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14/03/2015

14 photographies sous les mers

La Libre, Momento, Sorties, plongée, expo, photos, sous-marines, Fred Buyle, Nemo 33Une exposition de photographies sous-marines a lieu actuellement dans les profondeurs de la piscine Nemo33. Pour la visiter, il faut faire son baptême de plongée. Expérience.

Dans les profondeurs de Nemo33: Lauranne Garitte

À PREMIÈRE VUE, la piscine n’a l’air de rien. Et pourtant, jusqu’en février 2014, c’était la piscine la plus profonde du monde. Tout autour, une dizaine de plongeurs se préparent, palmes aux pieds, bombonnes d’oxygène entre les mains et masque vissé sur leur nez.
 
Parmi eux, Alain. Il sera notre instructeur pendant les 3 heures que durera le baptême de plongée. Il commence d’abord par nous enseigner les bases théoriques : les signes à utiliser pour communiquer, les bons gestes pour préparer son matériel, le vocabulaire de chaque partie de l’équipement, etc.
 
En pleine immersion
Très vite, nous voilà dans l’eau. L’immersion n’est pas désagréable, puisque la température de l’eau atteint les 30 degrés. Vient ensuite le moment des divers exercices : enlever l’eau de son masque, récupérer son détendeur rapidement. Et ce n’est qu’après que tout se passe sous l’eau. Les premières tentatives d’immersion sont hésitantes. Il faut s’habituer à tout l’attirail qu’on a sur le dos. La respiration, elle aussi, qui n’est pas naturelle, demande un certain moment d’adaptation. Mais à coups de signes nous demandant si tout va bien, Alain rassure.
 
Petit à petit, nous nous enfonçons dans les profondeurs de la piscine, sans trop s’en rendre compte, tant nos pensées sont focalisées sur la technique. On tente de ne pas blesser ses tympans lors de la descente, on joue avec le volume d’air contenu dans le gilet pour se stabiliser. Et on atteint alors le début de l’exposition, à deux mètres de profondeur.
 
Fred Buyle, photographe et apnéiste
Les photos sont accrochées aux murs. Plus on descend, plus nos regards sont attirés vers chacune d’entre elles. On y voit un plongeur sans assistance photographier un requin. Ou une plongeuse en apnée nager naturellement au beau milieu de la flore marine.
 
Toutes sont l’œuvre de Fred Buyle, apnéiste et photographe belge. Ancien apnéiste de compétition, ce plongeur a décidé de révéler ce qu’il voyait en mer. Muni de son appareil photo, il est le seul photographe professionnel sous-marin au monde à exercer en apnée. Lentement mais sûrement, les modalités techniques sortent de nos esprits et la sensation de légèreté s’installe. Nous descendons jusqu’à 10 mètres de profondeur, jusqu’à des grottes où notre expédition prend fin.
 
La remontée se fait dans le bruit des bulles provoquées par le détendeur. On est loin du calme présumé des profondeurs, mais la sensation n’est pas moins agréable. Après quelques derniers regards jetés aux photos, nous arrivons petit à petit au niveau zéro. Le temps de sortir de sa bulle fictive, d’atterrir sur terre et de retrouver son attraction.
 
Découvrez la vidéo de notre expérience sur la page Facebook: Momento-La Libre (http://on.fb.me/1AfoWTI).
 
 
“C’est l’animal qui décide de la rencontre”
 
Fred Buyle est le seul photographe sous-marin professionnel au monde à travailler en apnée.
 
Vous plongez en apnée pour photographier le monde sous-marin. Combien de temps restez-vous sous l’eau ?
Quand je plonge pour des photos, le but n’est pas de rester longtemps sous l’eau. Cela peut varier entre 30 secondes et 3 minutes. Tout dépend des mouvements et du matériel photographique que j’emmène avec moi.
 
Plonger sans protection (dans une cage, par exemple), ce n’est pas dangereux ?
Non, le plus important est de rester à l’écoute des animaux. Ce sont eux qui décident de la rencontre. Et c’est à nous de nous adapter pour que celle-ci se passe bien.
 
L’apnée aide à rester plus discret.
Oui, quand on plonge en apnée, on ne fait pas de bulles et donc peu de bruits gênent l’animal.
 
Une fois sous l’eau, que ressentez-vous face aux animaux ?
Beaucoup de respect. Quand on part à leur rencontre, on est des visiteurs dans un milieu qui n’est pas le nôtre.
 
Vous n’avez pas peur ?
Il ne faut pas avoir d’appréhension, car l’animal va le sentir. Le principal est de rester prudent, de mesurer ses gestes et de suivre ce que l’animal décide.
 
Les requins ou les orques ne sont donc pas dangereux…
Je ne dis pas cela, mais il y a clairement un délit de sale gueule envers ces animaux. Une orque, par exemple, n’a jamais attaqué un homme dans son milieu naturel. Les requins blancs, quant à eux, sont très timides. Si l’on ne fait pas de bruit, il n’y a pas de danger.
 
Quel est votre dernier meilleur moment passé sous l’eau ?
C’était il y a quelques semaines, en Norvège. J’ai plongé avec des orques. Malgré des conditions météorologiques hivernales et une eau très froide, tout s’est extrêmement bien passé, et j’en ai ramené de magnifiques clichés.
 
Ce sont des clichés comme ceux-là qui sont exposés actuellement dans la piscine Nemo33. Pourquoi avoir voulu exposer vos photos sous l’eau ?
Les photos rendent bien sous l’eau. Et comme le plongeur est isolé sensoriellement dans l’eau, il est davantage pris dans la photo. Et cela donne une autre vie à ces clichés.
 
 
Ph.: Fred Buyle

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