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22/03/2015

La beauté bigarrée des paysages chiliens

la libre,momento,escapade,chili,voyage,que voirLe territoire effilé du Chili s’étire sur plus de 4 000 km de long, couvrant une belle frange de l’Amérique latine. Soit un pays qui en cache plusieurs, aux paysages riches en contrastes. Le centre est méditerranéen et fertile, avant de se couvrir de forêts, prairies et lacs pour faire place aux steppes, fjords et glaciers du sud du pays. Le nord est aride et ponctué de volcans aux cônes enneigés. Survol entre villes et nature choisies, de Santiago à Arica.

Du centre à l’extrême nord du pays: Frédérique Masquelier

 
 
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Capitale du Chili depuis sa fondation, en 1541, Santiago concentre près d’un tiers de la population du pays. Flanquée à l’Est par la cordillère des Andes et à l’Ouest par celle de la Costa, elle s’étend sur des kilomètres de part et d’autre du Mapocho, le cours d’eau (pour ne pas dire de boue) qui emprunte son territoire pour rejoindre le Pacifique, non loin de Valparaíso. Véritable mégalopole, elle présente un visage métissé, dont les traits varient au rythme des quartiers qui la composent. Au rang de ceux qui valent le détour figure le Centro, cœur historique de Santiago quadrillé de rues à l’américaine, qui vibre surtout en journée. Bellavista et Lastiarra font office d’incontournables pour leur âme d’artiste et leur vie de bohème. Mais aussi pour la couleur festive de leurs nuits, qui fait écho à celle de leurs façades, joliment graffées. Pour une vue à couper le souffle de cette marée urbaine, la grimpette sur la colline de San Cristóbal s’impose.

 

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Comment ne pas tomber amoureux de Valparaíso ? Sise à une centaine de kilomètres de Santiago, au bord du Pacifique, la vallée du paradis (valle del paraíso) se décline en non moins de… 45 collines (cerros), qui se visitent en serpentant de l’une à l’autre dans un labyrinthe de ruelles. Soit une sacrée séance de cardio, parfois entrecoupée de pauses où l’on reprend son souffle en admirant l’horizon côtier à bord de l’un des 15 ascenseurs classés. Ceux-ci assurent leur service depuis plus de… 130 ans pour les plus illustres d’entre eux. Çà et là, des placettes s’étirent de tout leur long à flanc de collines. Elles offrent une vue plongeante sur la baie et les façades colorées des immeubles, entre deux coups d’œil sur les étals des artisans qui y exposent leurs créations. Ce relief incroyable est aussi la source de découvertes inopinées : là des adorables jardins suspendus cachés en intérieur d’îlot, ici une jolie terrasse s’avançant dans le vide, plus loin, des volées d’escaliers reconvertis en espace muséal à ciel ouvert pour les graffeurs les plus émérites. Car Valparaíso est leur terrain de jeu, dont le plus célèbre, Inti Castro, y a grandi et fait ses armes avant de parcourir le monde, des États-Unis au Liban, en passant par la Pologne, l’Espagne, la Norvège et même… la Belgique. C’est que la ville portuaire – son port est le plus important du pays, et même de toute l’Amérique latine, avant que ne soit creusé le canal de Panama – est une source d’inspiration inépuisable pour les artistes. Pablo Neruda en personne y a écrit nombre de ses vers, installé dans La Sebastiana, l’une des trois demeures du grand poète chilien.
 
 

