Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

17/05/2015

L’Eurovision, 60 ans et pas une ride

la libre,momento,derrière l'écran,eurovision,60 ansC’est parti pour une semaine sous le signe de l’Eurovision. Le représentant belge, Loïc Nottet, tentera, ce mardi à 21h sur La une, de qualifier la Belgique pour la grande finale du samedi 23 à Vienne. Le groupe punk finlandais, PKN, jouit en ce moment d’une grosse cote de popularité et pourrait bien créer la surprise.

Cédric Huntzinger


QUI SUCCÉDERA À L’AUTRICHIENNE Conchita Wurst, gagnante de l’édition 2014 du concours Eurovision ? Si cette question restera en suspens jusqu’au soir de la grande finale, le samedi 23 mai, la course à sa succession débutera dès ce mardi avec la première des deux demi-finales à laquelle participera notre représentant Loïc Nottet. Le natif de Courcelles sera le 58e représentant de la Belgique dans le plus grand concours musical du monde qui fête cette année ses 60 ans.
 
Si l’événement est, aujourd’hui, quelque peu tombé en désuétude en Belgique, il jouit pourtant dans le reste de l’Europe d’une jolie cote de popularité, particulièrement dans les pays scandinaves. Depuis sa création en 1955, le concours n’a cessé de gagner en importance et bénéficie aujourd’hui d’une aura qui dépasse largement les frontières de l’Europe.
 
C’est dix ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, et dans un contexte où les ennemis d’autrefois essayaient de créer de nouveaux liens, que l’Union européenne de radio-télévision (UER) a décidé de créer l’Eurovision. S’ils hésitent dans un premier temps avec un festival européen du cirque, c’est finalement l’option musicale qui est choisie. Les créateurs de l’événement s’inspirent librement du festival de la chanson de San Remo en Italie pour créer ce qui deviendra par la suite le plus grand événement musical mondial en termes d’audience.
 
Pour la troisième année consécutive, après Roberto Bellarosa, en 2013, et Axel Hirsoux, en 2014, ce sera donc à un ancien participant de “The Voice” que reviendra la responsabilité de représenter la Belgique. S’il a composé la musique et la mélodie du morceau, “Rhythm Inside”, qu’il interprétera, Loïc Nottet s’est également impliqué dans la chorégraphie, le stylisme et les effets visuels du show qu’il présentera à Vienne dans le stade “Wiener Stadthalle”, devant plus ou moins 16 000 personnes. Pour qualifier la Belgique parmi les 27 pays qui participeront à la finale, la donne est simple : il devra se classer parmi les dix premiers de sa demi-finale.
 
Treizième au classement final selon les bookmakers
Comme chaque année, les bookmakers y ont chacun été de leurs pronostics et, à ce petit jeu, Loïc Nottet ne s’en sort pas si mal puisqu’il devrait selon leurs estimations se qualifier pour la grande finale et terminer à une fort honorable treizième place. Toujours selon les bookmakers, la grande favorite de cette 60e édition devrait être la Suède avec Mans Zelmerlöw et son titre “Heroes”, devant l’Italie et… l’Australie.
 
Ce sera en effet l’une des originalités de cette 60e édition, l’Australie participera pour la première fois au concours en tant qu’invitée. Outre cette arrivée pour le moins surprenante, trois pays font leur retour en 2015 : la Serbie, Chypre et la République tchèque. Au rayon des absents, on notera le désistement de l’Ukraine et de la Bulgarie essentiellement pour des raisons budgétaires.
 
PKN, le buzz médiatique pré-Eurovision
Une autre des particularités de cette édition, c’est le groupe PKN (“Pertii Kurikan Nimipäivät”) qui représentera la Finlande. Outre le fait d’être un groupe punk – un choix audacieux dans le contexte musicalement policé de l’Eurovision –, ils interpréteront le morceau le plus court jamais joué dans le cadre du concours, 1 minute et 37 secondes. Ce ne sont cependant pas ces deux particularités qui font du groupe finlandais le buzz médiatique pré-Eurovision. Ce qui différencie réellement le groupe des autres concurrents, c’est le fait que PKN est constitué de quatre membres trisomiques ou atteint d’autisme. Après la surprise Lordi, le groupe finlandais de “monster hard rock” qui avait déjoué les pronostics en remportant l’édition 2006 de l’Eurovision, PKN créera peut-être à son tour l’exploit.
 
