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09/05/2015

Nicarao, une histoire belge

La Libre, Momento, Papilles, cigares, belges, NicaraoDidier Houvenaghel est le premier Belge à inscrire son nom dans l’histoire des marques de cigares.

Baudouin Havaux


L’ART DE CRÉER ET FABRIQUER des volutes étant plutôt exercé par des Cubains, Dominicains et même Espagnols ou Anglais, peu nombreux sont les Belges qui ont inscrit leur nom dans l’histoire des marques de cigares. À notre connaissance, Didier Houvenaghel est le premier. Et de toute évidence, il s’est forgé une solide réputation dans ce milieu opaque et assez fermé. Après des études d’ingénieur agronome à l’ULB, son parcours académique l’a conduit, au début des années 2000, dans les Caraïbes, à Pinar del Rio (Cuba), pour suivre un post-graduat en biotechnologie du tabac et de la canne à sucre. Ensuite, il a consacré plusieurs années à la rédaction de “Le Cigare de la Culture à l’Art”, un livre très complet tout en restant accessible sorti en 2005. Il y aborde la culture au sens “agricole”, les graines, les climats, les territoires, et la tradition des hommes qui cultivent cette plante, mais aussi la “culture cigare” des origines à nos jours, le “puro” y est disséqué sous toutes ses nervures.
 
Et pourtant, ce n’est pas à Cuba que Didier Houvenaghel a concrétisé son projet de création de volutes, mais bien au Nicaragua où il s’est rendu à plusieurs reprises avec des amis cubains. Il existe des relations très étroites entre Cuba et le Nicaragua où de nombreux Cubains se sont exilés après la vague de nationalisation du mouvement révolutionnaire castriste. Historiquement, on constate que les exilés cubains qui ont emporté avec eux leur expertise se sont divisés en deux groupes : les planteurs qui ont plutôt émigré vers l’Amérique centrale, et les rouleurs de feuilles qui se sont dirigés vers l’île de Saint-Domingue. Ce qui explique que le Nicaragua et le Honduras sont aujourd’hui reconnus pour la plantation de tabac, et Saint-Domingue pour la fabrication des modules. Lors de ses visites, Didier avait perçu le potentiel qu’il pouvait tirer de la diversité des sols adaptés à la culture des plants de tabac. Le Nicaragua compte la plus grande extension de plantation d’Amérique du Sud. Il dut cependant attendre le début des années 90 que le climat socio-économique se stabilise après les élections démocratiques, pour initier le développement de la ligne de cigares qu’il baptisa “Nicarao”.
 
À l’origine de ce projet, il y a la rencontre avec Abdel J. Fernandez, un Cubain également arrivé au Nicaragua au début des années 90 et qui est aujourd’hui à la tête d’une des plus belles plantations de tabac et d’une performante manufacture. Les premiers Nicarao ont été mis en vente fin 2002 à la Tête d’Or à Bruxelles. Un peu plus de 10 ans plus tard, la production annuelle s’élève à 600 000 modules.
 
Au cours de ces années, la gamme de cigares s’est considérablement étoffée. Elle est segmentée en quatre catégories :
Nicarao qui est la marque classique traditionnelle réalisée à base de feuilles 100 % nicaraguayennes;
Nicarao Spécial est une ligne de cigares qui s’inscrit dans le prolongement du Nicarao traditionnel, mais réalisé à partir de feuilles de tabac qui ont subi une année de vieillissement de plus et sont également issues d’une sélection parcellaire plus fine;
Maduro, un cigare à la cape foncée dont les feuilles ont subi une maturation d’un minimum de 6 ans.
La Ley se décline en deux modules, le Mareval (long. : 102 mm, diam. : 17,46 mm) et le Robusto (long. 127 mm, diam. 21,43 mm). Un assemblage de feuilles en provenance de quatre terroirs bien typés de quatre pays : l’Équateur, le Nicaragua, le Honduras et le quatrième est une île des Caraïbes dont le nom est tenu secret. Ce sont des cigares d’un parfait équilibre que l’amateur n’hésitera pas à conserver plusieurs années avant de les savourer.
 
Infos : www.laleycigars.com
 
 
Ph.: Nicarao by Romeo Balancourt

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