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11/04/2015

C’est un fameux trois mâts. Et il est belge !

La Libre, Momento, Ludo, jeu de société, pirates, belge, piratoons“Piratoons” est la première création ludique d’un tandem de pros bien de chez nous qui ne se prennent pas au sérieux. La preuve sur un plateau.

Maître du jeu: Yves Cavalier


SUR LES DEVANTURES des bonnes boutiques de jeux de société, s’expose depuis quelques semaines une jolie boîte baptisée “Piratoons”. Un jeu de pirates ? Un de plus ? Oui, d’accord, le thème a probablement été exploité au moins 1275 fois au fil des dix dernières années. Mais c’est d’abord la preuve que c’est une thématique qui accroche, et c’est aussi la démonstration qu’il est toujours possible d’innover. Et c’est ce qu’ont fait Olivier Grégoire et Thibaut Quintens, deux sympathiques baroudeurs du monde ludique qui ne sont pas totalement inconnus du public.
 
‘Piratoons’, c’était à l’origine le pari fou de développer un jeu de société en parallèle d’un jeu vidéo/multimédia avec le même univers”, explique Olivier. “Mais le jeu vidéo s’est éclipsé et, nous, on a continué tout seuls ! Nos contraintes, on les a fixées nous-mêmes : 30 minutes maximum pour un jeu familial mais pas que… On voulait retrouver des sensations d’enfance, le plaisir de faire des constructions, de mélanger des styles avec une mécanique très ludique. Bref, on voulait un jeu ‘improbable’, avec du fun mais aussi du défi ludique, tactique, du bluff, des retournements de situation…
 
Et tout cela ne s’est pas fait sans peine, car l’originalité, ça se travaille. Au niveau du matériel, notamment : “Le truc du coffre est venu assez rapidement”, se souvient Thibaut en évoquant ce curieux plateau de jeu à couvercle. “Mais on a essuyé pas mal d’essais infructueux, notamment avec ce drapeau sous lequel on ‘cachait’ les tuiles. Et hop, on le soulevait d’un coup… mais tout s’envolait. Ça ne marchait pas du tout ! Mais le plus gros boulot a été l’équilibrage du scoring.”
 
Et Olivier embraie : “On a bossé deux ans et demi à tout ça, le temps d’explorer 1000 pistes et de choisir les moins mauvaises… On a surtout profité de notre expérience d’animateur ludique. Dans notre quotidien, on passe notre temps à mettre les gens en jeu et à les observer jouer : ça nous sert beaucoup dans notre processus de création car nous ramenons tout à la notion de sensation de jeu. Ça nous permet de trier les bonnes et les fausses bonnes idées… Enfin, on espère ! Après, c’est comme un bébé, il nous échappe et vit sa vie en fonction de ses rencontres avec les joueurs, avec les gens… et c’est là que ça devient magique, que toutes les prises de tête et les calculs de probabilité s’effacent devant le plaisir des joueurs.
 
D’ailleurs, les deux compères ne se lassent pas des nombreuses séances de présentations auxquels ils sont conviés pour constater qu’ils sont en train de gagner leur pari avec “Piratoons” : concevoir un jeu convivial et facile à prendre en main mais qui fait aussi confiance à l’intelligence du joueur, avec un scoring qui demande plusieurs parties pour être maîtrisé. “On ne voulait pas un jeu ‘kleenex’ dont on comprend toutes les ficelles dès la première partie”, insistent-ils.
 
“Piratoons” a été retenu parmi les dix finalistes du prestigieux concours des créateurs de jeux de Boulogne Billancourt, en France, et a remporté le concours des créateurs du Festival en Jeux de Court-Saint-Étienne  ! Des encouragements qui ont incité Thibaut à devenir lui-même l’éditeur du jeu, histoire de garder la main sur la création.
 
Et puis “Piratoons”, c’est aussi une belle aventure humaine, l’histoire de deux potes issus d’univers ludiques un peu différents mais qui se retrouvent autour de la même passion et des mêmes valeurs : “Faire partager le jeu, que ce soient ceux des autres… ou le nôtre…, on s’est un peu chamaillé version ‘vieux couple’ mais quel pied on a pris ! D’ailleurs, on travaille déjà sur un autre jeu, tout aussi improbable que celui-là…
 
 
Comment on joue à “Piratoons” ?
“Piratoons”, c’est l’histoire de pirates qui vont se lancer à l’assaut de quelques épaves pour en récupérer tout ce qui permettra d’améliorer leur modeste voilier de départ. À chaque manche, un des pirates va dévoiler un nouveau coffre rempli de trésors, de morceaux de bateau, de voiles et même de membres d’équipage. Et puis, le temps du sablier, chacun va placer ses pirates sur les éléments qu’il convoite. Ça chahute et ça se bouscule un peu, et puis top chrono : qui a placé le plus de pions sur quoi ? C’est le partage avec des déconvenues pour les minoritaires mais aussi pour ceux qui ont été trop gourmands et qui ont choisi des pièces qui ne se placent pas sur leur navire. Et dans ce cas, on met les invendus aux enchères “chinoises” avec évidemment un peu de bluff à la clé. Les manches se succèdent et, à la fin de la partie, ont fait le décompte : des points positifs pour qui a le plus grand bateau, le plus de voiles, le plus de canons, mais aussi des pénalités pour qui n’a pas rempli tous les espaces libres ou qui n’a pas fait les bons assemblages. Le décompte est un peu fastidieux mais cela n’empêche pas qu’on a aussitôt envie de prendre sa revanche. Un excellent jeu à jouer en famille (dès 8 ans) ou entre adultes.

 

Piratoons, de 2 à 4 joueurs, à partir de 8 ans. Durée 30 minutes. Env. 35 euros.

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