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12/04/2015

Marseille à la croisée des chemins

La Libre, Momento, Escapade, MarseilleLa carte de France vue par un Marseillais est en forme de triangle : sa large base supporte le reste du pays. Ses habitants sont fortement attachés à leur ville portuaire, vibrant encore du souvenir de son année culturelle.

En balade: Sonia Johnson


LA CITÉ PHOCÉENNE EST PORTÉE par son port, le deuxième de Méditerranée, symbole de son ouverture aux cultures du monde. Ville lumineuse aux contrastes multiples, Marseille possède de nombreuses facettes. Chaque quartier porte un peu de sa modernité en marche et de la richesse de son héritage. Certains chemins se rappellent l’histoire de la ville et autorisent la préservation de sa mémoire, tandis que la Canebière, jamais loin, sait veiller sur ses visiteurs. La complexité de Marseille est à tous les coins de rue, son grouillement semble permanent, son mélange de populations tellement apparent.
 
Avant 2013, la ville s’est lancée dans des travaux bruyants avec un projet urbain d’innovation et de restructuration. En ligne de mire, l’année européenne de la culture (2013), ou encore Marseille en tenue de soirée. Le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM), dont le budget est aujourd’hui questionné, ouvrait seulement ses portes. Les habitants ont senti une vraie transformation de la ville et, surtout, un travail indéniable sur son image. Quant aux quartiers populaires du nord de la ville, ils n’ont pas beaucoup participé à la fête mais ont su préserver la solidarité et la cohésion des principaux acteurs sur place : les associations, les militants, les parents, qui forment souvent un réel rempart contre l’exclusion et entretiennent un joyeux vivre ensemble sur des territoires où doivent fleurir de nouvelles alternatives.
 
 
Le Vieux-Port de Marseille : espace des piétons
L’ADN de Marseille se trouve dans son port : touristes, familles, vendeurs de poissons à l’étalage et promeneurs participent à son ambiance grouillante et conviviale. Les Marseillais aiment se retrouver autour de l’œuvre de Norman Foster, l’Ombrière, grande structure en forme d’aile d’avion qui a vu le jour en avril 2013. Cet espace couvert de 1 000 m², tout en acier inoxydable avec effet miroir, protège de la pluie ou du soleil. Toute la journée, des groupes aiment s’y prendre en photo, ou simplement se regarder d’en haut. Les “Gabians” (nom provençal d’oiseaux ressemblant à des goélands de taille moyenne), de plus en plus présents dans la ville, adorent aussi s’en servir comme piste d’atterrissage.
Sur le Vieux-Port, une plaque commémorative raconte la légendaire fondation de la ville par des marins grecs venant de Phocée, vers l’an 600 av. JC. “Marseille avait pris le relais de la Grèce et s’appelait la nouvelle Athènes. On parlait ici le meilleur grec de la Méditerranée”, explique le conteur de rue Jean-Pierre Cassely. “Il régnait à Marseille un climat de culture et de sécurité jamais retrouvé.” Une histoire circule selon laquelle les gens étaient si pieux et honnêtes qu’ils se faisaient des prêts, remboursables dans l’au-delà.
 
Le Clocher de Notre-Dame-des-Accoules
La musique des cloches est souvent présente sur la place Villeneuve Bargemon. Elle s’harmonise avec la vue de l’ancien Hôtel Dieu, grand bâtiment transformé en hôtel cinq étoiles. Ce lieu, rénové depuis moins de dix ans, offre un magnifique point de vue sur le port et sur l’une des plus anciennes maisons de Marseille, la Maison diamantée, avec une façade ornée de pointes de diamants.
La Grand-Rue est l’artère principale de la ville antique et médiévale, elle longe le Vieux-Port et part du centre Bourse. Le voyageur arrive ensuite devant l’Église des Accoules, détruite durant la Révolution française et dont on aperçoit seulement la nef. Le clocher, classé Monument historique en 1964, a été préservé – grâce à ses cloches et son horloge très utiles, toutes époques confondues. L’église est située au départ d’une petite colline, sur la place des Augustines. La porte d’entrée du Couvent des Augustines côtoie des bâtiments du XVIIIe siècle, et Napoléon aurait séjourné dans l’un d’entre eux lors de son premier séjour à Marseille.
 
L’ancien quartier du Panier
Avant la guerre, on appelait le quartier du Panier le village corse car, dans les années 50, le manque de travail dans l’Île de Beauté a entraîné ses habitants vers Marseille. Ce secteur est le dernier survivant du Marseille historique, tous les quartiers autour de la Mairie et du Fort Saint-Jean ayant été détruits pendant les combats. Des vagues d’immigration se sont succédé au Panier, lui donnant ses attributs de quartier populaire. “Ce n’est pas qu’on est meilleur ou plus mauvais, c’est qu’on est différent. On a le verbe un peu haut, on parle un peu fort”, se défend un habitant, “les gens viennent de tous les horizons à Marseille”. Pour un autre, le Panier est le plus vieux quartier de la ville, voire même de France. La Place de Lenche, où se trouvaient l’ancienne agora grecque et l’ancien forum romain, serait même la plus vieille place d’Europe.
Au fil du temps, le quartier est en train de se transformer : les ateliers de céramistes prennent la place des anciens bistrots, certains anciens disent même que le Panier prend des airs de Montmartre.
 
 
Ph.: Reporters

10:09 Publié dans Escapade | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la libre, momento, escapade, marseille | |

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