monde fait des essais et se réserve la faculté de juger. Car on emprunte non pas des livres mais des habits. Récit.
 
Marine va à l’habibliothèque
 
Marine, 24 ans, a une chevelure de rêve, comme dans les pubs de shampoing, et aime les tenues de femmes “powerful”, pas pour les petites choses fragiles. Elle a choisi dans les rayonnages de l’habibli une robe du soir électrique, ouverte sur l’épaule et un manteau trois-quarts à l’allure sérieuse. Mais ça ne l’empêche pas de faire des moues dans le miroir, en jouant avec son galurin.
 
Comment consomme-t-elle la mode ?
“On se lasse tellement vite… Et moi la première, je suis une acheteuse compulsive. L’habibliothèque, ça sauve beaucoup de mes fins de mois.”
 
Quel regard porte-t-elle sur son image sociale ?
“L’habibliothèque me permet de porter des choses que je n’aurais pas forcément osé porter. Ça me permet aussi d’avoir des choses plus originales, alors qu’à Paris, on reconnaît sur les filles les manteaux Zara ou les pièces Sandro. J e ne veux pas porter la même chose que tout le monde. Alors, certes, il y a des tendances, il y a des choses qui circulent mais, au final, chacun fait à sa sauce…
Bon, maintenant, le problème, c’est que j’ai beaucoup de vêtements qui dépérissent dans l’armoire…
 
Est-ce que l’habit fait le moine ?
Le vêtement qu’on porte peut être extrapolé par rapport à ce qu’on est. Parfois, je porte des pièces excentriques, mais je ne le suis pas tant que ça. Ça force à aller de l’avant.”

Est-elle sensible à la Fashion Week parisienne ?
C’est une période de l’année où on peut se permettre de porter des choses plus excentriques. Un jour, jétais avec mon père en terrasse, et il me demande ‘Mais qu’est-ce qui se passe ici ?’ – ‘Rien papa, Paris n’a pas changé, c’est juste la Fashion Week’… Ça amène une population internationale pointue et lookée. Du coup, dans la rue, on voit de tout. Et on se dit aussi : ‘Si je veux sortir cette petite pièce de mon dressing, c’est le moment de le tenter.’”
 
Marine porte une robe bleu électrique Karel Mills (240 €, empruntée 5 €).
 
 
la libre,momento,tendances,habibliothèque,paris,vêtements,bibliothèque,locationMaud va à l’habibliothèque
 
Maud, blonde comme les blés, cheveux raides, qui parfois devant le miroir jouent aux baguettes de tambour. Elle peut tout porter, sa morphologie l’y autorise, mais ce qu’elle préfère, c’est “être classique, avec une pièce qui claque”.
Maud, elle fait partie de cette génération de femmes modernes, qui glanent l’info sur “les réseaux” et qui travaillent à cent à l’heure sans jamais s’arrêter. Ou peut-être juste un stop à l’habibliothèque.
Elle fait aussi partie de cette génération qui modifie sa façon de consommer. Être propriétaire du produit n’est plus revendiqué.
 
Quel est son rapport à la mode ?
J’ai un travail qui me prend énormément de temps, entre 8h et minuit tous les jours. Je travaille chez Uber, les chauffeurs privés. Avant, je travaillais chez ‘Vestiaire collective’ (site de vente de mode et luxe en ligne, NdlR). J’étais familière des produits de seconde main. Je ne suis pas frustrée de ne pas posséder ce que je porte. Et puis, j’habite à deux pas de l’habibliothèque. Donc c’est un peu ma promenade dominicale. Je prends deux ou trois tenues chaque semaine, c’est très utile, car je suis en représentation tout le temps dans mon boulot… En fait, l’habibliothèque, c’est ma lecture du dimanche…”

Ce qu’elle porte, c’est ce qu’elle est ?
Le week-end, ce que je porte, c’est ce que je suis. La semaine, je n’ai pas le choix de paraître plus âgée, plus sûre de moi. Car je représente une marque un peu controversée. C’est par des pièces un peu fortes que je vais m’affirmer.”
 
Est-ce qu’elle est touchée par la Fashion Week ?
Pendant cette semaine, on va sortir dans certains lieux car on sait où les gens vont. C’est un moyen de se reconnecter à son réseau professionnel. Je sais qu’il y a des ‘influenceuses’ qui viennent à Paris, à ces périodes-là. Sinon, je fais plus attention à mon style.” Difficile, de fait, de se balader en jogging dans Paris durant la semaine de la mode.
 
Maud porte un manteau en lainage gris Gat Rimon (345 €, emprunté 5 €).
 
 
la libre,momento,tendances,habibliothèque,paris,vêtements,bibliothèque,locationCaroline va à l’habibliothèque
 
Miss C. est étudiante en Master en école de commerce, section marketing du luxe. Autant dire qu’elle aime les jolies choses.
Menue, gracile, un peu timide dans le miroir (normal, on n’est pas habitué à se faire mitrailler par une photographe, dans la vraie vie), elle est aussi en retard pour son rendez-vous du vendredi soir. Aussi on se dépêche de lui poser toutes nos questions avant qu’elle ne file vite, enveloppée d’un manteau gris bouclette, chouette, dégoté à l’habibliothèque.
 
Quel est son rapport au vêtement ?
“Je viens ici parce qu’il est important de pouvoir me démarquer des autres étudiantes et aussi de mes copines. On a tendance à toutes s’habiller pareil, nous, les Parisiennes. Zara, Mango, H&M, le trio des classiques si je puis dire, habillent la tribu parisienne…”
On lui demande si cela lui plaît d’être dans la démonstration d’un style qui distingue. “J’aime la mode mais j’ai aussi dû m’y intéresser dans mes expériences passées. J’étais chef de projet dans le secteur luxe et mode. Il fallait sentir les choses…”
 
Que choisit-elle dans les rayonnages ?
Mettre un budget pour emprunter des vêtements à temps partiel, plutôt qu’acheter un manteau basique chez Zara, ça me va. J’ai un gala bientôt et, ici, je peux trouver ce qu’il me faut… Ça commence à être ennuyeux de voir toutes ces copies conformes dans les rues de Paris, On repère le même style partout, il n’y a plus d’identité.” Au final, tout le monde me demande : tu as eu ça où ? Je l’ai emprunté et j’ose le dire.”
 
Suit-elle, en bonne Parisienne, la Fashion Week ?
“À travers les réseaux sociaux, on ne peut pas y échapper. Faut être au courant certes, mais il faut surtout être invité.”
 
Caroline porte une petite robe “Miriam Ocariz” et un collier “Un appartement à Louer”.
 
 
Ph.: Johanna de Tessières

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