 
la libre,momento,escapade,chili,voyage,que voirSan Pedro de Atacama
 
Niché à plus de 2 400 mètres d’altitude, au cœur d’une oasis perdue en plein désert d’Atacama, l’adorable village de San Pedro de Atacama est, malgré l’affluence touristique, relativement préservé. Et pour cause, il est construit en adobe, soit en briques de terre crue mêlées à de la paille et séchées au soleil, et protégé à ce titre. Mais ce n’est pas seulement pour profiter de son charme traditionnel que les voyageurs s’y rendent en masse : San Pedro est le centre névralgique et le point de départ d’une série d’excursions, qui rayonnent dans toutes les directions. Non loin, la splendide vallée de la Luna offre ses roches nues et acérées, ses dunes de sable ocre et ses grottes de sel aux amateurs de paysages lunaires. Sa voisine, la vallée de la Muerte, est le témoin minéral des crimes perpétrés sous le régime du dictateur Pinochet : c’est là que ses opposants y disparaissaient à jamais. Aux alentours, le désert d’Atacama marque l’horizon de son hyperaridité, la plus intense au monde. S’y succèdent des volcans culminant à près de 6 000 mètres d’altitude, des lagunes dont l’eau, turquoise et transparente, est glaciale, des geysers qui se réveillent aux petites heures du jour pour mieux se donner en spectacle, et un salar, éponyme. Moins impressionnant que son voisin bolivien, le salar d’Uyuni, celui d’Atacama vaut tout de même le détour. Tous deux sont en effet très différents et ne se ressemblent en rien. À quelques heures de voiture, le désert d’Atacama fait place à l’Altiplano, qui s’étend également sur l’Argentine, la Bolivie et le Pérou. Situé dans la zone la plus large de la cordillère des Andes, il décline ses steppes infinies à perte de vue, étendues désolées balayées par le vent. Seule touche de couleur, une herbe sèche qui jaillit en touffes blondes, à l’image d’un ciel moutonnant. Tandis que la vie sauvage s’observe de près : nullement impressionnés, des troupeaux épars de vicuñas ou d’alpagas paissent nonchalamment, sans prêter attention au ballet des voitures et des randonneurs qui s’y hasardent.
 
 
la libre,momento,escapade,chili,voyage,que voirIquique
 
Voilà une ville pour le moins surprenante, coincée entre le Pacifique et une haute falaise aride, depuis laquelle elle se laisse découvrir de tout son long au voyageur qui y entre depuis l’arrière-pays. Un spectacle incroyable ! Une fois le niveau de la mer atteint, Iquique se révèle partagée entre une station balnéaire agréable et une ville portuaire animée, son port étant l’un des plus importants du Chili. Ce qui n’empêche pas les hauts immeubles à appartements luxueux de s’implanter dans son voisinage, avec vue imprenable sur les docks, doux fumet en prime. Le centre d’Iquique est difficile à identifier, tant la ville, capitale de la région éponyme, s’est étendue parallèlement à l’océan, situation géographique étriquée oblige. Il n’empêche, lorsqu’on y parvient, on a le plaisir de découvrir, entre autres rues plus ou moins charmantes, des vestiges de l’époque coloniale. La rue Baquedano, traversée par un élégant tramway, et la place Arturo Prat sont en effet bordées de majestueuses demeures en bois, dont les superbes façades rivalisent de couleurs.

 

la libre,momento,escapade,chili,voyage,que voirArica

Ville la plus septentrionale du Chili, à proximité du Pérou et à quelques heures seulement de la Bolivie, Arica est… absolument sans intérêt. Décrite dans les guides comme étant “animée et plutôt agréable”, elle s’avère en réalité morne et sans âme, aux contours peu flatteurs. Ses “belles plages” ne le sont pas tant que ça, et difficilement accessibles qui plus est, puisqu’il faut traverser à ses risques et périls une véritable autoroute urbaine pour y parvenir. À l’exception d’une balade sur l’imposante et abrupte colline (El Morro) qui la surplombe, dont les mignonnes ruelles avec vue sur la ville récupèrent un peu la mise, le séjour à Arica est à proscrire. Si ce n’est à titre d’étape pour rayonner dans la région, laquelle est, elle, vraiment superbe. L’excursion à ne pas rater est celle qui mène au lac Chungará, perché à plus de 4 500 mètres d’altitude, au cœur du magnifique parc national de Lauca. C’est le repère des flamants roses, qui en égaient la vue, avec, au loin, les sommets saupoudrés de blanc des volcans Parinacota et Pomerape. Pour y parvenir, depuis Arica, la route traverse des paysages montagneux et arides, peuplés de cactus candélabres, de même que nombre de petits villages traditionnels, dont celui de Putre (3 500 m), charmant point de chute des randonneurs.
 
 
Ph.: Frédérique Masquelier

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