La RTBF couvrira la totalité de l’événement, et les demi-finales ainsi que la finale seront commentées par le duo Maureen Louys et Jean-Louis Lahaye les 19, 21 et 23 mai sur La une. La RTBF diffusera également un documentaire dédié à Loïc Nottet le 19 mai à 20h20 sur La une, juste avant sa demi-finale.
 
 
la libre,momento,derrière l'écran,eurovision,60 ansConchita Wurst : “Je ne suis pas un symbole”
 
La gagnante en titre de l’Eurovision 2014 milite, depuis son sacre, en faveur de la tolérance.
 
C’est dans un petit salon, un peu à l’écart de l’agitation qui anime le bâtiment des Bafta, que Conchita Wurst, lauréate 2014 de l’Eurovision, enchaîne les interviews. Gainée dans un combi-pantalon rouge et chaussée de ses inévitables talons hauts, c’est désormais rompue à l’exercice de la communication avec la presse que l’artiste transgenre accueille les journalistes. “J’ai vécu une année incroyable à parcourir le monde, explique-t-elle souriante en préambule. J’ai rencontré un nombre incalculable de personnes formidables comme par exemple le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon. J’ai également chanté devant le parlement européen. Vraiment, c’est comme si tous mes rêves se réalisaient. J’ai écrit un livre à seulement 26 ans et surtout je m’apprête à sortir mon album. Vraiment, je suis amoureuse de ma vie.
 
Entre l’Eurovision et Conchita Wurst, ou plutôt Tom Neuwirth puisque l’Autrichienne est une drag-queen, c’est une longue histoire d’amour. “Déjà tout petit, ce show me fascinait. Ces tubes, ces costumes et surtout toute cette dramaturgie, c’est tout ce que j’aime. Je me suis dit à l’époque qu’un jour je serai là et je l’ai fait. J’ai travaillé si dur pour y arriver.”
 
Pas évident lorsque l’on a enfin réalisé ses rêves de garder les pieds sur terre mais pour cela, Conchita Wurst sait qu’elle peut compter sur ses parents. “Durant la semaine qui a suivi ma victoire et alors que je faisais l’objet de nombreuses sollicitations, j’ai reçu un appel de mon père. Celui-ci voulait tout simplement me remercier car, depuis ma victoire, l’Auberge qu’il tient avec ma mère ne désemplissait pas. Le côté incroyablement terre à terre de cette discussion m’a aussitôt remis les idées en place.”
 
Son “We are unstoppable”, lâché au sortir de sa victoire en 2014, avait fait grand bruit et sonnait comme un véritable cri de défi lancé à tous les conservateurs et extrémistes qui avaient réagi violemment, notamment en Russie, suite à la participation de l’Autrichienne à l’Eurovision. L’artiste transgenre venait de mettre l’Europe à ses pieds et se retrouvait instantanément propulsée au rang de symbole de la cause LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres).
 
Un an plus tard, force est de constater que si l’engagement en faveur de la tolérance ne s’est pas démenti, le discours s’est policé avec un objectif majeur : arrondir les angles et ne surtout vexer personne. L’artiste reste évidemment sensible aux critiques dont elle fait l’objet de la part des conservateurs. “Ces gens pensent que votre orientation sexuelle définit votre caractère et vous rejette pour cette simple raison. Le jour où l’on jugera les gens uniquement à partir de leur personnalité et en ne tenant plus compte de leur couleur de peau, de leurs origines ou de leur sexualité, nous aurons fait un grand pas et nous pourrons vivre d’une manière beaucoup plus confortable dans la société.” Elle réfute par contre dorénavant le statut de symbole de quelque communauté que ce soit.
 
Je ne suis pas un symbole ou un modèle car je suis loin d’être parfaite. Je continue à faire des choses stupides. Je ne suis pas comme Madonna. Tant mieux si j’inspire certaines personnes mais je suis juste moi.”
 
Et la suite ? Avec son album sortant aujourd’hui et même si elle n’en dira pas plus, Conchita Wurst voit beaucoup plus loin que le concours de chant. “L’Eurovision est à ce jour le plus grand événement de ma jeune carrière, mais ça ne doit pas rester le seul.
 
 
Ph.: Reporters

Les commentaires sont fermés.