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25/04/2015

Quoi d’neuf, Docteur, en 10 ans ?

La Libre, Momento, Bien-être, conseils, enfants, nourrisson, position, dormir, allaitement, changements, PernoudEn 1956, Laurence Pernoud publiait “J’attends un enfant” et, en 1965, “J’élève mon enfant”. Des livres à succès, sans cesse réédités et remis à jour. L’édition 2015-2016 vient de sortir. Nous avons remis la main sur celle
de 2005. En une décennie, des choses ont changé. Exemples.
 
Comparaison: Laurence Dardenne


LAURENCE PERNOUD, C’EST UN NOM. Une référence, une marque de fabrique, un grand classique. Un cachet, un label de qualité estampillé principalement sur deux ouvrages que des mamans du monde entier ont un jour ou l’autre achetés. En l’occurrence “J’attends un enfant” et “J’élève mon enfant”, deux titres parus respectivement en 1956 et 1965, et qui ont depuis lors été régulièrement mis à jour, actualisés par une équipe pluridisciplinaire (gynécologue-obstétricien, échographiste, sage-femme, psychologue, diététicienne, assistante sociale…), sous la direction d’Agnès Grison.
 
Présentés à l’origine comme un guide familial, les “Laurence Pernoud” – dont le nom figure toujours en une alors que l’auteur, née en 1918, est décédée en 2009 –, sont à la fois livres de psychologie, de diététique, de médecine, de sciences humaines et, surtout, des livres de pratique. Ils apportent les réponses d’aujourd’hui aux questions de toujours.
 
De la toilette du bébé à la layette, en passant par l’allaitement maternel, le biberon, les pleurs, l’alimentation, l’éducation ou encore le sommeil, pour ne citer que quelques grands thèmes détaillés dans ces volumineux ouvrages, tous les sujets liés à la grossesse, à la santé et à l’éducation de l’enfant sont abordés. Revus au fil des ans et des nouvelles éditions et adaptés à l’évolution du temps.
 
 
Alors que viennent de sortir de presse les éditions 2015-2016 de “J’attends un enfant” (Éditions Horay, 29,50 €) et “J’élève mon enfant” (30,50 €), nous avons remis la main sur les éditions 2005 des mêmes titres, toujours conservés dans notre bibliothèque. L’envie et l’occasion de parcourir ce qui, en une décennie, pouvait bien avoir changé.
 
Prenons un exemple : le chapitre consacré à l’allaitement maternel. Que pouvait-on y lire en 2005 ? Sous le titre : “Sein ou biberon, comment choisir”, on peut lire : “Pendant les semaines qui suivent la naissance, vous avez un grand programme à remplir, vous vous sentez peut-être un peu dépassée, ou débordée. Avec bébé à vos côtés, votre mari plein d’attentions, et ce livre pour vous aider, vous allez voir, tout va bien se passer.”
 
Avant de répondre à la question : vaut-il mieux pour un bébé qu’il boive le lait de sa mère ou celui d’un biberon, Laurence Pernoud se plaît à conter des expériences personnelles et concluantes d’allaitement maternel avec ses deux fils. Le premier d’abord : “Six fois par jour, nous reprenions notre duo d’amour.” Puis avec le second : “quatre ans plus tard, je recommençai avec le même plaisir partagé”.
Forte de mon expérience, dans la première édition de ‘J’attends un enfant’, se rappelle l’auteure, j’écrivais : ‘Voici pourquoi vous allaiterez votre enfant’. Que n’avais-je dit ! On me reprocha aussitôt d’être trop directive. C’est vrai, mais l’enthousiasme m’avait emportée.”
 
Et dans les éditions suivantes ?“Je fus plus modérée, écrivait en 2005 Laurence Pernoud. Non pas que j’aie changé de conviction, mais je me disais qu’il n’était pas souhaitable qu’en arrivant au monde un enfant donnât à sa mère des complexes si elle ne désirait pas le nourrir. De plus, j’étais sincèrement convaincue qu’avant tout, ce qui était bon pour l’enfant, c’était le libre choix de sa mère.
 
Sans vraiment se positionner ou marquer sa préférence, l’auteur avait alors pris pour options d’aligner les avantages et les inconvénients de l’allaitement au sein, d’une part, et au biberon, d’autre part. On lui reprocha alors sa “tiédeur”. “Peut-être avais-je trop mélangé la pratique et l’affectif”, s’interroge l’auteur, qui décide alors de “mettre les sentiments à part” pour mieux aider les mamans à réfléchir et à prendre leur décision.
 
