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25/04/2015

Gastronomie mobile

La Libre, Momento, Papilles, Brussels Food truck Festival, 2015, food truckDu 8 au 10 mai, Bruxelles accueillera la deuxième édition du Brussels Food Truck Festival. Rencontre avec deux chefs sur quatre roues passionnés.

Mise en bouche: Laura Centrella


L’ANNÉE DERNIÈRE, le Brussels Food Truck Festival a été un vrai succès. Malgré le temps pluvieux et venteux, 22 000 visiteurs ont goûté à la street food confectionnée par quarante food trucks venus de Belgique et d’ailleurs. Cette année, la Belgian Food Truck Association, qui organise l’événement, espère attirer plus de 70 000 gourmands.
 
Cette association de professionnels du secteur, créée en janvier 2014, compte aujourd’hui plus de 200 membres, pour environ 290 food trucks en Belgique. Si le secteur est en plein boum, ce n’est pas forcément la poule aux œufs d’or, comme nous l’expliquent deux “food truckers” passionnés qui se sont tous deux lancés dans l’aventure avec leur compagne. À 35 ans, Glenn Godecharle est aux commandes du “Mi Vida”, et Christophe Jeghers, 27 ans, à la tête du “Caravan Kitchen”.
 
 
J’ai travaillé pendant 20 ans dans les cuisines, dont 5 ans comme chef à l’Hôtel Intercontinental de Genève. Je rêvais de devenir indépendant mais c’était la crise et il était difficile de décrocher un emprunt”, raconte Glenn. Lequel a donc opté il y a deux ans et demi pour la formule food truck, persuadé qu’il pourrait s’y exprimer en tant que cuisinier. “C’était la mode du food truck. On a eu un coup de cœur pour un Airstream américain de 1962 déniché aux Pays-Bas et on est partis pour l’Espagne. Mais les lois ambulantes y étaient très sévères; on ne pouvait participer qu’à des festivals. Découragés, nous sommes rentrés en Belgique.

À Bruxelles, en septembre 2014, on a eu un sacré coup de pouce de la commune de Bruxelles, qui a inauguré un parcours food trucks. Nous y participons trois jours par semaine. On paye 35€ par jour alors qu’à Paris par exemple, qui vient enfin d’inaugurer un parcours similaire, les food trucks doivent payer entre 75 et 135€ par jour plus 8 % du chiffre d’affaires ! Moi, si on me propose ça, je n’y vais pas”, déclare Christophe Jeghers, qui a démarré il y a tout juste un an, lors du premier Brussels Food Truck Festival.
 
Christophe travaillait dans une société spécialisée dans la fabrication de cuisines pour professionnels. C’est il y a quatre ans, quand il rencontre sa compagne, forte de diverses expériences dans le milieu ambulant, qu’il décide de vivre de sa passion : la cuisine. “Le food truck permet un investissement raisonnable – entre 8 000€ pour une charrette et 100 000 € pour un camion très bien équipé – et il y a un sacré avantage, car lorsque ça ne fonctionne pas dans une rue, on peut changer d’endroit !” “Quand il fait beau, ça cartonne, avoue Glenn. Je comprends que les restaurateurs râlent car nous n’avons pas autant de charges.” “Mais s’il pleut ça ne fonctionne pas bien, tempère son collègue. Ce n’est pas une mine d’or, on ne s’en met pas plein les fouilles !”
 
 
Actuellement, c’est la mode, constate Glenn Godecharle. Il y a beaucoup de food trucks mais une sélection naturelle va se faire. Je trouve ça triste que beaucoup se lancent sans expérience. Même pour moi, qui étais chef, ce n’est pas facile. Il faut bricoler, savoir tirer une caravane, pouvoir résoudre des problèmes d’électricité…” Pour Christophe, “il faudrait un minimum d’accès à la profession, chose qui n’existe pas actuellement. N’importe qui peut avoir un food truck ! Surtout quand on sait que 35 % des food trucks qui se lancent arrêtent la première année…”
 
Difficile aussi de proposer autre chose que des hamburgers en Belgique ! Lors du dernier Brussels Food Truck Festival, ils dominaient largement. Glenn a choisi le burger pour “Mi Vida” de façon pragmatique : c’est ce qui marchait le mieux en Espagne. “Ici aussi, on apprécie le burger. Nos recettes sont originales. Notre pain est fabriqué par une boulangère, la viande par notre boucher. C’est un burger haut de gamme.”
 
Chez “Caravan Kitchen”, on retrouve le même souci de qualité et de fraîcheur et, même s’il est spécialisé en bagels, Christophe Jeghers avoue qu’il est quasiment impossible de se passer du hamburger. “C’est ce qui est le plus demandé. On doit en avoir un à la carte si on veut faire du chiffre d’affaires. Les organisateurs de festivals choisissent d’ailleurs des camions qui vendent des burgers. Quand ce qu’on propose est trop spécifique, c’est plus difficile d’avoir des clients. C’est pour cela que nos bagels ne ressemblent pas aux bagels américains traditionnels…”
 
 
Aujourd’hui, le succès des food trucks est tel que des industriels veulent aussi leur part du gâteau. Quick, Buffalo Grill, Courtepaille… Tous sont en train de se lancer sur le marché. “On ne veut pas des industriels, ou de camion-comptoirs qui servent des plats préparés. Le but, c’est de tout préparer minute, de tout cuisiner en rue…”, s’enflamme le patron du “Caravan Kitchen”.
 
Le profil de ces deux food truckers est différent mais une chose les rassemble, l’envie de bien faire et de proposer dans leur “Gadgetomobile” une expérience totale : offrir dans un camion au look aguichant un produit à base de produits frais de qualité et à un prix abordable. On en redemande !
 
 
Brussels Food Truck Festival, clap 2e !
 
 
Comme l’année passée, le Brussels Food Truck Festival établira ses quartiers du 8 au 10 mai, au centre-ville, près de la gare centrale. Mais au lieu de 40 food trucks, l’événement accueillera plus de 80 camions, installés cette fois sur 4,5 km². De quoi faire du Brussels Food Truck Festival le plus grand rassemblement de food trucks d’Europe, avec des camions venant de Belgique bien sûr, mais aussi des Pays-Bas, de France, d’Italie, du Luxembourg, d’Allemagne…
 
Autant dire que la variété sera au rendez-vous avec des spécialités africaines, américaines, asiatiques, créoles, italiennes, japonaises, mexicaines… Mais aussi des food trucks 100 % végétariens et végétaliens. Beaucoup de nouveaux food trucks feront leur première sortie lors du festival.
 
Le festival se déroulera sur quatre zones : la principale sera située boulevard de l’Impératrice (comme l’année dernière), la seconde sera établie rue de l’Infante Isabelle, la troisième s’étendra du côté du boulevard de l’Empereur, tandis que la dernière zone aura pour cadre le Mont des Arts, où seront concentrés les mythiques Airstream américains. Et si vous aimez l’ambiance texane, grimpez sur le taureau mécanique ! L.C.
 
Du 8 au 10 mai 2015, vendredi de 16h30 à 22h30, samedi de 11h à 22h30 et dimanche de 11h à 21h30. À proximité de la gare centrale. Entrée gratuite.
 
 
Ph.: Johanna de Tessières

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