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08/03/2015

Les attitudes en disent long…

La Libre, Momento, Bien-être, attitudes, lange corporel, langage non verbalLe langage du corps est passionnant. Derrière une posture, un geste, il y a des messages que décortiquent les spécialistes en analyse comportementale.

Décryptage: Laurence Dardenne


QU’IL EN DIT LONG, LE LANGAGE. Celui des mots, bien évidemment. Mais aussi celui du corps, tout ce langage non verbal. De nombreux spécialistes l’ont analysé, décodé, carrément décrypté comme on dit, et sous toutes les coutures. À tel point que, face à eux, on n’oserait plus croiser les jambes ou se gratter derrière l’oreille, par peur d’être analysé, voire mis à nu.
 
Cette fois, ce sont deux docteurs en psychologie américains, en l’occurrence Jack Schafer, un ex-agent du FBI et consultant dans le renseignement, et Marvin Karlins, docteur en psychologie, qui nous aident à décrypter nos interlocuteurs et à influencer la façon dont ils nous perçoivent. L’objet ou le sujet de leur ouvrage qui vient de sortir ? “Comment attirer la sympathie et vous faire des amis” (Ixelles Éditions, 19,90 €).
 
Sous ce titre, les auteurs, spécialistes de l’analyse comportementale, nous proposent des pistes pour améliorer nos relations, en développer de nouvelles. Ou simplement entretenir des relations amicales, familiales et professionnelles sincères et durables. Mais aussi, par-dessus tout, agréables.
 
De manière très concrète, en décrivant des situations du quotidien (malheureusement trop peu illustrées de piètres photos en noir et blanc), ils nous expliquent comment améliorer notre quotient de sympathie, comment développer un climat d’ouverture propre à se faire des amis, ou encore utiliser la formule de l’amitié pour tirer avantage de toute situation.
 
Qu’est-ce que la formule de l’amitié ? Amitié = proximité + fréquence + durée + intensité. “La proximité est un ingrédient essentiel de toute relation personnelle, explique le Pr Jack Schafer, l’ex-agent du FBI. Être à proximité de l’individu que l’on veut recruter comme espion est indispensable au développement d’une relation personnelle avec lui. La proximité le rend plus enclin à vous trouver sympathique et favorise l’attirance mutuelle. Deux individus qui partagent un espace physique ont plus de chances d’être attirés l’un vers l’autre, même s’ils ne parlent pas.” Tout cela paraît évident, mais ce n’est pas si simple car, “pour opérer, le facteur de proximité doit s’inscrire dans un environnement non menaçant. Si vous vous sentez menacé par quelqu’un qui est trop près de vous, vous avez tendance à vous mettre sur vos gardes et à vous dérober pour vous échapper.”
 
Et si la fréquence est le nombre de contacts que vous établissez avec un individu, et la durée le temps passé avec un individu sur une période donnée, l’intensité est votre capacité à satisfaire les besoins psychologiques et/ou physiques d’un individu à travers votre communication verbale ou non verbale.
Cette formule, qu’il faut appliquer au quotidien, est le fil rouge de l’ouvrage. “Quel que soit le type d’amitié que vous souhaitez (brève ou durable, calme ou intense), cette relation sera toujours influencée par la proximité, la fréquence, la durée et l’intensité”, souligne l’auteur.
 
Une fois avoir intégré la règle d’or de l’amitié, encore faut-il apprendre, connaître et, surtout, pratiquer le langage de l’amitié. Car oui, il est possible d’utiliser la communication non verbale pour se faire des amis. Ou des ennemis. “Les signaux amis agissent comme un chasse-neige qui déblaie la voie pour vous permettre d’approcher la personne qui vous intéresse et de lui faire bonne impression”, explique encore le docteur en psychologie. Pour savoir où vous en êtes dans votre échange avec une personne qui vous intéresse, et apprendre à décrypter les comportements, voici quelques indices.
 
Parmi les signaux amis, indiquant que le courant passe, les auteurs citent : le mouvement rapide des sourcils, l’inclinaison de la tête sur le côté, des sourires fréquents, un contact visuel prolongé, un toucher complice, un mimétisme comportemental, une inclinaison du buste en avant, des chuchotements à l’oreille, une gestuelle expressive, une posture d’ouverture, la suppression des barrières, des yeux largement ouverts, une tendance à passer sa langue sur les lèvres (chez la femme), des signes de tête affirmatifs fréquents, un partage de nourriture…
 
À l’inverse, les signaux ennemis qui indiquent que le courant ne passe pas sont : un froncement des sourcils, des roulements d’yeux, une absence de sourire et un regard fixe, l’absence de toucher, de synchronie dans les postures, un mouvement de retrait, le recul du buste, une tendance à se tortiller les cheveux ou à passer sa main dedans sans contact visuel, une posture agressive, d’attaque ou de fermeture, la création de barrières ou l’utilisation de barrières existantes, les yeux plissés, des bâillements simulés, des signes de tête négatifs, une grimace de dégoût avec le nez...
 
 
Exemples
 
Certains signaux non verbaux en disent long. Exemples de signaux amis, indiquant que le courant passe : l’inclinaison de la tête sur le côté, les sourires fréquents, le contact visuel prolongé, le mimétisme comportemental, l’inclinaison du buste en avant, une gestuelle expressive, une posture d’ouverture (au niveau des bras, par exemple), des yeux largement ouverts… A contrario, les signaux ennemis, indiquant que le courant ne passe pas : un froncement des sourcils, des roulements d’yeux, une absence de sourire et un regard fixe, un toucher limité ou absent, une absence de synchronie dans les postures, un mouvement de retrait ou de recul du buste, une posture de fermeture (bras croisés, par exemple), la création ou l’utilisation de barrières (comme le GSM)…
 
70 % des informations échangées entre deux individus se font à travers la nourriture et la boisson. “Des personnes qui boivent un verre ou mangent ensemble ont toutes les chances d’entamer une conversation, poursuit l’auteur. Observer l’endroit où votre interlocuteur pose sa tasse, par exemple, peut vous aider à dire si vous avez réussi à créer un lien. S’il pose sa tasse entre vous deux, cet objet forme une barrière qui montre que la relation de sympathie n’est pas encore établie. En revanche, s’il la pose sur le côté pour laisser un espace ouvert entre vous deux, c’est un signal positif de sympathie à votre égard.” Ces trois photos montrent une femme et un homme en train de sympathiser. Sur la première, les deux tasses forment une barrière alors que sur la troisième, la jeune femme a mis sa tasse sur le côté après avoir bu, supprimant la barrière. La sympathie opère…
 
 
La communication verbale
 
Quatre principes à respecter. Pour nouer et cultiver des amitiés à travers la communication verbale, il y a quelques grands principes à respecter : 1. savoir écouter en étant totalement concentré sur ce que la personne dit; 2. observer son interlocuteur avant, pendant et après avoir reçu et transmis l’information; 3. exprimer verbalement ce que l’on pense et la manière de le dire influence votre capacité à vous faire des amis; enfin, 4. savoir être en empathie, montrer à votre interlocuteur que vous savez ce qu’il ressent.
 
 
Ph.: Christophe Bortels

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