 
Et aujourd’hui, en 2015, que lirait-elle, du ciel, Laurence Pernoud ? Dans le chapitre “Bien nourrir votre enfant”, sous le titre “Les débuts de l’allaitement”, les auteurs écrivent : “L’allaitement au sein n’a pas le côté rationnel de l’allaitement au biberon. Les quantités que boit l’enfant ne sont pas inscrites sur des graduations, c’est le bébé lui-même qui tête la quantité de lait dont il a besoin. Cet allaitement implique donc une certaine aventure, une certaine incertitude, c’est-à-dire finalement une certaine philosophie, un certain optimisme. Vous allez ensemble petit à petit trouver votre rythme. Ayez confiance en vous et en votre bébé, installez-vous bien et profitez de ces moments uniques.
 
Autre temps, autre ton… Rendez-vous dans dix ans !
 
 
Dodo sur le ventre, sur le côté ou sur le dos ?
 
Dans l’édition de 2005, on pouvait lire…
 
Au chapitre “Le sommeil, sa première activité”, dans l’édition 2005 de “J’élève mon enfant”, on pouvait lire, dans la sous-rubrique “Comment coucher bébé” : “Sur le dos ? Sur le ventre ? Sur le côté ? Le débat ne date pas d’aujourd’hui. Selon les médecins, selon les pays, selon les époques, la réponse a été différente. Traditionnellement, les enfants étaient couchés sur le côté ou sur le dos. Puis, dans les années 70, on a conseillé la position sur le ventre; en particulier pour éviter que, en cas de vomissements, le bébé ne s’étouffe. Par la suite, on a accusé la position sur le ventre de provoquer des déformations des pieds du bébé. Puis, cette position est venue au centre du débat sur les causes de la mort subite du nourrisson. Et depuis l’abandon de cette position sur le ventre, dans les années 90, les chiffres de mort subite ont fortement diminué. C’est pourquoi, à titre préventif, les pédiatres recommandent pour coucher le bébé d’éviter formellement la position sur le ventre et de revenir à la position sur le dos. C’est ce que nous vous conseillons de faire, bien qu’ayant, en son temps, proposé le contraire.
De toute façon, après les premiers mois, le bébé change lui-même de position. Lorsque l’on voit un bébé se coller la tête contre les parois ou le sommet du lit, on a tendance à le redescendre en pensant qu’il sera mieux. C’est inutile car cette position est volontaire, le bébé cherche un contact; il a besoin de se trouver entouré comme il l’était dans le ventre de sa mère.”
 
Et dans l’édition 2015-2016, on peut lire
 
Clairement affirmatif, on ne se pose plus la question. À savoir “Comment coucher votre bébé”, la réponse en 2015 est univoque : sur le dos.
Il est déconseillé de coucher un bébé sur le ventre, explique-t-on dans la dernière édition de “J’élève mon enfant”. De nombreuses études ont démontré que cette position – associée à de mauvaises conditions de couchage, comme un matelas mou, la présence d’un oreiller, d’une couette – était souvent retrouvée dans les cas de mort subite du nourrisson. C’est pourquoi il est recommandé de coucher le bébé sur le dos.” Et de bien préciser en outre : “sur un matelas ferme, sans couette ni oreiller”.
Au témoignage de ses parents qui expliquent avoir installé leur bébé sur le côté, calé avec des coussins prévus à cet effet, “car nous avons réalisé qu’il dormait mieux ainsi que sur le dos”, les auteurs de l’édition 2015-2016 de l’ouvrage rétorquent fermement : “Non, un bébé doit être couché sur le dos pour dormir, c’est très important. En revanche, lors des périodes d’éveil, et cela dès les premières semaines, mettez régulièrement votre bébé sur le ventre pour qu’il découvre l’univers sous un autre angle et fortifie les muscles de son dos : ‘je dors sur le dos, je joue sur le ventre’. Après les premiers mois, votre enfant changera lui-même de position, il saura se retourner tout seul.
Et si votre bébé dort toujours la tête du même côté, ou la tête toujours en arrière, alternez de temps en temps le côté d’appui du crâne.
 
 
Ph.: Reporters

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